Rhum Express (The Rum Diary)

In a nutshell: Despite a stellar cast, the adaptation of Hunter S. Thompson’s Rum Diary is mirthless, sparkless, in a word boring. Not interesting or funny enough, it is hard to care for Thompson’s alter ego, Paul Kemp in his lame and drunken adventures in Puerto Rico in the 1950s. The gonzo writer rests in pieces.

Ca fait quoi, maintenant, 5 ans ? 6 ?  Je ne souhaite pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais malgré toute l’admiration que je peux porter à M. Depp, je me dois de dire qu’il serait temps qu’il tourne dans un bon film. Son ami Tim Burton n’est pas au mieux de sa forme, son Pirate à force de suites coule plus qu’il ne flotte, et son affection pour Hunter S. Thompson le pousse à participer à des projets vaseux. Rhum Express (The Rum Diary) est l’adaptation du deuxième roman presque autobiographique de Thompson, le célèbre journaliste gonzo, figuré sous les traits de Paul Kemp (Johnny Depp), jeune reporter inconnu souvent saoul, brièvement engagé à Porto Rico au San Juan Star, journal anglophone proche de la faillite.

Alors que vous dire à partir de là … Porto Rico, c’est joli. Si on aime la plage bien sûr … il y a des combats de coqs (mais aucun animal n’a été blessé pendant le tournage) … Kemp tombe amoureux d’une fille trop belle (Amber Heard) à nom de canal à alluvions (Chenault), ce qui devrait lui amener quelques soucis … en fait pas vraiment … et il serait temps de prendre un verre de rhum … Il doit aussi y avoir une vague histoire de corruption et de gros sous mais je ne saurais vous dire laquelle, j’étais déconcentré par le décalage entre ce que je voyais et mes souvenirs de ce que “gonzo” est supposé signifier : une écriture féroce et ultra subjective, puissamment autobiographique, engagée et sarcastique.

Une scène puissamment sarcastique.

Le film n’est donc pas le plus gonzo que j’ai pu voir. Ni le meilleur. De Rum Diary à Rhum diarrhée il n’y a qu’un pas, très facilement accompli la première demi-heure du film s’achevant, ce qui doit expliquer le choix d’un titre français plus neutre. Même si express n’était pas le mot qui me serait venu le plus vite à l’esprit, surtout après avoir vu un quart de la salle partir en soupirant pendant la projection ou avoir eu bien du mal à s’éveiller après. Rhum rétro, peut-être? Insipide et fastidieux, certainement.

Il est dit que le réalisateur, Bruce Robinson, alcoolique repenti, aurait sacrifié jusqu’à sa santé et aurait repris la bouteille pour s’investir pleinement dans l’écriture de son film. Ca se voit. C’est peut-être la meilleure promotion que j’ai pu voir pour le programme des alcooliques anonymes : attention, l’alcool peut nuire à votre scénario. Il doit pourtant y avoir bien des choses à dire sur cette petite colonie états-uniennes au coeur des Antilles, ou, moins politiquement, sur l’histoire d’amour lamentable et interdite d’un journaliste pauvre et de la compagne d’un des hommes les plus riches de l’île. Rhum Express est l’histoire d’un gâchis et si l’on aimerait revoir un film avec Depp, Eckhart, Ribisi, Jenkins, Rispoli et Heard où ceux-ci pourraient vraiment exprimer leurs grands talents. La bande annonce promettait un film barge, elle ne mentait pas, il s’agissait du bateau à fond plat, sans moteur.

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Filed under Aventure, Comedy, Drama

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