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Happiness Therapy – The Silver Linings Playbook


Happiness-Therapy-Affiche-FranceIn a nutshell:
Little Miss Sunshine is all grown up now (Lawrence) and meets an angry yet charming troubled young bipolar man (Cooper). Will they end up together?
The suspense is killing me. A rather conventional rom-com with a hint of drama served beautifully by a stellar cast.

La comédie dramatique américaine qui fait du bruit est l’adaptation du livre de Matthew Quick, The Silver Linings Playbook, dont Sydney Pollack avait initialement acquis les droits avant que David O Russel ne reprenne le gouvernail. Heureusement Russel suit plutôt la ligne énergique, parfois non conventionnelle, aperçue dans Les Rois du Désert ou même Fighter que celle de l’atterrant I ♥ Huckabees, film qui mérite une vision ne serait-ce que pour savoir à quoi ressemble un foutoir existentiel boursouflé avec Isabelle Huppert et Dustin Hofmann. Happiness Therapy est en conséquence un cocktail plutôt vitaminé hésitant entre comédie et drame, servi par des acteurs au mieux de leur forme.

Ca guinche

Et la forme, ça se maintient.

Pat Soletano (Bradley Cooper très juste porte le film sur ses épaules) sort d’un hôpital psychiatrique où il a dû passer huit mois après avoir tabassé très brutalement l’amant de sa femme, et sans surprise celle-ci ne souhaite désormais plus le voir. Sous l’illusion qu’elle ne veut que lui, il bout de n’avoir pas le droit de communiquer avec elle, d’être coincé chez ses parents (Robert De Niro et Jacki Weaver), de ne savoir que faire de ses dix doigts. Une rencontre inopinée avec une très jeune veuve voisine (Jennifer Lawrence), dont l’état mental est aussi tumultueux que le sien, va les faire avancer et les aider à surmonter leurs crises respectives.

Après un prologue assez original, dénonçant avec une légère complaisance la culture du succès et les antiennes de la vie amoureuse états-unienne, le film finit par se précipiter dans le modèle des plus conventionnelles comédies romantiques américaines, ce qui n’est pas, en soi, désagréable, mais qui transforme une oeuvre qui promettait d’être marquante en une aimable distraction pour samedi soir pluvieux.

Une mise au point énergique s'impose

Aimable, distrayant et parfois ébouriffé

Très belle illustration de ce qu’une distribution affutée peut faire d’un scénario sans génie, et une mise-en scène un rien pataude (les scènes de danse sont filmées à la truelle) Happiness Therapy fait ressortir le talent, et parfois même la grâce des premiers et seconds rôles, certains, tel Robert De Niro, réussissant à émouvoir et convaincre pour la première fois depuis bien longtemps. On s’attache aux personnages car le charisme de Cooper et l’énergie mutine de Lawrence séduisent en dépit de situations de plus en plus factices. On retiendra qu’aujourd’hui aux Etats-Unis, le mal-être est désormais qualifié de “troubles bipolaires”, que la douleur d’un veuvage excuse les liaisons multiples et un parfum de bisexualité, et enfin que le sac poubelle peut être un jogging seyant. Bref, Happiness Therapy est inoffensif et gentiment plaisant.

affiche-Happiness-Therapy-Silver-Linings-Playbook-2012-3En résumé : Une comédie romantique avec des aspects très réussis, qui traite de la maladie mentale sans trop se casser la figure, mais qui n’ose pas réellement prendre son envol non plus. 

The Silver Linings Playbook, an adaptation of the novel by Matthew Quick, gets off to a punchy start. Pat Soletano (Bradley Cooper), a former teacher in his mid-thirties, is about to be discharged from a long-haul stint in a psychiatric hospital, where he’s been in treatment after the sudden breakdown of his marriage. It’s lucky, albeit embarrassing, for him to be taken back to his family home, to his old childhood bedroom, and the care of his parents, Pat Sr (Robert de Niro) and Delores (Jackie Weaver). His sole obsession is to get his wife Nikki back, but as he’s regularly reminded, the outcome of him having severely battered the man he’d discovered canoodling with his wife in the shower to the dulcet tones of their wedding song, is that he is now under a restraining order.

Keeping nervous watch

Keeping nervous watch

Pat is then introduced to Tiffany (Jennifer Lawrence), a very young widow who promises that she can get a message to his wife despite the restraining order and whatnot. This proves the only way to get through to Pat in that delusional-obsessional mode of his which so troubles his family, who just want to do all they can to keep him out of hospital, with the help of his amiable psychiatrist, Cliff Patel (Anupam Kher). This is a tough call, as Pat is often inappropriate and aggressive while in the throes of his obsession, with tragi-comic outcomes. This is all kept within pretty mellow limits however, which helps to keep the rom com vibe going, as well as the audience’s sympathy for Cooper’s character. One of the most talked-about moments is a scene where he comes to blows with his father, who is trying to restrain him. De Niro’s subsequent tears are evidently real, as with the interviews he’s given where he has said he understands only too well what the character he plays is going through.

Scissors, paper, STONE!!

Scissors, paper, STONE!!

