Top 10 – 2013

NYHappy New Year dear readers. What to wish for in 2014? – More presence on this blog, and more time to review movies is what we’d like for Franglaisreview. Anyhow, last year was a pretty big year for us all – changes in our personal and professional lives, some new friends joining our blog (Hello Mlle Amber!), some faithful ones back with us (Hi dear Mlle Clara), some deciding to leave us (bye Mlle L.), and not a lot of time to focus on writing. So .. yes, let’s try to be more present in 2014.

Belle et heureuse année 2014 chers lectrices et lecteurs. Que vos voeux se réalisent ! Quels sont les nôtres ? Principalement de pouvoir être plus présents sur ce blog tant 2013 a été une année d’absences. Nos vies personnelles et professionnelles nous ont un peu éloignés de nos claviers et sans l’amitié de nos critiques amis anciens (Messieurs J.A. et J.M. – respect) ou relativement nouveaux (Mme B.P. – toujours un plaisir), de mince 2013 serait passé à maigre. Ainsi, tentons de bien débuter 2014.

Ava vous embrasse aussi.

Pour cela Ava G. se permet de vous embrasser

In a nutshell: You know the drill, 2013 is over, we classify, hierarchize, prioritize, nostalgize … here are the tops and flops of the Franglaisreview team.

Pour la 5e année consécutive l’exercice reste le même, nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2013, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

 La_grande_bellezzaMme BP’s Top 5: With us for a second year in a row, she shares with us her mostly Latin and romantic choices

1. La grande bellezza de Paolo Sorrentino

2. Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

3. La cage dorée de Ruben Alves

4. Blue Jasmine de Woody Allen

5. Anna Karenine de Joe Wright

Ma plus grosse déception fut Je fais le mort de Jean-Paul Salomé

J’aurais voulu voir Inside Llewyn Davis des frères Coen et Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier.

StokerLe Top 5 de Mlle Amber : Nous ayant rejoint pour la première année (et nous espérons que ce ne sera pas la dernière), Mlle Amber ne mâche pas ses mots (ou alors c’est de l’anglais) et habituellement sait  faire sourire ses lecteurs (voir plus si affinités).

1 Stoker by Park Chan-wook – I am no real fan of Nicole Kidman and her Tupperware-fresh beauty, but lately in movies like Paper Boy and Stoker she has surprised me. Accidentally, or on purpose she plays up her grotesque form of porcelain loveliness, and in this dark and surprising film which makes subtle winks at Dracula without being dull or obvious she, and the whole cast give a splendid performance.

2. Mud by Jeff Nichols – Gah! Child actors – the worst… usually, but for once brilliant. Also staring Matthew McConaughey, with his dark, sexy (compulsory shirt removal in every film, not that we mind – amirite ladiez) plays the lost, loner, no-good outlaw, and where for once the ‘innocence’ of children does not make you want to puke.

3. Dans la Maison by François Ozon – More children I know! A modern day Madame Bovary, middle class ennui meets notes on a scandal, kinda thing. Good stuff.

4. 9 mois ferme by Albert Dupontel – A farce – love it or hate it but when it’s good it is great and keeps you chuckling throughout.

5. La Grande Bellezza by Paolo Sorrentino – Decadent Roman old-timers and a dwarf party the night away. What is not to like?

Wish I had seen: Trance by Danny Boyle because I have a deep love, respect for the work of James McAvoy, and I should have watched Tel Pere Tel Fils by Hirokazu Kore-Eda – but this is happily still on so I know what I will be doing tonight.

I hated: A Song for Marion by Paul Andrew Williams for its ability to make me cry despite its hackneyed script and predictable story line. Damn you!

GetGMlle Clara’s Top 5: Mlle Clara was once more lovely enough to share what she had seen on the Croisette, allowing Franglaisreview to be at the heart of the #1 Film Festival in the world. Thank you again. Here are the movies which she liked the most.

Les Garçons et Guillaume à table de Guillaume Gallienne – Pour la folie, la tendresse, le propos qui a su toucher la féministe pourfendeuse de clichés déterministes que je suis.

La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche – On en a déjà dit beaucoup de ce film … et je garde en mémoire la stupeur que j’ai éprouvée à Cannes en découvrant cet ample film audacieux.

La Bataille de Solférino de Justine Triet – Pour la liberté de ton, la folie des acteurs au naturel ahurissant, la dinguerie de la mise en scène échevelée.

Biancanieves de Pablo Berger – Pour la splendeur visuelle enchanteresse du noir et blanc muet et le côté OVNI de cette adaptation de Blanche-neige au pays du flamenco…

L’Inconnu du lac de Alain Guiraudie – Pour la radicalité de la mise en scène et l’étrangeté de cette histoire de fascination morbide en territoire gay.

Bonus : Gravity de Alfonso Cuaron – Pour le trip sensitif d’une heure trente, où je me suis identifiée dans ma chair à Sandra Bullock, seule à la dérive dans l’immensité cosmique…

Le film qui m’a le plus énervé : Grand central – Scénario cousu de fil blanc, absence d’étincelles entre les deux partenaires (c’est ballot quand le film repose sur le présupposé d’une passion racinienne – et svp ! J. Audiard, reviens pour diriger Tahar Rahim, car tu es le seul à être capable d’en sortir quelque chose de crédible !) ; enfin gros sabots auteuristes et citationnels, avec signature juste à la  fin de la réalisatrice en lettres géantes rouges (pour ceux à qui cela aurait échappé que Rebecca Zlotowski avait commis ce faux GRAND film).

Le film que j’aurais voulu voir : Cloud Atlas d’Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer parce que tout le monde me dit que c’est un OVNI passionnant, et La Fille de nulle part car Brisseau peut –être agaçant, mais je suis tout de même curieuse de voir ce film qui a reçu un excellent accueil critique.

DM2Le Top 5 de M. J.A. : Toujours amateurs de films d’action, de blockbusters et d’humour, M. J.A. nous propose une liste plutôt testostéronée.

