Le Capital

In a nutshell: Mme BP comes back for seconds. She’s seen a preview of Costa Gavras latest movie, Le Capital, that we should be able to see mid-November. Adapted from Stéphane Osmont’s book, the movie follows the fall of a youngish CEO (think Jean-Marie Messier) of a major European investment bank, cynically clinging to power, as an American hedge fund company tries to buy them out. It should have been biting, raw and cruel, but is unfortunately only mostly disappointing.

Une avant première du dernier film de Costa Gavras, en présence du réalisateur, c’est plutôt excitant surtout quand je me rappelle ses premiers films, que je porte au pinacle d’un cinéma puissant et politiquement engagé. Mais c’était une autre époque, la façon dont il racontait les histoires en prise avec la réalité était nouvelle. Il défendait des causes qui m’étaient chères  et même si les caractères étaient un peu trop manichéens, cela marchait bien. Autant dire que je me réjouissais de la chance que nous allions avoir de découvrir ce film, que, selon le réalisateur lui même, bien peu de gens avaient vu en dehors de quelques festivals.

Un festival Elmaleh … malheureusement peu convaincant

Le scénario est tiré d’un livre homonyme, Le Capital, écrit sous pseudonyme par un énarque caustique, Stéphane Osmont. Clin d’oeil à Marx, tout à l’intérieur de l’ouvrage tourne autour du pouvoir de l’argent. Le conseiller (Gad Elmaleh) du président (Daniel Mesguisch) de la grande banque d’investissement Phénix, est nommée C.E.O. à la place de son patron quand un AVC prive ce dernier de certaines capacités. Il est choisi malgré les réticences du conseil d’administration, parce qu’il est l’assistant du président qui pense pouvoir en faire une marionnette.  Mais ce nouveau dirigeant se révèle bientôt beaucoup moins potiche que souhaité et, bien sûr, est alors en butte à l’hostilité générale cachée de tous les membres du conseil. Il n’obtient d’aide que de l’actionnaire américain qui a une minorité de blocage (Gabriel Byrne), aide qui n’est qu’une stratégie de conquête de la banque.

Le motif du film s’effiloche rapidement et la déception croit à mesure que l’histoire se déroule. Le film collectionne tellement d’invraisemblances de caractères et de défauts de structures qu’on en vient très vite à regretter Margin Call, remarquable film sur un sujet similaire. La distribution est inconstante et le rôle principal mal tenu. Gad Elmaleh n’est pas vraiment crédible en contre emploi qui pourtant pouvait paraître à sa mesure. Autoritaire, même impérieux, il se fait pourtant manœuvrer comme le dernier des niais. Ajoutons à cette bizarrerie une énigme, Costa Gavras introduit une mannequin et prostituée (ravissante), qui séduit l’homme d’affaire et le rackette sans qu’un rapport quelconque avec l’intrigue n’apparaisse. Quelques scènes violentes de sexes y compris un viol ne nous rendent pas la situation plus claire.

Avoir le front d’être critique, c’est tout l’art de Mme BP

La démonstration sur le pouvoir de l’argent et l’attraction que celui-ci représente est extrêmement caricaturale. Tous les personnages sont au mieux manichéens et le plus souvent grotesques tant leurs traits sont grossiers. Les personnages féminins font de la figuration à l’exception notable de la jeune analyste (Céline Sallette superbe) qui, gentillle dea ex machina, finira par comprendre et expliquer la machination à son patron, ce qui lui permettra de s’en sortir. Cette dernière scène, triomphe de Gad Elmaleh, est d’ailleurs puérile et détruit sans retour les impressions  positives qu’on pouvait avoir sauvées de ce naufrage.

La salle était pleine d’amoureux de Costa Gavras, mais malgré leur admiration et le verre de champagne à la sortie, les commentaires n’étaient pas très élogieux. Du “film de trop” au “si seulement il avait eu un scénario”, on entendait surtout des commentaires navrés. Les premiers films de Costa Gavras nous incitaient à la résistance et à l’action pour un monde meilleur. Celui-ci nous fait comprendre qu’il n’y a rien à faire, que nous sommes aux mains de gens qui jouent entre eux à un jeu auquel nous ne pouvons participer quels que soient nos efforts. Jeu mortel pour nous et, finalement, pour eux aussi, celui-ci nous laisse dans l’attente désespérée  que “tout pète”, mot final énoncé par ce cynique C.E.O. dans la dernière image de ce film décevant. Triste.

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