Such sincerity is undoubtedly one of the film’s strengths. It tackles the issue of workaday mental illness in open, playful yet sympathetic ways that just wouldn’t have been possible until recently. This is perhaps a side-effect of the tendency of bipolar order to be liberally diagnosed nowadays, not least in the States, in all shapes and sizes ranging from ‘my child likes to run around a lot screaming’ to ‘this person thinks he is the Son of God and won’t stop dashing around the shopping mall naked trying to bless people’. Taboos are getting pushed back (although it’s still pretty delicate). One of the ways this is happening is through the condition’s association with a certain moody romantic poet persona, which is incidentally not unreasonable: did you know (yes, of course you did) that greatly talented individuals over history are widely cited as having suffered from manic depression, sorry, bipolar disorder: Virginia Wolf, Winston Churchill et al. The film props this one up, associating Pat with the complex, troubled, artistic, rebellious Tiffany.

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Sturm und Drang suburban style

The warm fuzzy factor equally derives from its insistence on community and on taking people as you find them, providing an environment where recovery can best come about. Such things are often catastrophically lacking in society with the break-up of communities in this global capitalist set up we are currently labouring under. So I give props to the message, albeit while reeling from the sentimental overload that emerges, as the rom com cookie cutter slices down. More provocative comedy would have been welcome – more use could have been made of absurdity – it is there, not least thanks to Chris Tucker who keeps popping up as a fellow psychiatric patient.  Sadly as the film progresses, the punch factor starts to wilt somewhat, and the film gradually subsides into a tamer rom-com template, albeit with excellent comic touches.But it should have gone further, been braver still. Oh well.

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The Last Stand – Le Dernier Rempart

120X160 Rempart CIn a nutshell: Undemanding entertainment, the movie gives in enthusiasm what it somehow lacks in originality. A bit disappointing for a Kim Jee-Woon film, a blast for a Schwarzenegger movie. Silly, at times  clumsy, but overall good solid fun.

Miss J. n’ayant que peu de libertés ces dernières semaines – le culot du monde professionnel à vous dévorer vos instants de loisirs – , il ne me restait plus qu’à trouver des films qui l’intéresseraient moins, la tenteraient peu, soyons clairs, qu’elle ne voudrait voir que si le sort du monde en dépendait, et elle n’y irait d’ailleurs qu’en soupirant. J’ai commencé par Django unchained mais la novella de ma camarade Mlle L vous aura certainement suffi, d’autant plus que même si mon avis est bien plus modéré que le sien (j’ai beaucoup aimé la première heure, à l’instar de M. JMS je trouve le personnage de Samuel L. Jackson intéressant), je la rejoins beaucoup sur ses critiques de la seconde moitié de cet opus tarantinien bancal. On s’approche de très près du combat de trop pour reprendre la métaphore du réalisateur agressif et doué que vous trouverez en fin d’extrait (à partir de 7min.36) ici.

Revenons à nos pieds nickelés

Revenons à notre (soupir) dernier rempart

Accompagné d’une amie tout comme moi amateur (amatrice?) de réalisateurs coréens, de pétaradantes absurdités, d’explosions et d’action heros sur le retour, j’ai choisi après le sanglant Tarantino d’aller découvrir le septième mais premier film américain de l’excellent Kim Jee-Woon, dont, entre autres, Le Bon, la Brute et le Cinglé m’avait ravi (ça, incidemment, c’était ce que Django aurait dû être). Le Dernier Rempart n’est pas à la hauteur de ses réalisations précédentes, mais l’enthousiasme de chacun rend cette série B modeste regardable, mieux même, très divertissante.

L’histoire est d’une simplicité digne des productions d’action des années 1980, c’est à dire étique : un baron de la drogue (parfait Eduardo Noriega) s’évade, le FBI est – ici, littéralement – dépassé, quelques outsiders, le vieux shérif Schwarzenegger (déjà 65 ans) et ses adjoints sont les seuls à pouvoir s’opposer à ce que lui et ses hommes traversent la frontière mexicaine et échappent ainsi à toute poursuite de la justice de l’Oncle Sam (la “Justice”, quoi, c’est un film américain). Je ne vous cacherai pas que cela va flinguer à tout va.

Et ça, ce sont les "petits" calibres

Et ça, ce sont les “petits” calibres

Entre Rio Bravo de Hawks et Assaut de Carpenter, mais en moins sérieux, toute la distribution s’en donne à coeur joie et n’hésite pas à en faire beaucoup. Avec intelligence, le réalisateur et son équipe de scénaristes (c’est malgré tout toujours un peu triste de voir qu’ils s’y mettent à plusieurs pour ce genre de résultat) ne se montrent pas dupes des clichés de ce type de production, respectent leurs spectateurs en leur donnant ce qu’ils attendent et parfois même un peu plus, et prennent surtout en considération l’âge de ce brave Schwarzie … si l’homme est frappé, il a bien du mal à se relever.

Efficace, distrayant et gratuitement violent mais c’est un peu le but, on perçoit même une réflexion nostalgique sur le destin de Schwarzenegger dont le personnage prononce des répliques souvent drôles (“L.A.’s not all that you think it is” ou encore “You make us immigrants look bad” ) parce que le spectateur croit plus en l’acteur qu’à son interprétation. On sort donc de salle diverti et, oserais-je le dire, curieux de connaître le prochain film de l’ex Gouvernator. De quoi se laisser tenter.

