In a nutshell: A wannabe Carnage without the keen eye of Polanski. Entertaining even if flat and too theatrical. To watch if you enjoy hysterical family dinners, contentious names and cold couscous.
Quel prénom serait capable d’amener un groupe soudé à se déchirer ? Intrigué par l’énigme proposée par cette adaptation d’une pièce de théâtre éponyme, nous nous demandions quel patronyme pouvait être source de querelles … hormis le mien – “Mister” a-t-on idée ?- nous avions bien une idée et, effectivement, c’est ce que vous pensez aussi. Heureusement, il ne s’agit là que du début de la pièce, le mystère de ce prénom s’estompe vite, pour laisser place à une mécanique efficace, souvent drôle, un peu trop hystérique, révélant les rancoeurs de ce groupe amical et familial.
Dans le salon cossu d’un professeur vedette de la Sorbonne, Pierre (Charles Berling), et de son épouse Elisabeth (Valérie Benguigui), enseignante lasse de collège, débarquent autour d’un repas marocain le meilleur ami du couple, le doux Claude (Guillaume de Tonquédec), tromboniste à Radio France, et Vincent, le frère d’Elisabeth, beauf insupportable mais charismatique, fort bien incarné par Patrick Bruel. Celui-ci, en attendant son épouse très enceinte et très en retard (Judith El Zein), se décide à partager avec ses proches le prénom qu’ils souhaitent donner à leur enfant. Je ne gâcherai rien à la fête en vous révélant que le couscous va voler. Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, co-scénaristes de la pièce originelle, adaptateurs et réalisateurs, proposent à la fois une pièce de théâtre boulevardière et une déconstruction cruelle d’un milieu familial “bobo”, dans lequel les imperfections et hypocrisies de chacun vont se révéler.
Dans la partie comique, le résultat est intéressant, les répliques crépitent, les comédiens s’amusent et gesticules, et les spectateurs se divertissent de leurs invectives ; dans celle satirique, l’ensemble pèche, la critique socio-politique est lourde – un couple de professeurs donneurs de leçons de gauche clichée reçoit un couple de droite UMP caricaturale, tandis que le neutre tromboniste, affectionnant pour ses chemises la couleur orange, compte les points. Les auteurs-réalisateurs vont d’ailleurs bien vite abandonner tout sous-texte politique, pour se recentrer sur des tensions familiales plus classiques. C’est attendu et gentillet, le Carnage de Yasmina Reza, pourtant loin d’être un chef d’oeuvre, est sur une autre planète.
Pas évident de ne pas comparer les deux adaptations, celle de Polanski et celle-ci. Si dans la première on peut parler cinéma, ici c’est beaucoup plus difficile car en dehors du premier quart d’heure, clippé Amélie Poulain, présentant les protagonistes, le reste du film est principalement du théâtre filmé très platement. Jamais les réalisateurs ne peuvent faire oublier le côté très joué des situations et même si tous les acteurs sont plaisants à suivre, ils cabotinent tous et exagèrent toutes les situations faisant honneur aux traditions du boulevard, mais guère au naturalisme cinématographique. En gros, mon conseil est celui de Thoreau : “Simplifiez ! Simplifiez ! Simplifiez !”. Less is more comme dirait notre Miss J. L’hystérie des dialogues fatigue à la longue et même si le film épingle assez bien nos mesquineries, lâchetés et vanités, on souhaiterait moins d’artifices.
Si la fin est conventionnelle et la rédemption des antagonistes à la limite de l’absurde, on passe un moment agréable. Ainsi, si en ce premier mai férié, ami lecteur, aimable lectrice, tu ne manifestes pas autre chose qu’un intérêt pour divertissement léger, va admirer Patriiiick et ses amis, sinon quel prénom choisir, François ou Nicolas ?
En résumé : Un dîner entre amis dérape grâce à un prénom très litigieux. Mais lequel ? Il va falloir aller voir le film pour le savoir. Ca vaut le coup, même si cette adaptation manque un peu de souffle par rapport à la pièce originale.
Le Prénom was originally a comic play penned by Matthieu Delaporte and Alexandre de la Patellière, which after a hit run in 2010 was swiftly adapted into a screenplay starring most of the original cast, with the addition of Charles Berling. As such it smacks a lot of another recent theatrical adaptation to the cinema, Carnage. There’s the same unity of focus of action within one room in an apartment, while once again, what is anticipated as a polite social occasion between civilised adults takes some highly awkward turns. And some of the furniture gets hurt.
Le Prénom is considerably less hard-hitting than Carnage, while failing to settle down into the comedy bracket either. It follows a dinner party hosted in the left bank Parisian home of harried secondary school French teacher Elizabeth (Valérie Benguigui) and her self-absorbed high-flying Sorbonne literary professor husband, Pierre (Charles Berling). Things get off to a cracking start with the film’s tongue-in-cheek presentation of the couple: for a convincing yet wince-worthy sketch of some veritable Education Nationale stalwarts, this set piece touts the most cinematic home truths since La journée de la jupe.
Things continue nicely as two other dinner party guests assemble: Elisabeth’s cocky younger brother Vincent (Patrick Bruel) and sensitive, unassuming professional trombonist Claude (Guillaume de Tonquédec). Conversation turns to Vincent’s unborn child, whose mother, Anna (Judith El Zein) is late for the party. The name chosen for the boy turns out to be a tad controversial, and before we know it, home truths are spilling everywhere, as does the nice Moroccan buffet Elizabeth’s gone to a lot of trouble to prepare. The bitterness and resentment that bursts forth is only patchily comic, although it does have its moments.
It could have done with more of an exuberant upswing into out-and-out farce, or possibly a heftier dose of grit, although then it really would practically have been Carnage. As it stood, it felt cramped and constrained within its one-room setting, and the witty portraits of the characters in their everyday lives that spiced up the very beginning fell away, leaving… well, a lot of dining room/salon. There’s enough energy and pleasingly crafted dialogue to make it a highly watchable production, but I’m certain it worked better at the theatre. As it was, by the end, I felt mildly bemused at the careening about I’d been witness to, if not a little sorry for the poor Moroccan buffet.



