In a nutshell: Brave Philibert learns his father was not an artichoke producer but a murdered aristocrat, and has to avenge him in a slow paced but overall pleasant pastiche of the “cape et d’épée” genre.
Quand j’étais un très jeune Monsieur D., ce n’étaient pas les cowboys et les indiens, les astronautes, les pompiers, les ninjas ou les dinosaures qui me faisaient régulièrement rêver, mais les châteaux forts, les chevaliers et les mousquetaires. Les films de cape et d’épée faisaient partie de mes favoris, Robin des Bois, Le Bossu, Le Capitan ne me lassaient jamais. Un pastiche de cet univers par la fine équipe derrière OSS 117 et Kaamelott m’intriguait donc, et nourrir la fascination de Miss J. pour l’humour français ajoutait encore à l’attraction. C’est consentants mais malgré tout assez méfiants que nous allâmes au cinéma, car le film était écorché vif par la critique et piétiné par une grande partie du public. Toute mon enfance allait-elle être foulée aux pieds? Non! Si ce long métrage est souvent paresseux et languide, il n’est en rien déplaisant et offre quelques très jolis moments.
L’histoire est élémentaire, le robuste et nigaud Philibert (Jérémie Rénier) découvre qu’il n’est pas le fils de ses parents, aimables producteurs d’artichauts, mais un orphelin aristocrate dont le père fut traitreusement assassiné par le vil et retors comte d’Artois (Alexandre Astier délicieux). Jurant vengeance il s’engage à rechercher l’ignoble meurtrier et à l’estourbir en mémoire de son père, trouvant sur son chemin un valet et ami (Manu Payet) et l’amour (Elodie Navarre). Le valeureux gaillard réussira-t-il à pourfendre l’affreux et épouser la belle, quitte à perdre ainsi son gênant surnom de Capitaine Puceau ? Je ne crois pas déflorer l’intrigue en vous révélant que tout s’achèvera bien.

Les secrets d'un film de cape et d'épée : un gentil blond, un méchant brun, une paire de collants rouges.
Sylvain Fusée choisit non tant la parodie, le travestissement burlesque, trivial, satirique d’un genre, que le pastiche, c’est à dire une imitation minutieuse, plutôt respectueuse même si humoristique d’un univers ou d’une oeuvre. Ce pas de côté peut décevoir tant l’hommage souriant et la bienveillance priment sur le sarcasme, l’invention, ou la cruauté de la caricature et j’imagine qu’il explique une grande part du mécontentement des spectateurs de ce film qui y voient un manque d’audace. Ainsi les collants moulants du héros, sa naïveté chevaleresque et son aveuglement à toute sexualité attendrissent car Fusée ne souhaite pas se moquer de ses personnages mais plutôt rire de leur décalage avec la brutalité, la fausseté et l’ambigüité du monde. On apprécie donc la régulière qualité des dialogues, les clins d’oeil aux classiques, les décors en carton-pâte et l’omniprésence des rochers marche-pieds, toujours utiles pour se hisser sur son cheval. On retient l’excellence d’Alexandre Astier, savoureux méchant. On déplore un montage lambin nuisant au rythme comique, étouffant les dialogues et les acteurs et transformant ce qui aurait dû être une cavalcade d’actions et de rires en une promenade certes agréable mais trop souvent apathique.
En résumé: Un pastiche très honnête de ‘cape et d’épée’ qui ne méritait pas tant de haine de la part des critiques, bien que Philibert n’ait malheureusement rien de révolutionnaire non plus.
I feel bad for Sylvain Fusée’s Philibert. It’s been widely trounced by reviewers – for lameness, damp squib-dom, and for sporting the kitsch weaknesses of the ‘cloak and sword’ genre it pastiches, but with no real satirical bite. I wouldn’t say I went in with the expectation of any sort of cinematic epiphanies, but I was encouraged that Philibert is the work of the scriptwriters of 0SS 117, to which I am eternally grateful for this and this. And it’s really not that bad. It’s definitely silly, but in the tradition of 0SS 117 or, if you like that kind of thing, Les Visiteurs.
Jérémie Renier stars as the naïve and handsome hero Philibert, whose artichoke-farming parents in Normandy inform him that he is in fact the son of a nobleman, and that he must avenge his father’s death. He packs up his coloured tights and sets off on horseback, soon meeting swindling thief Martin (Manu Payet), who becomes his almost-entirely-loyal valet. Philibert is a proud ‘puceau’ (virgin) but soon acquires a love interest, Princess Inès (Elodie Navarre), which is complicated by the fact that the dastardly murderer of Philibert’s father, Clotindre (Alexandre Astier) is determined to marry her himself.
It’s packed with silly one-liners, slapstick humour, exuberant sword fights and knowing observations of the genre, all whilst sadly failing to set the screen completely ablaze. It was however a perfect afterwork wind-down film, with all the requisite larger-than-life characters, flamboyant battles and mellow escapism you could ever ask for. And certainly I don’t think it deserved to be shot down in flames – although it was an obvious target and I think a certain amount of snobbery was at play – it was far too ‘easy’ given the softness of its pastiche, and was more of a rosy hark-back to gentler, more naïve times that was easy to knock. Too bad!

