Is any excuse a good excuse? Mlle L. pretends intoxicating drinks and friendship made her go and watch Simon West and Sly’s latest shoot-’em-up … I think we all know better. Here is a very amused review for the very successful and bombastic n°2 of a series of at least 3 steroid fueled movies (apparently Stallone has asked Clint Eastwood to star in the next one, if he accepts I shall go).
Il fait froid, la Nouvelle Zélande est un pays hostile et bête, et Wellington un trou noir en termes de culture. Alors, emportée par la chaleur de l’amitié et de la déconne, et puis aussi parce qu’un verre ça va, mais qu’après deux verres bonjour les dégâts, nous décidâmes par bravade et dans un esprit potache un peu éméché d’aller voir avec une amie ce qui ne pouvait être qu’une énorme daube : The Expendables 2.
L’affiche, déjà, remporta notre adhésion hilare (je confesse pour mémoire un léger état d’ébriété) : rien que des gros en gilet sans manches, pleins de maxillaires tendus et de biceps tellement gonflés qu’ils semblent prêts à vous exploser à la face, le tout sur fond d’explosions partout avec des flammes, un slogan abscons (“de retour pour la guerre”, euh?…) et en plus c’est une suite, ouhlala ça va être tellement mauvais, et donc, espérions-nous, tellement involontairement drôle.
Je vous le dis tout de suite l’affiche ne vous ment pas, et le fou rire inextinguible qui nous prit en contemplant cette merveille de l’art publicitaire appliqué au cinéma vous gagnera tout aussi inévitablement en salle, durant le visionnage du film. Impossible de ne pas finir par se faire pipi de rire dessus, ce film est inimaginable – et pourtant j’en ai vu, du lourd dossier (le coin des DVD est là pour vous le prouver) et j’ai même récemment été témoin du spectacle atroce de Marion Cotillard faisant semblant de mourir dans Batman 3, alors c’est vous dire, je ne suis pas une enfant de choeur, j’ai fait le Vietnam de la connerie cinématographique, moi, monsieur ; j’ai vu l’horreur en face.
Tiens, en parlant de voir l’horreur en face, Sylvester Stallone, d’abord. Comment dire … Quand on regarde Sylvester Stallone à moins de trente mètres, on a l’impression qu’il s’est fait recomposer le visage par un chirurgien fou qui aurait décidé de coudre ensemble de petits bouts de zizis et de les faire parler à coups d’électrochocs. C’est un peu flippant. Il a une moustache, aussi, Stallone, un truc dingue, qu’on ne dirait pas que ça peut exister, à part dans les rêves d’alcooliques. Le tout souligné par un maquillage très, très blanc sous les yeux, contrastant avec un trait de khôl, je n’en dis pas plus, y a mon goûter qui commence à s’agiter dans mon estomac.
Voilà pour Stallone, qui joue le chef des gentils mercenaires virils. Sa troupe se compose d’un noir, d’un Chinois (qui devient rapidement une Chinoise, parce que sinon il n’y aurait pas eu de gonzesse), d’un truc bizarre qui ressemble aux frères Bogdanov mâtinés de zombie SS (il s’agit en fait, on l’apprendra plus tard, de l’élément suédois de cette bande de testostéronés, Dolph Lundgren, qui j’espère n’est pas né comme ça).
Il y a aussi un Anglais (Jason Statham, toujours aussi, disons, euh… bon je me tais parce que j’aime pas vexer), et un gros type indéfini qui entre deux coups de latte dans la gueule des ennemis sera filmé, à un moment, tenant un livre (j’en déduis qu’il s’agit de l’élément intello du groupe, mais vous concéderez en regardant cette photo que l’on se doit de douter). Et enfin il y a le petit jeune (Liam Hemsworth), copie fadasse et bouffie de Ryan Gosling, qui, vu qu’il annonce dès les premières minutes du film qu’il veut mettre un terme à sa vie de mercenaire violent, et tout abandonner après cette dernière mission pour rejoindre sa fiancée française qu’il aime tellement, va évidemment mourir. Il est con, le jeune, il a pas compris que dans les films d’action, le gars qui veut raccrocher parce qu’il a une fiancée qu’il aime, il lui arrive que des pépins.
Une belle bande de bras cassés, quoi. En face, je vous donne le quarté dans le désordre: Bruce Willis en chef de la CIA, je ne l’ai jamais vu aussi mauvais de toute sa vie d’acteur, même dans Blind Date qui était pourtant une sacrée bouse. Arnold Schwarzenegger, qui n’a toujours pas appris à parler anglais, en dépit des fonctions éminentes qu’il occupa. Chuck Norris, que nous n’allons pas accabler parce que le pauvre garçon a déjà eu sa dose et qu’on ne tire pas sur les corbillards. Et enfin Jean-Claude Van Damme, qui au milieu de ce ramassis de crevards semble touché par la grâce et passerait presque pour un acteur. C’est vous dire comme les autres en face sont mauvais, Jean Claude en devient crédible, mesuré, élégant.