1. Despicable Me 2 by Pierre Coffin and Chris Renaud

2. Elysium by Neill Blomkamp

3. Man of Steel by Zack Snyder

4. Star Trek: Into Darkness by J. J. Abrams

5. Now You See Me by Louis Leterrier

I hated Desolation of Smaug by Peter Jackson, it could have been so good but the High Frame Rate and 3D just kills it for me.

Wish I had seen Bullet to the Head by Walter Hill.

Promised-LandM. JM’s Top 5 ( well 8 or 9, hum 5): This year M. JM is on his own, and his top 5 isn’t a familial but a congenial one.

1. Promised Land de Gus Van Sant

2. La fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau

3. Cloud Atlas d’Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer

4. No de Pablo Larrain

5. Lincoln de Steven Spielberg

Remarque générale : il y a eu beaucoup de très bons films cette année, et je regrette ne pas avoir pu mettre The Immigrant de James Gray ou Shokuzai de Kiyoshi Kurosawa ou encore Passion de Brian De Palma.
Remarque incidente : le titre d’un film que nos petits-enfants apprécieront alors qu’à l’époque tout le monde avait dit que c’était à tort de la daube : Cartel de Ridley Scott !!

Le plus déçu : disons qu’un mauvais film se détache nettement de la somme des mauvais films que j’ai pu voir – malheureusement le mettre dans le top five des pires films des cinq dernières années serait lui faire trop d’honneur, il s’agit de Tip-top, de Serge Bozon, plus prétentieux que la moyenne des films français, et plus vide aussi, il bat à lui seul haut la main plusieurs records et distance de très sérieux rivaux (même si Assayas n’a rien réalisé cette année).

J’ai deux très grands regrets : The Act of Killing de Joshua Oppenheimer et Le dernier des injustes de Claude Lanzmann ; mais je rattraperai cela très vite en dvd – peut-être même qu’un sujet en commun relie ces deux films, je suis sûr qu’ils sont passionnants tous les deux.

ILDLe Top 10 de Miss J : Helloo, heureuse d’être sur ce blog ! Bonne Année ! Après un lent démarrage en janvier 2013 nous a offert des expériences de cinéma jouissives tout comme des désastres innommables. Voici ma liste …

1. Inside Llewyn Davis by Ethan & Joel Coen . The odyssey of a struggling folk musician whose smoldering talent combines with the life-sabotaging effects of (misplaced or justified? hmm) arrogance and stubbornness. Does he need to show greater humility and a sense of compromise to avoid ending up homeless and shivering with just a guitar and some very pissed off exes for company? Or is the philistine, crass world to blame for his dire straits? Llewyn Davis is put through the wringer by the Coen brothers in what’s a blisteringly good watch.

2. Attila Marcel by Sylvain Chaumet. A tender, blackly humorous tale of a mute pianist who finds a weighty family secret pulling his squashed life into new directions and dimensions. Features enviable Proustian substances and a raft of strong characters.

3. La Grande Bellezza by Paolo Sorrentino. The visuals on this are off-the-scale sumptuous. Cinema with a capital C, with a synopsis which on the surface of it did little to inspire me – a loaded aging Roman socialite wafts around town contemplating the Great Novel he never got around to writing – but it’s captivating and makes you want to catch the next plane to Rome, and fail to write a novel there just like he does. Gorgeous, decadent viewing.

4. Sugar Man by Malik BendjelloulThe documentary tale of an obscure American folk musician who could have been as big as Bob Dylan if only fate had decided otherwise – except that he actually was,  in certain far-flung corners of the world – without having a clue, scraping by as a construction worker. A lovely soundtrack, unsurprisingly enough, and it’s a beautifully told, engaging story.

Zulu5. Zulu by Jérôme Salle. A haunting, brutal tour de force of a thriller which explores, amongst other themes, the limits of forgiveness and non-retaliation in post-apartheid South Africa. Forest Whitaker is superb in his role of a police inspector with a horrifying backstory, while Orlando Bloom is also outstanding, spitting out all the frustration of being typecast as the sensitive pretty guy in a ponytail – he’s barely recognisable and his talent’s fully blazing. Purportedly not as good as the novel it’s based on, but I think by and large it got far too rough of a ride from the critics.

6. Wadjda – Haifaa Al-Mansour. Dreaming of getting a bicycle when you’re a 10 year old Saudi girl is not the most fortunate of aspirations – trying to survive religious school for girls is a tough enough call already. Wadjda makes you care, a lot about its protagonist, and is told with the same fire and spirit that its young heroine has.

7. Les Garçons et Guillaume, à table ! by Guillaume Gallienne. This is a wistfully sorrowful, albeit comic autobiographical exploration of its protagonist Guillaume’s gender identity troubles, spanning the actor and director’s early life into adulthood. He manages to be distinctive and honest while avoiding to fall into any grating militancy. Moving and brave.

8. Jimmy P by Arnaud Desplechin. Beautifully acted, simply laid out story of the psychotherapy of a plains Indian – Benicio Del Toro is towering and powerful in his silences and his painful path to figuring out why he seems to have lost his mind in the aftermath of wartime military service.

9. Blue Jasmine by Woody Allen. Many people seemed to be left a little cold by Woody Allen’s latest but it’s one of my favourites ever, far better than that Vicky Cristina Midnight in Paris Euro-slush he’s been coming out with in recent years. Cate Blanchett is spectacular and it’s a razor-sharp exploration of delusion and denial.

10. No Pain No Gain by Michael Bay. Hilarious and excruciating to watch in turn, this is the true life tale of steroid-jacked crooks whose antics become so unbelievable the film has to actually remind you with flashing captions that it’s all – yes, even this part - a true story based on police records.

But that’s not all! This year I also especially liked (in no particular order): The Heat, 9 mois ferme, Don Jon, Last Vegas and Quai d’Orsay.

wolf of wall streetWhat a mess – I do not endorse:

1. The Wolf of Wall Street by Martin Scorsese: yes, it’s very well played, and I even would grudgingly admit fantastic cinema that’s memorable from start to finish, but it’s also completely nauseating and I find it beyond abhorrent that the raging, abject sociopath on whose life this is based is actually cashing in and puffing his sorry chest out, once again, thanks to this movie.

