Category Archives: Fantasy

Top 10 – 2012

In a nutshell: For a fourth consecutive year, this blog lives! I can hardly believe it as I am writing these words. So, if you follow us, you know the drill, we shall look back on 2012 and celebrate the movies we enjoyed the most with our contributors, dear friends that they are. They shall start with their Top 5, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t, we will then follow.

Clap – Action – and once more happy New Year to you, dear reader!

Vous connaissez la presque routine, puisque depuis déjà quatre ans nous avons la chance de nous essayer à l’exercice … Nos contributeurs amis nous ont fourni le palmarès de leurs films préférés pour 2012, ainsi que le film qui, sans être forcément le plus mauvais, les a le plus déçus, et le(s) film(s) qu’ils ont raté en salle mais ne rateront pas en DVD. Nos voix concluront l’exercice.

Moonrise-Kingdom-de-Wes-AndersonMlle Clara’s Top 5 : Rather discreet this past year, Mlle Clara didn’t forget the path towards Franglaisreview.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Pas toujours convaincue par les films d’Anderson (trop décoratifs), ce Moonrise Kingdom m’a enchantée: profondeur du scénario, beauté sans niaiserie du regard sur l’enfance et sur les adultes désarmés. Admirable maîtrise de son “système” de mise en scène, avec ce traitement si particulier de l’espace…

2. Le Policier de Nadav Lapid
Sorti en France en mars 2012, il semble oublié des palmarès des meilleurs films de l’année. Pourtant, ce film israélien est un gros coup de poing, par sa forme (un diptyque étonnant) et par son propos. Une autopsie sans concession de la société israélienne et du dysfonctionnement plus général de nos sociétés capitalistes aux inégalités toujours moins tolérables.

3. Au-delà des collines de Cristian Mungiu et Amour de Michael Haneke
Ex-aequo à mon sens, peut-être parce que ce sont deux films de Cannes. Deux films durs pour leurs sujets (la mort au bout, implacable) et d’une âpreté formelle qui éblouit.

5. Télégaucho de Michel Leclerc
J’avais adoré Le Nom des gens, le film précédent de Michel Leclerc. Je croyais que Télégaucho serait une resucée moins enlevée, eh bien, non! quelle pêche! quel amour de la vie et des gens, quel humour! Comme un goût d’une époque plus légère, celle de mon enfance…

Et pour le plaisir 6. Tabou de Miguel Gomes
Ce film, j’y suis allée en me disant: “Attention, chef d’oeuvre!”. Résultat, la première partie m’a ennuyée au point de me faire douter des critiques et de moi-même… Puis miracle, la seconde partie m’a emportée dans ses rets, par son charme durassien si singulier; si bien que la première partie a pris rétrospectivement une autre épaisseur, densité, beauté. La surprise de 2012.

Quelle fut votre plus grosse déception (ou le film le plus mauvais de l’année): Cosmopolis (de David Cronenberg) ! Que des critiques aient pu se pâmer devant ce machin logorrhéique bouffi de prétention reste un mystère.

Votre regret: Camille redouble de Noémie Lvovsky, Take shelter de Jeff Nichols, Lawrence anyways de Xavier Dolan …

moonrise-kingdom-balabanMme BP’s Top 5: A brand new contributor in 2012, Mme BP liked the experience and already signed on for 2013 with a review of Anna Karenina.

1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. Margin Call de J.C. Chandor
3. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
4. Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab
5. Le magasin des suicides de Patrice Leconte
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Quelle fut votre plus grosse déception :  Le Capital de Costa-Gavras, voyez plutôt !
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Votre regret : Amour de Michael Haneke
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Argo-afficheLe Top 5 de Mr. J.A. : De nombreux lecteurs apprécient l’ironie et l’humour de Mr. J.A., nous aussi, il nous fait l’amitié de partager ses choix pour 2012.
1. Argo by Ben Affleck
2. The Hobbit by Peter Jackson
3. Skyfall by Sam Mendès
4. Looper by Rian Johnson
5. Avengers by Joss Whedon

Biggest disappointment
is a tie between Prometheus by Ridley Scott and The Dark Knight Rises by Christopher Nolan. I had such high hopes for both of them …