1029468-affiche-officielle-du-dernier-rempart-620x0-1En résumé : Je ne saurais vous dire, ne l’ayant point vu … mais croyez moi cela ne me manque guère. A très vite, pour une critique peut-être moins testostéronée.

I know, it’s been a while; I haven’t seen this one, but couldn’t bring myself to go and watch it. The last movie I reviewed on my own for this blog was Haneke’s Amour … it should give you a clue about my tastes for violent action packed limbs flying around Schwarzenegger flick. But do believe me when I say this: I’ll be back. And soon too.

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Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
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Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
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Votre regret : Amour de Michael Haneke
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Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
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1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
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Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
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Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

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killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson - brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor - an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg - Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck - real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg - a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden - heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
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Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry - truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay RoachWill Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
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I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

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De l’autre côté du périph

autre-cote-du-periphIn a nutshell: Not Lethal Weapon or Beverly Hill’s Cop, but an ok buddy movie with a few laughs and a lot of smiles. Next time they might even have a decent scenario … anyhow, Sy and Lafitte make a very nice duo.

Comment est-ce que ma résolution pour aller voir Tabou au cinéma s’est transformée en découverte de De l’autre côté du périph est à la fois une énigme et une preuve que si ma volonté est de fer, celui-ci rouille.

Réalisé par David Charhon qui jusqu’alors ne s’était pas illustré dans ce qu’il y a de mieux – Cyprien pas le talentueux humoriste et vidéaste, celui avec Elie Semoun -, on pouvait douter des talents du réalisateur et sur le fait que jamais nous ne nous accorderions sur ce qu’est un “bon” film “drôle”.   Je suis malgré tout d’assez mauvaise foi car je n’ai vu de Cyprien que la bande annonce, mais vous admettrez que … Bref, De l’autre côté du périph partait avec un handicap.

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est "Intouchable" ici!

Un handicap!? Insolent! Je vais te montrer qui est “Intouchable” ici!

Et bien, un peu comme dans ce film, foin du suspense, la sauce est bonne, manque la blanquette. A défaut de scénario et d’une certaine cohérence dans la mise-en-scène, De l’autre côté du périph offre à deux excellents acteurs (Omar Sy et un exceptionnel Laurent Lafitte) la possibilité d’exprimer tout leur talent comique. Ainsi, se calquant ouvertement sur les classiques de la comédie d’action policière et du buddy movie des années 1980 (Le Professionnel et Le flic de Beverly Hills, ou dans une moindre mesure le Marginal et l’Arme fatale), Charhon permet à deux caractères opposés, le bourgeois parisien, Lafitte, et Sy, le banlieusard du 9-3, de se détester, se charier, puis de s’apprécier, le tout en résolvant un meurtre crapuleux.

Les amateurs du genre remarqueront l’alchimie efficace entre les deux têtes d’affiche, mais surtout se divertiront. Le plaisir est éphémère, mais il est bien présent et à défaut d’une intrigue solide et d’une fin convenable quelques scènes réjouiront.

afficheperiphEn résumé : Omar Sy et Laurent Lafitte forment un duo de policiers dans un film comique d’action moins que remarquable, mais qui se laisse regarder avec plaisir grâce au grand talent de ses comédiens.

After Les Intouchables, Omar Sy is back with a new banlieue vs chichi Paris flick, David Charhon’s action comedy De l’Autre côté du périph. He plays Ousmane Diakhaté, a banlieusard policeman who’s convinced he’s uncovering the political and business corruption scoop of the decade. Armed with a camera and a death wish, he’s all over the case when the corpse of the wife of a French business bigwig is discovered right in his beat in Bobigny.

But the investigation of crimes of such magnitude gravitates straight to the flashy police units of Paris, which is where greasy pole careerist, womanising François Monge (Laurent Lafitte) comes in. And it’s hard to not to notice him, after a first scene where he demonstrates how to kill dead, and move on from, a flourishing relationship in thirty seconds flat (don’t try this at home?) Monge holds his nose as he heads to Bobigny in the hope of wrapping up the murder case by the evening, his mind firmly fixed on imminent promotion. Sy bounds up, armed with camera and copious rolls of velcro, latches on and Monge finds himself lumbered with an investigative partner whose methods look almost certain to scupper his quest not only for promotion, but continued employment of any form.

Has François Monge had his chips?

Has François Monge had his chips?

I’m glad to be able to report on this film at all, as for the first five minutes or so I wasn’t sure I was going to be able to make it through the screening. Nothing to do with Sy and co, but UGC Les Halles seemed to have decided that early onset deafness was the way forward for the hoards hardy enough to attend a screening in Salle 23 of their multiplex. I think jet planes taking off have a lower decibel count than the volume they’d gone for – even Lafitte’s seductive whispers to any woman foolhardy enough to get within striking distance of him came over as the roar of a pack of testy lions.