2. The Great Gatsby by Baz Luhrmann: at the risk of appearing to pick on films starring Leonardo Di Caprio and perhaps being a little unfair (because there have been worse movies than this one but they are less worthy of griping about on a blog), The Great Gatsby is a crass, overly bombastic, Jay-Z’d-all over, overhyped turkey. Bloated and crass, particularly when seen right after La Grande Bellezza, which blows it out of the water, with class.

3. The Hit Girls by Jason Moore. Lame. I don’t know what I was expecting, but lame nonetheless.

Wish I’d seen: Mud and Snowpiercer.

AFFICHE-LA-GRANDE-BELLEZZAM. D.’s Top 10: Pretty brave of you to have read until here. Thanks, you are awesome dear Reader! Here’s my list

1. La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino parce que ce film fut pour moi une merveille. La beauté de Rome, l’élégance classieuse et fatiguée de Toni Servillo, l’hommage réussi à Fellini, le montage vertigineux, tout dans ce film est beau et prodigieux.

2. Mud de Jeff Nichols. N’ayant pas vu Take Shelter, on ne peut être que cueilli par le talent de Nichols et sa capacité à mettre en scène la nature, ici le Mississipi, et rendre plus qu’attachants, magiques ses protagonistes. Récit initiatique digne de Mark Twain Mud offre un remarquable équilibre entre action et contemplation.

3. Compliance de Craig Zobel. Huis-clos modeste, quasi documentaire très « Milgramien » sur la docilité, ce film dérange et entre un cinquième et un tiers des spectateurs, mal à l’aise, quittèrent la salle. Très percutant témoignage sur l’ahurissante banalité du mal.

4. No Pain No Gain de Michael Bay. Passé en dessous de la plupart des radars, car ne correspondant guère aux attentes de des fans du faiseur de blockbusters qu’est Bay et trop en décalage pour les amateurs de films d’auteur, No Pain No Gain mérite, à l’instar de Fargo, le respect de la critique. Michael Bay signe son premier et peut-être son unique film personnel en choisissant avec audace le thème de la bêtise. Grotesque, stupide, antipathique, méchant, ce film joue avec la grammaire cinématographique rendue célèbre dans The Rock ou Bad Boys pour un résultat cauchemardesque et hilarant et une critique caustique et grimaçante de l’Amérique et de ses valeurs.

5. The Grandmaster de Wong Kar Wai. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris à cet onirique biographie d’Ip Man, maître de kung-fu légendaire ; peu importe, quelle maestria, quel souffle, quelle grandeur ! Tony Leung et Zhang Ziyi sont irréels de beauté et a-t-on mieux fait cette année en terme de lente (ok très, très lente) élégie ?

9 mois6. 9 mois ferme d’Albert Dupontel. Comme l’écrivait plus haut Mlle Amber, une farce certes, mais quelle réussite ! Sandrine Kiberlain illumine l’écran, les portes claquent, les objets tombent, la caméra s’agite avec brio et Dupontel, enfin, trouve son équilibre entre tendresse et agressivité.

7. Blue Jasmine de Woody Allen. Ce film, dans ma mémoire, s’allie immédiatement à Inside Llewyn Davis des frères Coen : une distribution impeccable, un rôle principal marquant, habité (Cate Blanchett, je t’oscarise avec respect), et une amertume douce qui vous accompagne longtemps lié au désespoir de ne pas être celui, ou ici celle, que l’on a rêvé d’être. Blue Jasmine traite du déclassement, de l’échec mais aussi des illusions dont chacun se berce en suivant la structure modernisée d’un Tramway nommé désir (le drame n’est plus d’être marié à un homosexuel mais à un banquier véreux du genre Madoff) et on aime cette alliance entre ridicule et bouleversant.

8. Sugar Man de Malik Bendjelloul. Documentaire touchant sorti en décembre 2012 mais vu en janvier 2013, Sugar Man fait perler une petite larme devant l’abnégation de son héros, Rodriguez, musicien avalé, essoré, passé à côté de son destin de vedette et redécouvert par l’Afrique du Sud qui, au crépuscule de sa vie, lui offrira un peu de gloire et les concerts qu’il méritait. Ce film réchauffe le cœur et répare une injustice. Pas mal, non ?

9. Wadjda de Haifaa Al-Mansour. Doux réquisitoire féministe, Wadjda égratigne la politique sociale saoudienne et encourage les femmes à s’émanciper au travers d’une petite fille charmante et mutine qui ne rêve que de vélo, dans un pays où ceux-ci sont plutôt réservés aux garçons. Jolie fable courageuse et réaliste.

10. Wolf of Wall Street de Martin Scorcese. Dernier film vu en 2013 entre Noël et Jour de l’An, le très (trop ?) long film de Scorcese renvoie stylistiquement Tarantino à ses études et dresse un portrait extravagant et risible d’un golden boy médiocre et pourtant génial interprété par Leonardo Di Caprio plus histrionique et charmeur que jamais. Ce presque remake des Affranchis présente des gangsters en col blanc avec la même ironie et cruauté que ceux, cols bleus, plus séduisants mais tout aussi idiots et vulgaires, qui jusqu’alors plaisaient tant au maestro américain. Très drôle et très écœurant, ce portrait décadent et très cynique de la haute finance marque au vitriol cette fin d’année.

AdeleLes films que non, vraiment non, n’insistez pas ! : La vie d’Adèle de Kéchiche – ce cinéaste n’est pas fait pour moi – tout est trop long, prétentieux et, en ce qui me concerne, pervers et sale (soyons clair, le regard du cinéaste me gêne, pas l’histoire en tant que telle). Depuis La Graine et le Mulet, je ne m’explique pas la fascination internationale que l’on peut trouver à son travail. Et je pense que Spielberg a récompensé à Cannes le fait qu’on puisse produire un tel film plutôt que sa réalisation ou alors c’était pour avoir le plaisir d’embrasser les deux actrices …

Bling Ring, un film vide sur la vacuité … mettons que le fond correspond trop à la forme. J’en viens à penser que Lost in Translation était un heureux hasard, tant le reste des films de Sofia Coppola m’apparaissent médiocres ou ici abyssalement mauvais.

