A serious man

In a nutshell : Larry Gopnick has it tough, and it won’t become easier, but what do you expect from the Coen brothers ? Depressingly and bitterly  funny.

Les frères Coen sont de retour et fidèles à leurs habitudes anciennes, comme leur obsession pour les objets ronds, par exemple un très bel écouteur ivoire, ou nouvelles comme les fins extrêmement, voire trop abruptes, à l’instar de No country for old men. Le film qu’ils proposent est donc une fable cruelle et ironique, dont l’originalité est qu’elle paraît plus autobiographique et moins axée sur la bêtise de leurs contemporains que leurs œuvres précédentes. Le film s’articule autour de deux idées fortes, la première est une citation de Rachi placée en prolégomène à l’action, « reçois avec simplicité tout ce qui t’arrive », la seconde est illustrée par un prologue polonais, durant lequel il est démontré qu’on finit toujours par payer cher une bonne action (no good deed goes unpunished).

On suit alors les malheurs de Larry Gopnick (touchant Michael Stuhlbarg) frappés par une succession incroyable de petites et grandes crises qui viendraient à bout des plus optimistes. Cet amoncellement brillamment mis en scène mène le spectateur à hésiter entre l’hilarité franche et la mélancolie et l’angoisse la plus profonde devant l’injustice évidente qui frappe ce gentil professeur, qui ne souhaite rien de plus que d’être un homme « sérieux », un homme digne, un homme bien. Ecartelé entre les désagréments les plus irritants (l’amant de votre femme veut être votre ami) et les tentations antonines les plus perverses, Larry tentera de trouver de l’aide mais comme la dernière image le démontre ni le ciel, ni ses truchements, trois rabbins spectaculairement inutiles, ne pourront l’aider à combler son profond effroi existentiel.

Le film, par son arythmie, l’impeccable qualité de sa distribution, et l’habituelle maîtrise de la réalisation et du montage emporte l’adhésion malgré un scénario qui pourra paraître parfois décousu, ou du moins plus attentiste et amère que les productions antérieures des deux frères. En effet A serious man, tout comme le Livre de Job ou le principe de décohérence mis en évidence par le chat de Schrödinger, peut laisser perplexe, pourquoi tant de tortures ? Mais c’est cette superposition d’états qui donne au film tout son intérêt, sa drôlerie et son sérieux. Les frères Coen offre pour une fois une sorte de méditation philosophique sur l’époque et le passé. Choisir en ces temps de crise et de remise en cause du modèle capitaliste états-uniens, une famille juive de la classe moyenne, au printemps 1967, donne à réfléchir sur l’idée de paradis perdu (Les Etats-Unis des années 1950 et 1960) et sur les valeurs à défendre et protéger. Parfois, on ne peut mieux qu’écouter le groupe psychédélique Jefferson Airplane : Somebody to Love. Alors à vos écouteurs, ivoires ou non, et à vos écrans les plus proches.

En résumé : Un brillant film à l’humour cruel et noir des frères Coen qui démontre que ni la sagesse des rabbins, ni la gentillesse à l’égard de votre femme ne réussira à vous sauver, ou même à vous aider.

Franglaisreview made an eager dash for the first night of the new Coen brothers movie, A Serious Man. As far as their most recent productions go, No Country For Old Men had left me almost completely cold, if thoroughly disturbed by the po-faced dude with the air compressor/lethal termination gadget, but Burn After Reading struck me as so funny I started to wonder if I was going to be alright or if I’d laugh myself to the point of collapse. What I most liked about Burn After Reading was its deadpan yet manic absurdism, a vital ingredient that’s alive and well in A Serious Man, even if here it’s in a more muted, melancholic and overtly philosophical register. The film throws you for a loop from the word go though, to the point I was almost wondering whether it was the right film (although I knew rationally it was, there’d been hundreds of us queuing down the soggy pavement of the rue du Faubourg Saint Antoine to get in to see it).