Anyway, I hung in there, grew used to the growing numbness in my ear canals, and noted that while the ensemble does not hang together terribly well – incoherent doesn’t begin to cover it at times – the whole thing is dripping with well-constructed gags, sparks flying thanks to the huge comic talents of both its stars. It waltzes fairly elegantly with the clichés it deals in, rather than sumo wrestling them for hours to the sounds of grunting and squishy flesh colliding. It’s no masterpiece and lacks narrative depth on pretty much all sides, but I had an excellent time.

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C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule

En résumé : Un titre piteux, un film “consternant, aux situations comiques affligeantes” (selon le Nouvel Obs’), bref un nanard à réhabiliter : Mlle L. répond présente, et royale, mieux napoléonienne, déferle sur le 3 buck dvd corner comme les grognards sur le Prussien. C’est beau comme Austerlitz, même si le film est plus un Waterloo (water? – loo?, c’est approprié m’indique Miss J.) qu’un Marengo. Engagez-vous qu’ils disaient … par ici.

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In a nutshell: Are 3 € too much money for a 1975 French comedy mostly located in one of Paris’s railroad-station’s loo? Certainly not writes Mlle L. The actors’ talent is enough to leave you entertained and happy with this charming farce. Low-key but worth a look.

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Le Téléphone Sonne Toujours Deux Fois !!

En résumé : Mlle L. en savait plus que les autres et les autres en savaient moins qu’elle. Elle décida en conséquence, et toujours aussi entière, de porter aux nues le premier film des Inconnus quand ceux-ci l’étaient vraiment et ne portaient pas encore ce nom (suivez car cela ne deviendra pas plus simple). En chemin, elle se désole du peu de succès de cet opus (à l’instar de Jonathan Lambert, vous verrez cela et la critique de Mlle L. ici) et de la réussite d’autres films qu’elle (et elle seule) estime moins dignes de louanges, comme, tenez, La Cité de la Peur. J’en connais une qui va recevoir du courrier …

Mlle L. (inspirée par Marc Elbichon) : Vous savez, les critiques de cinéma officiels sont aussi efficaces devant cette affaire qu’une cuillère à soupe devant un bon bifteck.
Un lecteur lambda (inspiré par Annabella) : Et vous êtes le couteau?
Mlle L. : Oui… Le couteau, oui c’est ça.
Un lecteur lambda : Ça tombe mal je ne mange que de la viande hachée.

TST2F

In a nutshell: To start 2013, Mlle L. remembers 1985 and a relatively forgotten French comedy, a spoof of a thriller, The Phone always rings twice. I don’t believe it was ever dubbed or subtitled in English, quite the loss if you believe Mlle L. You can be the judge of it as you’ll find the movie online at the end of the review. Happy New Year!

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Astérix et Obélix au service de sa Majesté

In a nutshell: It is the week of “take your daughter to work”, since I don’t have any, I’m forced to be creative and had to coerce Monsieur J.M. to lend us his daughter for the blog, the young and charming Miss Juju. We are very proud to publish her first review, followed by her father’s. Miss J’s and mine are below … 4 critics for Asterix n°4! We do spoil you.

Une fois n’est pas coutûme, nous serons 4 à chroniquer un film. Ce sera la jeune et déjà critique Miss Juju qui partagera la première son avis sur Astérix et Obélix au service de sa Majesté, elle sera suivie de son père, Monsieur J.M. puis de quelques mots de Miss J. et moi-même. On ne pourra pas dire qu’on ne vous aura pas gâté.

Les dames et les jeunes filles d’abord …

A vous, Miss Juju :

J’ai vu Astérix (le 4, avec les Bretons et les Normands), c’est le premier que je vois et le film ne m’a pas beaucoup plu. Je n’ai pas trop aimé les gags car je les sentais venir. Les personnages d’Astérix et Obélix ne m’ont pas paru très réussis. Je ne trouve pas Astérix (Edouard Baer) très gentil avec son copain ; j’aurais préféré qu’il soit plus rigolo, et qu’Obélix (Gérard Depardieu) et lui s’adorent tout le temps. J’ai compris certaines allusions pour un public plus âgé, comme quoi ils seraient homos, je n’en ai pas beaucoup vu l’intérêt. Obélix, lui, est “chochotte” avec ses sentiments : c’est exagéré et je n’ai pas ri. Il n’y a que la fin qui m’a vraiment intéressée, quand ils ont commencé à se battre contre les Romains. A ce moment seulement, il y avait de l’ambiance. Mon gag préféré est celui, inattendu, de Pindépis (Atmen Kelif) à la fin ; il dit quand la Reine des Bretons (Catherine Deneuve) demande ce qu’il y a dans la potion magique : “C’est une plante très répandue chez moi : le thé.”

A défaut d’Astérix, Miss Juju sera-t-elle séduite par Goudurix? (réponse plus bas)

Je ne peux pas comparer avec les bandes dessinées puisque je ne les ai pas lues. Mais le film, en lui-même promettait, cela aurait même pu être très bien, mais il n’y avait pas d’action. Les gags étaient mal placés : le gag avec “JC” où les initiales sont celles de Jules César (Fabrice Luchini) aurait pu convenir à une grande scène devant une assemblée, pas une conversation privée avec Astérix. Devant tout le monde, on aurait mieux vu son côté mégalo. J’imaginais Jules César comme un empereur méchant, vraiment cruel ; là, il est surtout bête, stupide et idiot (je sais que les trois mots veulent dire la même chose, mais pour moi, il y a des nuances). On peut être méchant et faire rire, plus dur quand on est idiot.