Je ne me fatigue pas à vous raconter l’histoire (y a les gentils, ils vont péter la gueule aux méchants) ni à vous décortiquer les inénarrables et innombrables incohérences et aberrations du “scénario”, ça fait partie de la surprise, je ne voudrais pas gâcher. Je vous glisse quand même mes deux préférées, comme ça : le crash de l’hydravion dans une grotte à plutonium (posez pas de questions, vous allez vous faire mal à la tête) et la conclusion violente dans l’aéroport (car c’est bien connu, les terroristes internationaux et autres trafiquants d’armes acheminent leurs cargaisons sur des vols touristiques, et ils font la queue au comptoir de la compagnie aérienne comme tout le monde pour vérifier si les dimensions de leur bagage à main sont aux normes).
A souligner, le petit “plus” de ce film : The Expendables 2 a certainement le plus gros budget “bérets de berger des Landes” de toute l’histoire d’Hollywood, je soupçonne Stallone d’avoir trouvé que ça faisait super chic, la casquette en lainage, en tout cas il en a affublé toute sa troupe, au point que ça devient limite oppressant, on en vient à se demander si on n’a pas des hallucinations quand on voit tous ces abrutis coiffés d’une casquette de pépé en train de balancer de la mitraille explosive dans les tripes de tout le monde.
Je passe avec un rapide mépris sur les effets numériques indescriptibles de médiocrité crasse. Les pires jeux vidéos du début des années 2000 étaient moins mal fichus que ça.
Ce film est tellement bâclé, tellement incroyablement nul qu’il cumule une pléiade de grands moments, selon moi inoubliables et qui marqueront à jamais l’histoire du nanard au cinoche, parmi lesquels cette scène merveilleuse durant laquelle le jeune évoqué plus haut, s’étant fait arracher le coeur à coup de couteau par JCVD, nous confirme notre pronostic concernant sa survie en déclarant : “Je suis en train de mourir”. Sans blague ? Tu veux pas faire une radio, d’abord, pour vérifier, ou des analyses pendant qu’on y est ?
Il y a aussi Stallone, encore lui, qui accumule les “BRREUAARGH” à un rythme encore plus soutenu que sa marionnette aux Guignols, déclenchant à chaque fois mon inextinguible hilarité. Oh et puis il y a ces séquences incroyables où il… court, je crois, oui, je pense qu’il essaie de courir, mais je m’interroge encore, il produit un mouvement tellement … indéterminé, je ne suis pas sûre de moi. Vous me direz ce que vous en pensez.

Stallone ne court plus, il vole (notamment l’argent utilisé pour acheter votre billet de cinéma, bien trop dispendieux).
Il y a du machisme en veux-tu en voilà, des blagues d’une lourdeur telle que la cuisine de Maïté, en comparaison, c’est diététique. Le chef opérateur accompagne un réalisateur aveugle (Simon West si tu nous lis … ah ben non, tu peux pas) et un éclairagiste psychotique, il n’y a pas un plan de réussi, tout est toujours flou, ou tremblé, ou mal cadré, ou mal monté. Il y a la séquence “Paris”, filmée en studio à Burbank California, avec cette notion magnifique : les Expendables ont amené à la nouillasse de fiancée du jeunot décédé un gros paquet de pognon dans une boîte à chaussures, qu’ils laissent devant la porte de l’immeuble, dans la rue, en voilà une bonne idée ! Ca me rappelle le service Chronopost, ça! Le scénario et les dialogues, nous n’en parlerons plus. Je referme le couvercle du cercueil.
Bref, si vous êtes portés sur la raillerie joviale, foncez car The Expendables 2 est une excellente occasion de vous fendre la poire au détriment de tout un tas de gens, acteurs, techniciens, etc. Si vous avez le moral en berne et une tendance à la déprime, je vous conseillerais de passer votre chemin – car si vous considérez ce film avec sérieux pendant plus de 10 secondes, vous voudrez commettre un génocide et vous risqueriez de commencer par vous-même, ou alors de finir en prison. The Expendables 2 est un film hideux, vraiment – à vous de voir si vous pensez pouvoir en tirer le meilleur parti, auquel cas il y a matière à rigoler comme un bossu.




















