Mother

In a nutshell : In this dark and humorous thriller, actress Kim Hye-ja puts “mother” into “smother” as her smouldering character tries anything she can think of to save her simpleton of a son of being convicted for murder.

Enfin ! Enfin, après avoir échoué deux fois aux portes du cinéma, nous pûmes découvrir la dernière réalisation de Bong Joon-ho : Mother. La critique est excellente mais nous nous demandions ce qu’il en serait puisque deux de nos amis l’ont vu et ont eu des avis spectaculairement opposés. Sans trop vouloir m’avancer sur la critique de Miss J., je crois que cela nous a beaucoup plu à tous deux.

En effet, Bong Joon-ho fait dans le décalé. Chacun de ses films n’est jamais ce qu’il paraît être et il mélange les genres avec une maîtrise toute shakespearienne. Son dernier film, Mother est principalement un thriller mélodramatique, mais l’enquête haletante est traversée de moments incongrus, burlesques, tragiques et humoristiques donnant une impression de réalité bien plus touffue et riche que la majorité des films n’ayant qu’une atmosphère, une émotion, ou une note.

Le film débute sur une scène marquante, dans un beau et silencieux champ de blé une femme âgée (Kim Hye-ja), élégante, quelque peu échevelée, danse seule, étrangement. Pourquoi est-elle clairement poussée à bout ? On apprend vite qu’elle s’occupe seule et très possessivement de son fils unique, Do-joon, 28 ans, garçon gentil mais légèrement demeuré et dont la naïveté l’entraîne parfois sur la pente savonneuse de la bêtise. Une jeune fille est retrouvée morte et une balle de golf signée par Do-joon est à ses côtés. La police l’arrête. Sa mère pour le sortir de prison se montrera alors prête à tout pour prouver l’innocence de son enfant. Le spectateur est emporté dans cette enquête maternelle imprévisible.

Bong Joon-ho joue avec art et son public et propose simultanément un portrait intense et intime de la figure maternelle et une description ironique et transversale de la société coréenne. Son message sur la maternité est déroutant et subversif car la relation organique qui lie la mère à son grand fils frise le malsain et dérange, tandis que la folie du personnage augmente. Le résultat doit être plus horrifiant encore pour le spectateur coréen car Bong a choisi Kim Hye-ja comme actrice principale, une icône du pays du Matin Calme depuis plus de quarante ans, une sorte de Catherine Deneuve locale, connue pour ses interprétations de la mère digne et patriote, qui aime totalement et se sacrifie pour le bien-être de ses enfants. L’acharnement, le déséquilibre et la violence de cette mère incarnée à la perfection par cette impressionnante comédienne doit en conséquence remuer et surprendre les connaisseurs et amateurs du cinéma coréen.

Si la mise en scène et le découpage sont un peu lent, Bong multiplie les plans beaux et intrigants et jongle en virtuose avec des éléments contradictoires. Les changements de rythme, les ruptures de tons, les mélanges entre noblesse et corruption, trivialité et profondeur, superficialité et réflexion accentuent l’impression de réalisme. Il est plutôt rare de rencontrer des gens dont le caractère et les actes ne seraient que d’une seule pièce et jamais paradoxaux. Les doutes du réalisateur n’en deviennent que plus pertinents quand il souligne les dysfonctionnements  et l’inertie des institutions, les carences de la société, et la difficulté à admettre que tant de catastrophes sont uniquement construites sur l’amour et la volonté de bien faire.

En résumé : Dans la catégorie ‘mères intensément protectrices’, ce film de suspense fonce sans hésitation dans la direction ‘complètement effroyable’, mais le résultat est surprenant et délicieux.

Bong Joon-ho’s Mother was a bit of a surprise. I was expecting a sombre, straightforward if psychologically zingy thriller, and what I got was almost burlesque black humour, surreal moments… and elements of a more sombre straightforward thriller to keep me on my toes.  It starts as it means to go on with its heroine, Kim Hye-ja, pirouetting across a field, half dancing, half sobbing, half laughing (and defying the laws of mathematics too). As Monsieur D.’s pointed out, Kim Hye-ja is something of a Corean Catherine Deneuve, so her dishevelled, loopy demena makes for quite a stark contrast to her usual bourgeois chic factor. What we then get from the film, post-field prancing, is quite the flashback. Kim Hye-ja’s character has a (casts around for politically correct term and probably fails) mentally underdeveloped son, Do-joon. His mum savagely protects him and is prepared to do ANYthing to make sure her boy’s OK. She’s a few centimetres beyond the border of ‘downright scary’ in her devotion, but there’s nonetheless a twitchy-eyed dignity, or at the very least heartrending consistency, to her passion to protect him. Things take a very bad turn however when her son ends up not only accused, but also confessing under intense police pressure to the murder of a young schoolgirl.

She encounters countless and sometimes almost madcap obstacles in her mission to rescue him, notably in the form of a lawyer who ultimately gets everything he wants but in seriously leftfield way. She balks at no expense and is undetered by her son’s utter inability to recall anything about the evening in question, as well as the pity of the policemen she’s been used to regularly bribing with alcohol and tax-free acupuncture sessions to keep her son out of trouble. While her son seems almost contented to be in jail, she puts her life in danger, gets threatened, discovers disturbing secrets about the neighbourhood and gets showered on by unwelcome home truths trying to secure his release. What makes the film truly memorably though is the way absurd humour bubbles up from beneath the plot’s basic structure, shrouding the whole affair in irony and dragging the viewer away from any potential feeling of pathos back into a more sceptical mode of watching, only for the film to then playfully tickle the viewer under the chin with its rapid shifts in register. Unfortunately the film’s let down a little by its slack pace in places. While to have taken a much livelier rhythm would probably have been doing it a disservice, the plot itself could have done with a little tightening up in places. Nonetheless it’s a great watch, better than even expected and full of surprises.

La note de Miss J:

8/10: as bitter-sweet and multi-textured as a Pierre Hermé chocolate and passionfruit macaroon

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Filed under Comedy, Drama, Thriller

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