Mon personnage préféré c’est un peu le chien, Idéfix (qu’on ne voit pas beaucoup, mais pour lequel j’ai de la tendresse), et beaucoup Goudurix (Vincent Lacoste) : il casse complètement l’ambiance avec ses airs de jeune adolecent et ce qu’il dit est plutôt juste. Quand il dit qu’un homme n’est pas qu’une brute épaisse, qu’il peut aussi exprimer des sentiments, c’est vrai ; ce sont des paroles de séducteur, mais c’est bien que quelqu’un de son âge le dise.

Après Clint Eastwood et la chaise vide d’Obama, Miss Juju et M. J.M. avec les chaises vides d’Astérix … plus qu’un instant critique, une politique.

Hi Miss J. M. D. and hello to you all numerous readers of Franglaisreview,

Je ne saurais donner totalement tort à ma fille. J’ai trouvé ça pas terrible du tout, mais pas affligeant : très fade. J’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser au film, tant l’ensemble est laid : les effets numériques sont lourds, les couleurs sont plates, il n’y a quasiment aucun effet d’éclairage, aucune couleur ne tranche vraiment, sauf un vert synthétique, de gazon en plastique. On est d’emblée dans le pire de l’esthétique télévisuelle, moins le grotesque.

Peut-être surtout que le film n’est emmené par rien : la recherche du tonneau est une recherche comme une autre, je n’en attends pas un saint Graal, mais au moins un axe, une dynamique. Tout se dégonfle très vite. La mise en scène de Tirard est simple, modeste, mais à force de modestie, elle éteint tout. Pourquoi ne pas laisser les combats dans l’ellipse (comme pour la scène de la taverne, la meilleure du film, à mon sens) ?

Comment ça “dégonflés”?

Cela fonctionne une fois, mais tous les acteurs sont réduits à une seule expression, un seul tic, un geste ou un accent. A ce jeu, Guillaume Gallienne tire son épingle du jeu, faisant très bien et avec constance la seule chose qu’on attend de lui, mais les autres ne sont pas dirigés, ils se contentent de justifier leur présence au casting, entre l’autoparodie (Luchini, Baer) et l’abattage personnel (Depardieu, un peu Lemercier, un peu Deneuve). Alors rien n’avance, et les héros gaulois n’existent qu’à la périphérie, dans des scènes parenthèses (Astérix draguant au pub, par exemple).

Je n’ai vu que l’Astérix de Chabat, mais dans mon souvenir, il s’appuyait sur des genres, des ruptures de ton : un morceau à la James Brown, l’intégration de l’humour Canal dans l’humour de Goscinny ; bref, il y avait du spectacle, de l’accélération, et pas seulement de mauvais jeux de mots. Là, ce qui m’étonne, c’est le bavardage continuel du film, qui s’épuise à enregistrer des accents, des afféteries de ton, bref un côté Guitry, étrange, mais rarement travaillé comme tel.

Pas étonnant que je garde en tête l’expression de sanglier bouilli, et que je ne retiens pas l’odeur piquante de la menthe.

En résumé : Chez les Bretons, on mange mal, il pleut, et on mélange sa syntaxe, n’est-il pas, Obélix? Que les clichés commencent! (Mais ce film se laisse voir quand même).

First and foremost, I was really relieved that this latest cinematic installation of Asterix was not a steaming pile of British boiled cabbage – unlike the fiasco that was Asterix at the Olympic Games. We were lucky enough to see this new release as a – oh lala we’re late writing this up – preview at the Dinard British Film Festival back in early October. The pretext for screening a French production at the festival being that at least half the scenario is lifted from Asterix in Britain (and the other half from Asterix and the Vikings, but who’s nit-picking).

I was very excited to see Valérie Lemercier in the flesh for a brief pre-screening smile-and-wave session, and even more excited to have got a seat in the cinema without having to queue for two hours – an increasing luxury at Dinard. Plot-wise Asterix and Obelix head over to Britain to help out a rebel village against the Romans. They need to get a huge barrel of magic potion through to them before the Brits are defeated by their own rigid tea-time break schedules. It’s a quaint medley of musty British stereotypes conveyed with such gusto and – I’d like to think – affection, that it makes for a chipper, colourful watch, relatively devoid of the crashingly badly thought out cheesiness of the previous Asterix film. Wot wot? (eh?)

Galopons vers la dernière critique, vous avez été remarquablement attentifs ! Une bière chaude ?

Dinard pour nous c’était aussi une avant-première, celle d’Astérix avec une évocation de la taverne du Rieur Sanglier et le plaisir d’apercevoir Guillaume Gallienne et Valérie Lemercier dont la bienveillance et l’humour ont séduit la salle entière. Plutôt que de rapporter nos avis immédiatement ce que feraient deux bloggers sérieux nous avons préféré procrastiner.