Separately, the worst film of the year has to be Underworld: Evolution by Len Wiseman, for which I did not have high hopes. I’m a bit embarrassed to admit I even began watching it (my excuse is that I was on a plane). It was as if Kate Beckinsale was channeling Milla Jovovich, that’s how bad the first half was. Can’t speak for the second half.

moonrise-kingdom-poster1M. JM’s Top 5 : This year M. JM was kind enough to write a few review for us, but also to, very kindly, convince both his wife and one of his lovely children, to participate to Franglaisreview. Thanks!
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1. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
2. 4:44 Last Day on Earth de Abel Ferrara
3. War Horse de Steven Spielberg
4. La vie sans principe de Johnnie To
5. Twixt de Francis Ford Coppola.
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Un classement apparent, mais pas forcément si fixé : une année avec peu de bons films, quelques replis auteuristes européens forts (Léos Carax ou Miguel Gomes) mais qui ne m’ont pas tant ému que cela – et malheureusement trop de films estampillés auteurs dans ma liste.
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Le cinéma américain reste encore très fort, et j’aime la façon dont il investit la télévision ou plutôt dont la télévision est devenue un îlot d’expérimentations qui me fait pas mal penser à ce qu’était le cinéma américain dans les années 70, comme dans ces séries si célèbres et si célébrées que sont Homeland ou Breaking Bad ;  je n’ai pas vu Amour de Michael Haneke, et je ne le regrette pas du tout ; je crois qu’il y avait pas mal de films italiens intéressants et cachés, j’aimerais en découvrir quelques uns.

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killerjoe1Mlle L.’s Top 5: Last but not least Mlle L.! She is our most faithful reviewer and the proud author of the 3 Buck DVD corner, go check it! Never afraid of a good polemics, here she is in her unmistakable style:

J’allais dire comme d’habitude qu’il n’y a eu cette année que des daubes au cinéma, et vanter une fois encore les mérites du lecteur DVD. En fait, je suis pour une fois vraiment enthousiasmée par toutes les entrées de mon top 5, et j’ai même eu bien du mal à ne pas en faire un top 10. Comme quoi, l’année 2012 n’a pas été cinématographiquement si vaine, en fin de compte.

1. Killer Joe de William Friedkin
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson
3. Argo de Ben Affleck
4. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson
5. The Best Exotic Marygold Hotel de John Madden

Et puis, dans le genre “pas recommandable mais quand même qu’est ce que j’ai pu rigoler”, j’ajouterai

The Expendables 2 de Simon West (si, si)

En revanche, 2012 fut aussi l’année de sortie d’un film pour lequel je conserverai ad vitam aeternam une haine aussi tenace que sanguinaire, l’atroce Ruby Sparks de Valerie Faris et Jonathan Dayton

Pour finir, je regrette (un peu) de n’avoir vu ni Margin Call de J.C. Chandor, ni The Dictator de Larry Charles.

Amour posterMiss J.’s top ten

Ah, what an amazing year it’s been! Er, although slightly less so on the big screen – I had to scratch my head a little to put together this top ten, although it was worth the effort:

1. Amour by Michael Haneke –  almost punishing to watch – but Amour shimmers from start to finish.

2. Moonrise Kingdom by Wes Anderson - brilliantly engaging comic tale, bursting with wistfulness and whimsy.
3. Margin Call by J. C. Chandor - an enthralling dramatic close-up on economic and moral meltdown on Wall Street.
4. Skyfall
by Sam Mendes- one of the greatest James Bond films ever made (and we’ve checked).
5. A Dangerous Method 
by David Cronenberg - Russian hysteria and erotic transfer in psychotherapy doesn’t get any better than this.
6. Argo
 by Ben Affleck - real life is one of the best sources going for black comedy with US diplomats in the Middle East.
7. Camille Redouble
 by Noémie Lvovsky- phew – a French film at last! A  very decent smash hit comedy.
8. Killer Joe by William Friedkintroubling (to put it mildly) but darkly brilliant – chicken drumstick trauma scene and all.
9. Cosmopolis
 by David Cronenberg - a hypnotic, languid, classy watch.
10. Best Exotic Marygold Hotel
by John Madden - heartwarming and humorous, with a fantastic cast.
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Three films I wished I hadn’t bothered seeing:
1. The We and the I  by Michel Gondry - truly abject viewing from a self-satisfied Gondry and a busload of obnoxious teenagers.
2. The Campaign by Jay RoachWill Farrell disgraces himself by partaking in this drivel-ridden satirical flop.
3. Dépression et des potes by Arnaud Lemort a dead dreary buddy movie which should have gone straight to bad cable TV.
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I am sad to have missed Kenn Scott’s Starbuck and Léos Carax’s Holy Motors, and hope to track them down on DVD.