Enfin, Mariage à l’anglaise de Dan Mazer. On se dit qu’avec le scénariste de Borat, on risque d’avoir une comédie romantique qui déménage et en fait ce n’est pas franchement romantique pas tellement comique (tout ce qui est drôle est dans la bande annonce), et on cumule dans ce mariage anglo-américain les tares des deux pays plutôt que leurs qualités. A fuir.

Film que oui j’aurais bien voulu mais bon, pas pu … la liste est longue mais Cloud Atlas déjà cité, le Transperceneige, Ilo Ilo, Heimat, Shérif Jackson et Möbius ont fait partie de mes plus criants regrets.

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Gravity

Gravity 1In a nutshell: Awesome visual effects, very thin storyline, Gravity is spectacular, yet not as thrilling or deep as promised by the raving blurbs and most professional critics.

Et vous ? Vous sentez-vous plutôt attiré par la dernière Palme d’Or ou le meilleur film catastrophe de l’année ? Nous, ce fut l’immensité de l’espace et la virtuosité d’Alfonso Cuaròn qui nous séduisirent. Gravity narre de façon très linéaire, par petites touches et grands bonds spatiaux, les tentatives de survie d’une équipe d’astronautes, réduite très vite à peau de chagrin (George Clooney et Sandra Bullock), perdue dans l’orbite de notre planète tandis qu’une pluie de débris les menacent avec régularité. Images renversantes, plans-séquence grandioses, Cuaròn démontre une fois de plus ses capacités à mettre en scène et faire ressentir l’espace et le temps en un ballet en apesenteur inspirant. Spectaculaire et maîtrisé, Gravity impressionne.

Selon James Cameron, le plus beau film sur l'espace tout de même!

Selon James Cameron, le plus beau film sur l’espace tout de même!

Mais peut-être parce que précédé d’une rumeur dithyrambique, le film n’emporte pas autant que ce que l’emballement des critiques aurait pu faire penser. Le scénario, bien mince, est attendu et sans surprise, si ce n’est celle de voir que la NASA envoit, semble-t-il sans y songer à deux fois, une scientifique mal préparée et dépressive dans les profondeurs de notre univers. La métaphore filée du cordon ombilical et derrière d’une renaissance de cette héroïne retrouvant l’envie de vivre ou la volonté de survivre apparaît maladroite en dépit du charme de Sandra Bullock, et la dernière demi-heure de ce film nous fait revivre les mêmes scènes en boucle en subissant une bande son tonitruante désireuse de guider nos émotions, voire de dicter ce que nous devons ressentir.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Subtilité de la métaphore! Ou pas.

Notons aussi que plus que la 3D, c’est la construction d’une grande partie de l’histoire directement sur ordinateur qui marque l’histoire du cinéma. Ainsi la magnifique scène d’ouverture n’est pas tournée sur écran vert mais créée sur ordinateur, les visages des astronautes filmés ailleurs, étant ensuite ajoutés. On constatera la crédibilité des images et la difficulté de plus en plus importante pour le spectateur à définir la réalité ou non de ce qu’il observe.

Entre histoire chétive, technique éblouissante et images sublimes chacun fera son choix.

247813id1h_Ver1_Gravity_2ndLook_27x40_1Sheet.inddEn résumé : Vous connaissez des jeunes qui souhaitent devenir astronautes quand ils seront grands? Amenez-les voir ce film, ça les calmera. Ce film se regarde avec plaisir mais en fin de compte, les critiques me semblent avoir été un peu hyperboliques …

I must admit, I’m not entirely sure what all the extra-extravagant swooning has all been about for this one. Someone seems to have sent out the memo that Gravity is a work of awe-inspiring genius, and even Les Cahiers du Cinéma has been toeing the line. Les Cahiers! That’s not to say that Gravity is not an extremely decent watch. But it’s also so… formulaic and box-ticking! For anyone who’s been living in outer space cut off from the world lately (other than the cast of Gravity, huhu), the premise here is that poor Sandra Bullock, hastily-trained NASA technician, finds herself caught in an unfortunate chain reaction whereby bits of flying satellite (the Soviets’ fault) destroy her craft and most functional space stations within a thousand mile radius. She’s left stranded in her spacesuit with only George Clooney for company, and anyone can tell that he has been given far too jocular, reassuring a personality to have much chance of lasting long. Can she get back to earth in the face of all the odds, armed with only about 200 ml of oxygen and a wavering will to live?

uh-oh

uh-oh

The film’s beautifully shot and clearly knows its Space Odyssey. Second-to-none technology is doing its thing with brio here. The narrative arc is perfectly solid and the tension is kept up throughout – but not as spectacularly high as I’d been led to believe it might. Meanwhile its 3D elements felt pretty cursory and limp, other than for the very odd bit of flying debris that felt like it might be going to take your eye out. Bullock’s character has quite the time of it, and learns some important stuff about herself in the midst of being given the fright – and fight – of her life in zero gravity. She plays very well and it was all highly professional and well oiled. But I really think the people crying genius have lost the plot – there’s something quite crude and clunky about the whole thing that just makes the lavish praise a bit startling.

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Quai d’Orsay

Quai d'OrsayIn a nutshell: How is it to be the speechwriter of a larger than life French Minister of Foreign Affairs? Both confusing and extremely funny, as you’ll know if you’ve read Lanzac and Blain’s eponymous graphic novel, or as you’ll find out if you discover Tavernier’s (rather too) slapstick adaptation of this highly charming, whimsical farce.

“Tourbillon est roi” écrivait Aristophane, qui pourrait être parrain de ce joyeux ministère. Abel Lanzac (ou plutôt Antonin Baudry puisque celui-ci a rendu public son patronyme) et Christophe Blain ont en 2010 et 2011 séduit un large public en narrant les mésaventures d’Arthur Vlaminck devenu plume de Taillard de Worms (ou de Vorms dépendamment des versions), flamboyant ministre des affaires étrangères. Toute ressemblance avec le cabinet de Dominique de Villepin ne serait nullement fortuite puisque Baudry y a tenu le rôle de Vlaminck il y a plus de 10 ans. Drôle, enlevée, intelligente, parfois profonde, la bande dessinée séduisit immédiatement Bertrand Tavernier qui décida d’explorer le travail quotidien de la diplomatie par l’intermédiaire de la comédie.