Le nouveau film de Laurent Tirard est de la tête et des épaules au dessus de la catastrophe, que dis-je de la lavasse indigne et accablante qu’était le précédent, Astérix aux Jeux Olympiques, néanmoins inférieur à l’excellent film d’Alain Chabat, Astérix et Cléopâtre. Les critiques de Miss Juju et son père soulignent bien les faiblesses de ce film, très plat pour un public adulte et peut-être insuffisamment rythmé pour un public plus jeune, certainement peu sensible aux références cinématographiques, sociales ou (très discrètement) sexuelles insérées dans ce quatrième opus.

Une belle référence à moustache

Fidèles à l’esprit des deux albums – chez les Bretons, Et les Normands -, les co-scénaristes Tirard et Vigneron n’arrivent cependant pas à les marier convenablement tant ils tentent plus qu’à leur tour coiffer une théière d’un casque à cornes. Mais la sévérité de Monsieur J.M. m’apparait plus aigüe que celle que le film mérite. La distribution est solide, et à l’exception de Pindépis (Atmen Kelif grimé en Chanteur de Jazz hindou…) qui m’a mis mal à l’aise tout le long du film – amis colonialistes bonjour -, les acteurs sont bien choisis et plaisants à suivre. Edouard Baer est un Astérix très convaincant, et Gallienne, Luchini, Boon ou Lemercier ont l’abattage suffisant pour faire sourire quelle que soit la circonstance et l’alchimie qui les lient fonctionne.

Bon enfant, familiale, la comédie n’enchante pas mais ne dérange pas non plus, elle convient. Peu audacieuse, elle offre quelques instants sympathiques et drôles et retransmet bien l’affection taquine que nous pouvons avoir pour nos voisins britanniques. Un peu plus de dramaturgie et une mise en scène moins sage ne nuiraient pas à la suite des aventures du petit Gaulois, mais Laurent Tirard, après Le Petit Nicolas, démontre que s’il comprend plutôt bien l’humour de Goscinny, a bien du mal à l’exploiter complètement et à sortir de l’aseptisé et du naïf, espérons pour lui qu’il finira par découvrir sa propre potion magique.

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Robot and Frank

In a nutshell: A sweet story about old age and forgetfulness, also with a robot.

Pour un premier film, Jake Schreier réussit un joli exploit : composer un film amusant, intelligent et sensible, sans prétention particulière. Cette modestie de bon aloi permet d’éviter le mélodrame pourtant tentant, et de pardonner le manque de souffle d’une histoire très classique où un vieil acariâtre est gentiment apprivoisé par un chien/un chat/un enfant (vérifiez le catalogue Disney) qui lui redonnera le goût de vivre et de partager. L’originalité tient ici à ce que le protagoniste est un robot ce qui permet à Schreier (et son scénariste Christopher Ford) de développer en filigrane une réflexion sur la robotisation et l’informatisation de notre intimité tout en se concentrant sur la question de la mémoire et de la réalité des sentiments qui se retrouvent au coeur du film.

Il a encore oublié le chocolat …

En effet, Frank (Frank Langella superbe comme toujours), monte-en-l’air vieillissant, est atteint de la maladie d’Alzheimer ce qui pousse son fils (James Marsden) à lui offrir un robot (voix de Peter Sarsgaard) qui s’occupera de lui et de sa maison. Très rétif, Frank finira par apprécier, mieux, aimer son petit camarade travailleur (après tout, c’est ce que signifie “robot”) dont la franchise soulignée par le titre (Robot and Frank peut signifier “Robot et Frank” et “Robot et sincère” en anglais) le séduit.

Film attendrissant, à l’encontre des clichés américains sur une robotique menaçante (pensez Terminator ou même Moi, Robot), M. Schreier choisit une philosophie nippone où les robots sont plutôt de précieux soutiens. La fable, rafraichissante et charmante, et la solidité de la distribution (comment ai-je pu attendre jusqu’à ce dernier paragraphe pour citer Susan Sarandon ?) devrait vous offrir un moment passager, volatile mais plaisant de douceur souriante, un rien mélancolique.

En résumé : Un film original, doucement comique et un brin mélancolique sur les relations entre un patient d’Alzheimer et son robot aide-soignant. Ca aurait pu être casse-gueule, mais ça marche. 

First-time director Jake Schreier’s Robot and Frank is set in a near future where meticulously programmed robots offer top notch care for the elderly. Frank (Frank Langella) suffers from Alzheimers and is given just such a robot by his harried son Hunter (James Marsden). As a reluctantly retired lifelong heist-master, Frank is initially grumpy about his new companion, but brightens considerably when he realises a glitch in its programming makes it the perfect robbery accomplice. 

“This outing is clearly very good for your hand-eye motor coordination skills, Frank”.

The ensuing story is gently comical, touching and quite thought-provoking too. In many ways the robot is able to offer ‘pure love’ to Frank – its programing is such that its every action is designed to further his ward’s wellbeing. When Frank’s well intentioned daughter Madison (Liv Tyler) tries to step in and offer a ‘human’ touch, it’s quickly clear how much more flawed the care she has to offer is. Frank quickly relates to his robot in a way that outshines all his existing relationships.  As an audience you’re invited along with that identification process.