All of the actors in this delicately brutal tale are superb. Set in 1960s Midwest suburbia, Michael Stuhlbarg plays Larry Gopnik, a morally upstanding and slightly meek tenure-track mathematics professor, who has a glassy-eyed, less-than-loyal wife Judith (Sari Lennick), two self-absorbed and largely indifferent children, Danny and Sarah (Aaron Wolff, Jessica McManus), and a deadweight, apparently schizo-affective brother Arthur (especially brilliantly played by Richard Kind). Fred Melamed meanwhile plays the superbly honey-dripping slimeball Sy Ableman, major lynchpin to his downfall. With a relentlessness that makes your stomach sink, and the deadening monotony a dripping tap, Larry’s life starts to unravel thanks to the machinations of those around him, channelled through the Coen brother’s razor-sharp eye for delivering imaginatively diverse kicks in the stomach to their hapless protagonist.

As Monsieur D has already pointed out, Larry’s situation really is one of a modern-day Job, but without any deliverance from God at the end, just the most comically unhelpful theological interjections ever from a series of miscellaneously useless rabbis. Think carefully about going to watch A Serious Man if you’re already feeling fragile, cynical or overwrought about life in general. But do go if surgically precise absurdist black humour is your kind of thing – on that level, it’s an absolute humdinger. It’s also a film to savour after the event as it’s so packed full of masterfully constructed, deliciously awful vignettes, observations and outrageous indignities that you can dine out on them for hours afterwards, even as you shake your head in shellshock at how warped it all gets. I don’t have the time, but I’d be tempted to go back again just for an action replay of some of the most memorable scenes, even if the film does end so abruptly you feel rather as though you’ve been kicked out onto the street.

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3 Comments

Filed under Comedy, Drama

3 Responses to A serious man

  1. brigitte

    A serious man m’a fait un effet bizarre: je ne sais pas si j’aime ou pas, ce n’est d’ailleurs pas la question que je me pose.
    Ce gentil (non je ne devrais pas dire gentil puisqu’il est juif), ce paisible professeur d’université du Minnesota, tellement timide et coincé, qui voit son monde devenir instable en quelques heures pendant que sa famille visiblement n’a besoin de lui que pour des détails matériels a eu du mal à m’intéresser même si je l’ai trouvé très touchant. C’est pour moi un specimen psychologique et sociologique mais je ne me suis sentie à aucun moment en empathie véritable. L’ambiance du film est étrange, un peu paranoïaque, l’humour est très noir, et le symbole final de la destruction du monde de cette époque à laquelle visiblement le héros appartient ne m’a pas fait sourire. Peut être que c’est parce que je suis de ce “monde d’hier” ? Bien sûr j’ai été sensible à cet environnement où tout est absurde et normal en même temps. Les trois rabbins sont quasiment réels et ils sont certainement les plus drôles du film. La fille est caricaturale, limitée à son lavage de cheveux, tout comme le frère, petit escroc lamentable. Le fils est attachant et certainement celui qui est le plus naturel (souvenir d’enfance des réalisateurs?).L’amant est antipathique et il est difficile de comprendre ce que Judith lui trouve. Je n’ai pas compris comment l’accident est arrivé et le chagrin de Judith m’est indifférent, c’est la perte de son idée de changement et sans doute pas l’affection pour ce type arrogant et autoritaire. Je ne parle même pas des voisins fachistes et antisémistes (en cauchemar).
    Le conte du début m’a bien plu, j’y ai vu le contraste entre la crédulité du bonhomme et les pieds sur terre de sa femme. Si j’ai retrouvé la naïveté de l’homme dans le héros des Coen, je n’ai pas retrouvé la femme vivante et concrète du conte. Que cette femme soit persuadée de l’existence d’un dibbuk, qu’elle soit donc superstitieuse est une contradiction très humaine, et le personnage du mari est le mari typique des contes juifs du shetl. C’est une mythologie que j’aime bien.
    La conclusion du conte: un meurtre, n’est pas plus optimiste que la conclusion du film: monde qui n’a pas de sens et pas de morale.
    Je suis sortie un peu déçue, contente de l’avoir vu et pas sûre que ce soit un des meilleurs films de l’année, mais elle ne fait que commencer.
    Entre Tsar et A serious Man, elle commence durement.

  2. monsieur JM

    coucou

    pas grand-chose à dire sinon que j’ai adoré ; david m’avait dit que c’était le premier film “adulte” des frères Coen ; c’est une bonne accroche ; les trois rabbins sont formidables (même si j’ai une préférence pour le second) et la fin est formidable elle aussi ; j’avais retenu le principe d’incertitude, mais “décohérence” est plus chic, et plus juste aussi !

  3. Pingback: Top 10 – 2010 | Franglaisreview

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