Exploration physique de la comédie

Exploration (trop?) physique de la comédie

Son film, tout à fait réjouissant, reprend la structure de l’oeuvre originale et adapte plutôt bien le trait et le sens de l’espace de Blain par un usage malin du découpage, du cadrage et de la gestuelle des acteurs. Thierry Lhermitte compose avec talent un énergique ministre léonin, véritable Auguste de ce cirque diplomatique, face à Maupas, clown blanc interprété par Niels Arestrup, directeur de cabinet d’un calme olympien. Le candide Vlaminck (Raphaël Personnaz) découvrira que la vie au Quai d’Orsay n’est pas de tout repos et qu’en plus de trouver le mot juste et la citation adéquate (Héraclite est une valeur sûre), il doit s’adapter à la vie de caserne, ou plutôt celle de bateau d’un grand cabinet. On est – parfois littéralement – les uns sur les autres, on s’éloigne de ses proches et on dort peu, on subit les jalousies et les ragots par calme plat, on serre les coudes pendant les tempêtes, ici fréquentes. Le point d’orgue de ce grand jeu aux lourdes conséquences, un discours devant les Nations Unies pour tenter de gripper la mécanique états-unienne qui devrait mener à la guerre – on se souviendra de 2003 et de l’Irak.

Le grain de sable au bout du doigt

Le grain de sable au bout du doigt

Servi par une excellente distribution, Tavernier brosse avec le sourire un bel univers et crée un intéressant pendant au bien plus dramatique Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller. On constatera jusque dans la mise en scène pourtant burlesque l’importance de la parole, jamais loin de l’incarnation, coeur battant du processus diplomatique. Et l’on ne pourra que regretter que le brio d’Alexandre Taillard de Worms se soit estompé et que la bouffonnerie ait pris le pas sur l’équilibre précaire de la bande dessinée qui hésitait entre génie et folie de cet audacieux politique. Ici, l’impeccable serviteur de l’Etat qu’est Maupas semble diriger avec patience et en dépit de son Arlequin de ministre le grand navire de la diplomatie française. La farce l’emporte, la satire se fait quelque fois pesante ou vaine, la profondeur s’efface. Moins achevé que la BD et quoique Héraclite écrivît déjà que “les ânes préféreraient la paille à l’or”, le film est malgré ses quelques faiblesses une belle réussite et devrait faire votre bonheur, il fit en tout cas le mien.

Quai d'OrsayEn résumé : un jeune rédacteur de discours se débat pour répondre aux lubies politico-philosophiques de son patron, le redoutable ministre des affaires étrangères, Taillard de Worms, dans une adaptation bien réussie de la BD éponyme: Quai d’Orsay.

I can actually feel my fingers creaking as I start to crank out a new review for this poor neglected blog, at long last. As Monsieur D has already discussed, the past year has been quite eventful, and as a result my forays into this blog have, sadly, been almost as rare an event as a llama getting to have a night out on the town. But even that can happen it would seem (at least in Bordeaux), and now here I am, blinking into the white of the computer screen, happy to be back, and not with any saggy old, formulaic,  inflight time-passing excuse of a film, either.

... a film fit for ministerial inflight entertainment.

In Quai d’Orsay, you get to fly with the French government

We were lucky enough to see Quai d’Orsay at an advanced screening at UGC Les Halles as part of a mini-season of avant-premières we put together for ourselves at the kick-off of the rentrée. I came to this second avant-première with some curiosity: would the UGC crowd be as frisky, if not as downright aggressive, as the last lot had been at the start of the yawnsome Elle s’en va (which we may or may not write about)? Would the pathologically ungifted film journalist who appeared to be back again, try once more to ‘spoil’ the film in an ill-advised opening speech to the point of being screamed obscenities at by a large, increasingly angry crowd? Nope.  She kept her head down and muttered just a few words, and everyone seemed quite happy.

Quai d’Orsay is Bertrand Tavernier’s cinematic adaptation of Christophe Blain and Antoine Baudry’s epically satirical bande dessinée of the same name. It follows young graduate Arthur Vlaminck (Raphaël Personnaz), as he knuckles down as a new recruit at the French foreign ministry on the Quai d’Orsay. He’s tasked to make magic by composing rip-roaring political speeches for ‘Taillard de Worms’,  the silver-maned, implacable, Heraclitus-highlighting foreign minister, as France faces up to potential war in the Middle East led by the USA, and the minister prepares his opposition via a showdown against the superpower at the UN. You know…  that minister. Will Vlaminck last the week? Will he even find his office?

This is earth. You know that, right?

“This is earth, Arthur. You know that, right?”

One of the great joys of the BD was the way in which De Worms’ hurricane-esque demeanor is translated onto the page with hilariously crisp visuals, chopping of hands and swooshing of papers. Like an express train, you’re better off getting out of the way – and falling in line with the week-destroying implications of two seconds of fresh instructions from the philosophy-professing political tornado.

Tac-tac-tac-tac! And vlam! De Worms has spoken.

Tac-tac-tac-tac! And vlam! De Worms has spoken.

The physical comedy is transposed impressively well. De Worms is however far more of a buffoon in the cinema adaptation. In the BD there’s room for a certain degree of reverence and awe for his bursts of strategic brilliance, whereas Thierry Lhermite’s version only manages to scrape through his days without abject humiliation thanks to the efforts of his team, and in particular that of his unflappably saintly deputy, Claude Maupas (Niels Arestrup).

I thoroughly recommend the BD and the film, especially for anyone interested in the workings of French political life – and humour. The pacing is brisk, the satire sparkles in both versions although with a somewhat different hue, and you can have a muse, if you feel like it, about the two different interpretations of the minister – the boss from hell or a brush with political genius? There’s little subtlety as to the answer if you ask the film.

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Malavita

malavita1In a nutshell: Besson’s The Family (Malavita) is like a pita: flat, lacking salt and – I suppose – out of place in a movie theatre. Great cast, terrible script unable to set consistently on a tone, lazy camera work … Besson can do much better than that, or can he?