There are strong performances all round, and while there’s nothing quite earth shattering on offer, it had a very decent backbone to it, numerous twists of originality, and more than enough to leave a lump in your throat without having you heaving with nausea in the wake of an overdose of melodrama. More than worth a watch!

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Camille redouble

In a nutshell: Camille rewinds is a very charming and delicate remake of Coppola’s Peggy Sue got married. Lvovsky proves to be a stellar actress and a very decent director. She delivers in her sweet sort of anti-nostalgia flick a very pleasant, though ephemeral filmic experience. 

Peggy Sue s’est mariée et Coppola serait sûrement fier de ce remake français (s’il était avoué) où la charmante et talentueuse Noémie Lvovsky reprend fidèlement, malgré ses dénégations pitoyables et certainement liées à des questions de droits non réglés, le classique américain pour l’adapter à la France contemporaine. La Saint Sylvestre est l’occasion pour Camille (Lvovsky) de noyer son chagrin dans l’alcool : sa vie professionnelle de comédienne au rabais ne la satisfait plus et sa vie personnelle est pire encore, son mari et seul amour (Samir Guesmi) la quitte pour une jeunesse, fatigué de ses ivresses et de son sale caractère. Imbibée, elle s’effondre pour se réveiller à l’hôpital 25 ans plus tôt, en 1985 (tiens, tiens, mais en quelle année Peggy Sue fut réalisé ?) ; elle a 16 ans, du moins c’est ainsi que les gens la perçoivent … commencent alors une émouvante exploration de son adolescence, de ses codes, de ses expériences, et la réalisation de l’ineluctable au coeur de son passé.

Ecce homo : tellement ineluctable que cela en devient nietzschéen

Inégal – le générique est l’un des plus beaux vus ces dernières années, tandis que la dernière demi-heure patine -, Camille redouble fonctionne néanmoins très bien et retranscrit admirablement les émotions de cette nouvelle adolescence entre dévoilement et nostalgie revisitée. Servis par des dialogues malins, les acteurs s’en donnent à coeur joie et étincellent autour d’une superbe Lvovsky, crédible à 40 ans comme à 16 : Michel Vuillermoz et Yolande Moreau, en parents aimants et dépassés, sont par exemple absolument merveilleux, les copines adolescentes caricaturales mais attrayantes et Vincent Lacoste dans un rôle à contre-emploi tout à fait amusant. Frais et touchant, Camille redouble divertit beaucoup et fait réfléchir un peu ; bref, c’est un film qu’on voit sans déplaisir et qu’on oublie sans effort.

En résumé : Vous avez envie de (re)vivre les années 1980 le temps d’une comédie romantique ? Je vous conseille sans hésitation cette oeuvre, où Camille a la grande surprise de se réveiller à nouveau adolescente, avec toute la nostalgie qui vient avec.  

Camille redouble directed by and starring  Noémie Lvovsky, is a conscientious and eminently watchable homage to the 1985 romantic comedy Peggy Sue Got Married. She plays forty-something Camille, who has a taste for the tipple, a sputtering career as an actress, and monumental relationship problems. After a particularly heavy bender of a new year’s eve party, she wakes up to find herself back in… 1985, just at the time she first met the source of her future miserable couplehood.

Those were the days

There’s of course a lot of time simply spent touching her parents’ faces in starry-eyed wonder, which of course spooks them. But Camille quickly settles back into teenage life and is able to make some significant adjustments to her current ways of seeing her life. Before this all starts to sound a tad heavy-going, it’s leavened with plenty of nostalgia comedy courtesy of the 1985 time travel, and some excellent supporting acting in the form of Camille’s high school friends. Camille’s ‘savvy-40 year-old-in-a-teenager’s-body’ is put to good comic effect, too, especially in terms of her latterly acquired sexual assertiveness in a world populated by gawky and self-conscious adolescent boys.

She can’t mean us, we’re smooth as…. Hurhur

It also works very well that Camille remains her 40-year-old self post time travel. No one seems to notice, but she is indeed still forty. She maintains a degree of tender, ironic detachment from her teenage life, and this is used well for humorous leverage. That said, the film’s not devoid of its slow patches and it is often saved by gags from the sidelines – Camille’s histrionic, wild-haired drama teacher is a particularly rich source of these. The end wilts somewhat, but the aftertaste is a good one – and Lvovsky is on fine form, pulling off what has proven to be one of the clear hits of the 2012 rentrée.

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The We and the I

In a nutshell: A bunch of mostly unpleasant teenagers drive back from school in a never-ending bus trip. Crass and without empathy (Big Brother meets an ants’ farm on wheels), The We and the I led me to want it to end as a remake of Speed, with a small difference, very quickly the bus should have blown up. Michel Gondry’s worst movie so far (and he should be ashamed). 

Parfois Mlle L. se lance dans des diatribes enflammées, Miss J, moins atrabilaire fera plutôt preuve d’une ironie mordante ou se montrera boudeuse, c’est à mon tour d’exprimer ma colère, ce film me déplait. Il m’horripile. Exercice de style profondément agaçant, Michel Gondry fait un film animalier dans un lieu clos, un bus, qui ramène chez eux des adolescents du Bronx lors de leur dernier jour d’école. A noter d’ailleurs que ce doit être le parcours de bus le plus long du monde puisque la nuit finira par tomber, s’installer et s’étendre – j’ai été surpris qu’il n’ ait pas eu de plein à faire tant il fallut rouler. Le concept d’école de proximité a apparemment, dans le Bronx, un bel avenir devant lui.