Quelques mots brefs sur un film qui ne mérite guère que l’on s’y arrête mais appréciant Tonino Benacquista et ayant lu avec plaisir son Malavita il y a quelques temps, la curiosité et la distribution étoilée de l’adaptation bessonienne ont eu raison de mon bon sens.

Lui aussi a vu le film ...

Instantané en sortie de salles …

Luc Besson poursuit sa chute aux enfers et ne fait pas mieux que The Lady, pire il cumule les défauts initiaux du roman avec une réalisation plate, une incapacité à choisir un genre (entre la farce noire et la comédie grand public bon enfant) et une igorance flagrante des qualités de l’histoire originelle qu’il a pu adapter. Résultat : incohérences dérangeantes (la moindre d’entre elle consistant à voir les Français parler anglais entre eux), clichés prévisibles fleurant bon le poujadisme et la francophobie, et pour l’humour, il n’est pas lourd mais pachydermique.

Ringard et s’achevant sur une fusillade inepte, Malavita est cependant trop insignifiant pour que l’on se mette vraiment en colère : à voir pour les amateurs de bocage normand, les fans les plus courageux des grands De Niro, Jones et Pfeiffer ou ceux que les plaisanteries graisseuses et molles réjouissent.

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Prisoners

PRISONERSIn a nutshell: If your daughter were to disappear, what would be going too far? And is this even far enough? As Prisoners lets you wonder bleakly about this question, you can focus on the stellar performances of the cast and forget about the lows of this uneven weary movie, or you can regret that Villeneuve can’t seem to do better than your average (fairly smart) adult thriller from the seventies.

Des amis se réunissent, leurs deux petites filles vont gentiment jouer dehors et disparaissent … Tandis que certains s’abîment dans le désespoir ou se tétanisent Keller (Hugh Jackman intense et menaçant) n’est plus que fureur et brutalité. Le suspect numéro 1 (Paul Dano assez insupportable), bénard vagabond, relâché fautes de preuves par le très compétent détective chargé de l’affaire (Jake Gyllenhaal soucieux, consciencieux et concentré) l’apprendra à ses dépends.

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Attention, il va couper …

Denis Villeneuve, après Incendies, poursuit son exploration des blessures à vif et des passions instrumentalisées par le destin avec la même patte lourde, prétentieuse et languide qui semble lui tenir de style. La solennité du propos et l’image sombre et glacée veulent souligner le sérieux du projet, et, sans doute, la profondeur de celui-ci: deux réflexions classiques sont proposées, savoir si la fin justifie les moyens, et découvrir que chacun d’entre nous a en lui secrets et ténèbres. L’intrigue hésite entre critique sociale, ambiguïté dramatique et camelote racoleuse vaguement horrifique. On est sur le territoire d’un Cortès (Buried) et surtout d’un Fincher tant le spectateur songe à la rencontre de Zodiac et Seven, mais jamais le réalisateur et son scénariste ne réussissent à régater avec leurs modèles.

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Prisoners et Zodiac : beau nez blanc et  blanc bonnet ?

Soulignons néanmoins une cinématographie digne d’éloge et l’excellence de la distribution ( sauf Paul Dano que, vous avez pu comprendre, je ne porte pas dans mon coeur). Chaque acteur habite avec conviction son rôle et donne en conséquence à ce film inégal de très beaux moments  démontrant que Prisoners eut pu être un grand thriller oppressant et claustrophobe. La complexité des états émotionnels des protagonistes détonnant dans un paysage cinématographique nord-américain souvent plutôt simpliste voire manichéen en réjouira même quelques uns.

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White House Down

White_House_DownIn a nutshell: We are back or are we? Gently coerced by friends and our bad conscience, we are trying to revive this blog one movie at a time. Our first stop, Washington D.C., where gun-toting lunatics financed by the weapon industry take over the White House and destroy the Capitol, proving to Al Qaeda that America does it better. Fortunately for the brash handsome Air Jordans wearing President (Jamie Foxx), a former military hothead (Channing Tatum), now simple security agent at the Capitol, will save the day. Ludicrous, but a guilty pleasure.

Bon, on prend son courage et son clavier à deux mains et on relance la machine ! Si nous n’avons pas cessé d’aller au cinéma, les six (huit ? dix ?) derniers mois ont été si fertiles en événements que la chronique de nos expériences cinématographiques en a été oubliée. Miss J. est devenue Mrs. J. (on la félicite, on l’embrasse, on … on va s’arrêter là), M. D. s’est engagé dans des projets variés, et la vie s’est montrée tumultueuse avec tous, mais pas autant qu’avec le président des Etats-Unis – Jamie Foxx plus Obama que le vrai – et son garde du corps d’un jour, le sympathique et grognon Cale alias Channing Tatum, Bruce Willis du pauvre. Un groupe de vilains terroristes s’empare de la Maison Blanche et souhaite lancer une attaque nucléaire contre l’Iran de manière proactive et régler son compte à un président bien trop colombe pour leur goût. Ils avaient pensé à tout (enfin, il faut le dire vite, le scénario a des béances qu’il serait sans doute impoli de fixer trop intensément) sauf au fait que Cale et sa fille serait en visite organisée et bien décidés à se défendre avec alacrité. Vous connaissez déjà la fin.

Un grand saut

Un grand saut

Que dire en conséquence de ce film carbone d’un carbone, mélange souriant de deux classiques du cinéma d’action The Rock (souvenez-vous de ce remake de “Twilight’s last gleaming” -1976- avec Nicolas Cage, Sean Connery et un grand Ed Harris prenant Alcatraz en otage) et Die Hard (rappelez-vous Bruce Willis rendant la vie du magnifique Alan Rickman très difficile)? Qu’il n’est pas à la hauteur de ses modèles? Certes – même si l’on peut sourire aux reprises plan par plan des scènes d’introduction du méchant (James Woods ici moins convaincant qu’Ed Harris) ou de conclusion, la fille – très tête à claques – de Cale reprenant avec un drapeau la même chorégraphie que Nicolas Cage avec des fusées éclairantes. Mais la mécanique est plutôt bien huilée et l’alchimie des deux acteurs principaux fait suivre sans déplaisir leurs abracadabrantesques aventures.