Pour traverser le Bronx en bus, comptez trois semaines.

Manquant singulièrement d’empathie, Gondry nous présente une galerie de personnages, tous plus tristement communs les uns que les autres, tous sans épaisseur ni attrait, on aurait des singes, des limaces ou des dauphins que le résultat aurait été le même. Mieux même, car on ne peut pas accuser un dauphin de banalité. Car loin de nous mener à aimer ses protagonistes, il nous les présente en les désincarnant, les transformant en marionnettes bouffonnes, utilisant notamment de petits clips bricolés “à la Gondry” capillotractés. On ne peut donc s’empêcher de se foutre éperdument des états d’âme de (pardonnez les termes mais c’est ce dont il s’agit) la petite pétasse ou de la racaille bornée qui, en fait, aurait sensibilité, intelligence et coeur. J’ai vu plus de finesse dans n’importe quel feuilleton pour adolescents (prenez le teen drama que vous préférez) et plus de compassion dans le Loft, ou chez feu Delarue.

Logorrhéique plutôt que bavard, le film n’a même pas le courage de sa vacuité et se drape dans un discours socio-philosophique fumeux voulant qu’en groupe, l’adolescent (généralisons à l’être humain) hésite entre le sauvage et le crétin en groupe (The We) alors qu’il se révèle profond, réfléchi et doux une fois rendu à la solitude (The I). Mais Gondry fait surtout remarquer sa fascination pour les brutes (le bully) et admire incivilités et abrutis braillards. Cette attirance se remarquait déjà dans Le Frelon Vert et son attraction pour le personnage de Seth Rogen mais ici elle se manifeste douloureusement pour le spectateur à qui l’on impose la vulgarité bonhomme des jeunes et cruels caïds du fond du bus.

Car derrière le bouffon, il y a l’homme !

Chapitré, le film, sans scénario, dérive de l’agitation grossière (première partie) au pitoyable (troisième partie), en passant par le didactique (les adolescents ont des sentiments et peuvent être éprouvés par la vie – harcèlement sexuel, tromperie, solitude, incompréhension, abandon … – ; faites-moi sauter ce bus qu’on abrège leurs souffrances et les miennes). Pour séduire le gogo, Gondry joue sur la forme et inclut, malin, vidéos de YouTube, ping-pong de textos, moments volontairement burlesques et, donc, trucages bricolos, tout en revendiquant un esprit presque documentaire puisque tous ses acteurs sont amateurs et faisaient partie du même lycée. Ah, si Pialat était un hipster … Foutaises et artifices, seule la bande originale, très hip hop, est d’un intérêt mineur.

Pour l’exprimer autrement, ce croquis social sonne faux, pire, je le trouve même insultant pour ses protagonistes. Je nourris en conséquence de grande crainte pour la suite (L’Ecume des Jours avec Duris et Tautou, dois-je en dire plus …). Soyez sympa, M. Gondry, rembobinez et offrez-nous à nouveau du soleil plein la tête plutôt que de la … plutôt que ça !

En résumé :Le Oui ?! et le Aïe !!” Ce huit clos de Michel Gondry dans un bus plein d’ados désagréables ne vaut vraiment pas le détour.

The only thing this film gives to understand for sure is that director Michel Gondry has lost the plot, while taking a bus full of spectacularly annoying US high school students from the Bronx along for the ride. I had put my faith in the power of the Eternal Sunshine effect – that film was so good I’d hate to miss another pearl from Gondry – but alas, that hope was dashed. (Again. To a worse extent than last time time. Cf The Green Hornet).

“If I pull my hood right over, maybe no one will ever spot me in this terrible excuse for a film…”

In terms of content, it was both nasty and dull. Monsieur D was besides himself, and so was I, right beside him (taking up more than our fair share of seats). The trailer already gave some cause for concern, threatening a feature-length huit clos in a bus full of exceptionally moronic high schoolers traveling the 3000 miles it apparently takes to get home from school when you live in the Bronx. These are highly authentic teenagers, using actual YouTube clips of them doing hilarious things like slipping on parquets, complete with a never-acted-much-before-and-it-shows cast.

The ‘deep’ part? The teenagers are usually a lot nicer as individuals than they are when they hang with their homies. In the latter case, they do things like throw yoghurt in old ladies’ faces, making out that it’s their own jizzum. On their own, they look like someone took their batteries out and are therefore slightly less insufferable. End of newsflash. A downmarket Lord of the Flies with Ipods pretty much sums it up.

 

Quite the spectacle

The whole shambles appears to be an outshoot of glorifying navel-gazing self-expression, at the expense of all other considerations such as educating idiots into not stuffing their half-eaten slices of pizza down the back of the seat of a bus. It’s embarrassing for all involved, and I can’t figure out whether Gondry was being spiteful or clueless. Either way, I’m in full agreement with the burgeoning crowd of people ranting on Allociné about how much old tripe it is.

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