Alchimie explosive

Alchimie explosive, semble-t-il

On peut ajouter à l’instar de Mr. J.A., qui eut la gentillesse de m’accompagner et qui vous parle de son expérience ci-dessous , que les références multiples à l’actualité et à la politique américaine feront sourire les amateurs. On remarquera enfin qu’il devient de plus en plus compliqué pour Hollywood de trouver des méchants crédibles par peur de vexer ou de subir d’orageuses répercussions économiques. Les vilains sont ainsi de plus en plus locaux ou apatrides, même si l’on peut penser que la Corée du Nord et peut-être l’Iran ont un potentiel intéressant.

En dépit d’un scénario étique, l’art de Roland Emmerich, grand faiseur de film popcorn devant l’Eternel, la qualité des interprètes et la bonne humeur évidente qui accompagne ce projet aux ambitions restreintes permettent de sortir du cinéma avec le sourire et la certitude que tout sera oublié dès le lendemain.

white-house-downLe résumé de Mr. J.A. : La Maison Blanche a été attaquée par un groupe de terroristes locaux ivres de vengeance. Un agent de sécurité du Capitole doit sauver le président pour  se faire engager par le Secret Service et prouver à sa fille adolescente qu’il n’est pas un père inepte. Un moment divertissant, surtout si on l’interprète comme un commentaire peu subtile de la scène politique américaine actuelle.

OK, so this is not a particularly original plot, given it’s the second offering from Hollywood in the same season in which terrorists attack the White House. Unlike its predecessor, the bad guys here are not from an evil, foreign regime trying to wage nuclear war on the US, but rather are a group of American mercenaries hired by US government administration insiders to sideline the President (played by Jamie Foxx) and wage nuclear war on a foreign regime. The good guys are, of course, the President and the guy trying to save him, Cale (played by Channing Tatum). Both actors give good, sometimes funny performances, as do all the other actors, including James Woods, Richard Jenkins and Maggie Gyllenhaal. But that’s not what makes this movie interesting.

Yes he can

Yes, it can be an interesting movie

What’s more interesting is that White House Down is a Hollywood caricature of current US politics, and that’s what makes this movie both funny and a bit scary. Jamie Foxx’s character of President Sawyer is of course a stand-in for President Obama, as he espouses his desire for world peace and negotiating with US rivals like Iran when in front of a camera, but we learn later has also ordered secret military strikes on that country. Other references to Obama are overt, from his attempts to quit smoking, to his choice of basketball sneakers.

A president giving up his gun, but still winning at the end: what wil the NRA make of this?

A president giving up his gun, but still winning at the end: what will the NRA make of this?

Some references to U.S. politicians are hilarious, like the rather tanned congressman who seems to be crying for no particular reason, because it’s clearly aiming to depict John Boehner. The notion of a group of right-wing radical mercenaries trying to take over the White House would be funny too, if not for this, as would be the notion of someone thinking that the whole Middle East was just too much trouble, might as well nuke ‘em, if not for this (that’s right, 50% said “yes”).

All in all, White House Down is an entertaining action flick that doesn’t take itself too seriously.

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La Vie d’Adèle

originalIn a nutshell: Last but definitely not least: the Palme d’Or of the 2013 Cannes film festival. Inspired by a French graphic novel by Julie Maroh, Abdellatif Kechiche made a very touching love story between two young women his own. Raw and moving – the film has stired a fair bit of controversy due among others to its reportedly explicit sex scenes, this rather long film (almost 3 hours) left the jury and most of the press spellbound as well as our own Mlle Clara.

Première Palme d'or tirée d'une BD!

Première Palme d’or tirée d’une BD!

Le dernier vendredi de cette édition cannoise 2013, la queue était dense devant la « Salle du Soixantième » pour voir le film en sélection de Kechiche. C’est que le bouche-à-oreille était excellent, le film ayant été projeté la veille dans l’immense salle Lumière. Une de mes amies, qui n’est hélas pas pourvue du badge sésame « Presse », reste en rade dans sa ligne à elle, tandis qu’après une heure et demi de patience, j’entre enfin dans le saint des saints pour découvrir ce film monté dans l’urgence pour être à temps sur la Croisette — si bien que le générique en est encore absent.

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L’esquive d’une Marianne moderne ?

Les premiers plans du film ne laissent pas de doutes : on est bien dans l’univers de Kechiche. L’actrice qui incarne le rôle-titre est de quasiment tous les plans, la caméra s’attachant à son visage, ses gestes, sa démarche, dans une quête attentive et passionnée de l’être humain, dans ses trivialités comme dans ses fulgurances. Cette « vie d’Adèle » fait d’emblée référence à Marianne, le personnage de Marivaux du roman picaresque (la Vie de Marianne), manifestement un auteur cher à Kechiche si l’on en croit déjà L’Esquive. Le réalisateur prend au sérieux la façon dont les écrivains découverts à l’aube de la vie d’adulte nourrissent l’imaginaire, donnent à penser, influent sur les impulsions et les choix. Les professeurs sont dépeints par Kechiche avec un respect empathique pour le travail de passeur et d’accoucheur qu’ils peuvent avoir lorsqu’ils s’attachent à leur métier. C’est le cas des enseignants de la lycéenne Adèle. Et l’on peut penser que sa propre vocation de professeur des écoles (« institutrice » est le mot utilisé dans le film) n’est pas étrangère au plaisir qu’elle a éprouvé en classe de français. C’est au cours d’une de ces lectures à l’oral de La Vie de Marianne que le sujet du film est lancé : « «Je m’en allais avec un cœur à qui il manquait quelque chose, et qui ne savait pas ce que c’était…» Les lycéens sont interrogés sur le sens de ce « manque au cœur ». Prélude aux tâtonnements amoureux d’Adèle avec un garçon de son âge, avant de croiser dans la rue, comme dans un rêve, la fille aux cheveux bleus qui lui laissera un manque au cœur, sans qu’elle ne sache encore ce que c’est…

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La pièce manquante (allégorie en 3 heures)

La Vie d’Adèle s’attache à ce moment si particulier qu’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte, cette tranche de vie entre 16 ans et disons 23 ans, où tout est nouveau, infiniment intense, dangereux, crucial, comme irréversible. Ce moment où se vivent les premières vraies histoires d’amour, la découverte de la sexualité. Et où se décident les choix professionnels qui engageront souvent toute une vie. Si le film de Kechiche a su remuer tant de spectateurs cannois conquis, c’est évidemment pour la force de sa mise en scène, la radicalité naturaliste de sa direction d’acteurs, l’audace inédite dans le cinéma d’auteur des scènes charnelles entre deux femmes, mais aussi certainement pour le sujet universel qu’il traite : pas seulement la naissance puis la décadence de la passion amoureuse et charnelle, mais aussi, il me semble, ce moment transitoire et absolument bouleversant de notre existence au sortir de l’adolescence.

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Premiers baisers des filles d’à côté

Kechiche, il l’a redit au moment de recevoir sa palme d’or, a voulu mettre en scène l’amour entre deux êtres au-delà de la question de l’orientation sexuelle. Et c’est comme cela que l’ont reçu aussi les membres du jury présidé par Spielberg, qui, soit dit en passant, a montré pas mal de hardiesse à primer ce film qui risque de ne pas sortir aux Etats-Unis dans des réseaux de salles lambda. Disons que la force de La Vie d’Adèle c’est de ne pas occulter la question de l’hétérosexualité vs l’homosexualité, avec les interrogations du Sujet sur ses orientations personnelles, les réactions diverses de son entourage (amis, parents…), les combats à mener pour l’égalité des droits… Tout en réussissant à banaliser l’homosexualité en dépassant ce « particularisme » pour traiter de la passion amoureuse dans son absolu humain. La palme conjointe attribuée aux deux actrices du film apparaît ici parfaitement justifiée : Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux (alias Emma) livrent une interprétation ébouriffante de justesse, de vérité, à tel point que l’on croit assister à un pur documentaire.

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Est-elle pensive ou, de fatigue, est-elle morte Adèle?

La méthode de direction d’acteurs de Kechiche avait certes déjà prouvé son efficacité depuis son génial premier film, La Faute à Voltaire. On s’interroge sur la rudesse du tournage pour les actrices (laissons de côté les polémiques actuelles qui déchaînent les gazettes), qui ont payé de leur personne à un point qui, avouons-le, nous a à la fois subjugué et embarrassé. Les scènes de sexe sont d’une frontalité si criante de vérité, les longs plans-séquences laissant peu de possibilité à la simulation, que l’on hésite entre l’admiration médusée pour la captation de ce mystère du plaisir charnel, et la gêne d’entrer par effraction dans la chambre à coucher de voisines. A fortiori par l’entremise de l’œil d’un réalisateur, d’un homme mûr de surcroît. Eternelle question du cinéma comme dispositif voyeuriste/fétichiste phallocentré (cf. Laura Mulvey)… La dignité donnée au plaisir dans sa beauté nue et le respect empathique pour ses personnages tout au long du film font toutefois pencher le spectateur (la spectatrice ?) en faveur de Kechiche, qu’on a du mal à considérer comme un agent avilissant du patriarcat archaïque ! Dommage cependant qu’une vieille lune soit proférée vers le dernier tiers du film par un personnage de galeriste sympathique et qui pourrait passer comme un porte-parole du réalisateur : le plaisir féminin serait plus mystique que le plaisir masculin, plus cosmique, etc.  Ah bon ?

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Un bleu cométique plus que cosmique?

Le film de Kechiche fait près de trois heures, ce qui lui permet d’étudier, après la naissance et le déploiement d’une passion amoureuse, son érosion, son dénouement funeste, puis son épilogue après la séparation et les trajets de vie disjoints. Et c’est là l’autre sujet central de La Vie d’Adèle qui ne manque pas de force : si les deux jeunes femmes finissent par s’éloigner, c’est que le sentiment amoureux et la passion physique ne suffisent pas à dépasser les antagonismes sociaux. Le film montre en effet comment l’origine sociale des êtres les emprisonne dans l’imaginaire de leur classe. L’artiste, la fille aux cheveux bleus, a des parents qu’on imagine post-soixantuitards, hyper ouverts, cultivés, qui mangent des fruits de mer lorsqu’ils invitent la copine de leur fille, et offrent un vin blanc sélectionné avec la connaissance du gastronome. L’institutrice, fille de prolétaires, ne peut avouer à ses parents son homosexualité, et mange goulûment à table les spaghettis bolognaises que les parents cuisinent le jour où Emma est invitée. Une des observations très justes du film est le léger mépris qu’Emma et ses amis artistes et thésards éprouvent pour le métier d’institutrice d’Adèle. Il faudrait qu’Adèle devienne l’écrivaine qu’elle est en puissance, qu’elle s’exprime, bref, qu’elle réussisse sa vie, ce qui ne semble pas concevable si elle se cantonne à exercer son métier d’instit bien sympathique, mais… Kechiche épingle ce préjugé social, en donnant à voir la dignité, l’importance et la difficulté du métier d’enseignant pour les plus petits à l’orée de la vie.

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And the winners are …

Le film de Kechiche était donné par beaucoup gagnant dimanche avant la proclamation du palmarès, mais des hésitations  légitimes se faisaient entendre : Spielberg et son jury vont-ils oser ? Nous avons nous-même soupesé les personnalités supposées des membres du jury, en évaluant les chances que le réalisateur de Brokeback mountain (Ang Lee), que celui de Au-delà des collines (Cristian Miungiu), que les réalisatrices Lynn Ramsay et Naomie Kawase donneraient leurs suffrages, tout comme le feraient Daniel Auteuil et Christoph Walz. Et Nicole Kidman, sera-t-elle trop prude ? Mais elle a joué jadis dans Dogville, tout de même ! Et dans Eyes wide shut ! On aimerait bien être une petite souris pour assister aux débats de ces jurys cannois… En tous cas, en couronnant La Vie d’Adèle, Cannes a su s’affirmer comme un festival fidèle à une réputation qu’on espère perdurer : politique dans le meilleur sens du terme, artistique, audacieux.

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