Le top ten de M. D.

tinker-tailer-poster1. Tinker, Taylor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson. Tout me plait dans ce film, du scénario très intelligemment adapté du livre de Le Carré, aux acteurs britanniques démontrant une qualité et une constance presque éprouvantes pour la concurrence, en passant par une cinématographie léchée, réfléchie et un montage au cordeau. J’ai tant aimé que j’ai même revu, puis revu encore.
2. Moonrise Kingdom de Wes Anderson – Un film enchanteur, merveilleusement doux-amer et léger, Mlle Clara en a déjà bien parlé. Ce fut une déception de ne pas le voir récompensé d’une manière ou d’une autre à Cannes. Toujours difficile pour une comédie de recevoir les hommages qu’elle mérite.
3. Compliance de Craig Zobel – Un film presque documentaire, ce qui fait toute sa force. Glaçant, gênant et très stimulant.
4. Killer Joe de William Friedkin – Une leçon de cinéma, des acteurs en état de grâce (Matthew McConaughey!), la scène du pilon, la plus choquante de mon année dans les salles obscures.
5. Margin Call de J.C. Chandor – Pour un premier film, un coup de maître, et un vrai beau film sur la crise financière sans diabolisation ni recours au spectaculaire … et pourtant ce huis-clos est exceptionnellement spectaculaire.

Skyfall16. Skyfall de Sam Mendès – Un James Bond magnifique ; l’un des plus impressionnants, j’ai vérifié.
7. Starbuck de Ken Scott – Une très belle comédie, ce serait dommage de bouder son plaisir.
8. La Vie sans principe de Johnnie To – L’élégance de Johnnie To et des acteurs percutants.
9. Holy Motors de Leos Carax – Des images me restent, me reviennent et me plaisent.
10. Argo de Ben Affleck – Tendu et amusant, un film intéressant, solide quoiqu’un peu scolaire.

Notons que les deux films de Cronenberg, celui de Lvovsky et Une Nuit de Philippe Lefebvre ne sont pas loin derrière.

The-Dark-Knight-RisesLes trois déceptions : Dark Knight Rises de Christopher Nolan, je l’attendais avec impatience et fus déçu par cette enclume de film au scénario absurde, un gachis ; Looper de Rian Johnson que j’aurais tendance à renommer Loupé ; Associés contre le crime de Pascal Thomas, si mauvais qu’on en vient à voir sa colère se transformer en abattement (38 témoins, c’est plutôt le contraire) .

Les trois films (bon, j’admets il y en a plus) qui me tentent mais, ma foi, tant pis … Bullhead de Michaël R. Roskam, Tabou de Miguel Gomes, Like Someone in Love de Abbas Kiarostami.

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The Hobbit: An Unexpected Journey

Hobbit-AfficheLe 3 janvier 1892 naissait en Afrique du Sud l’Anglais John Ronald Reuel Tolkien, dont les oeuvres allaient séduire des générations de lecteurs, emportés par la création d’un monde d’heroic fantasy sérieuse, ancré dans les mythologies germaniques et anglo-saxonnes.

Hasard? Coïncidence? Cent vingt et un ans plus tard, un 4 janvier, Mr. J.A. critiquait l’adaptation cinématographique de son plus célèbre roman pour la jeunesse, Le Hobbit, critique qui allait séduire des générations de lecteurs, emportés par … mmm, c’est plutôt moi qui m’emporte, je vous laisse découvrir la suite.

THE-HOBBIT-AN-UNEXPECTED-JOURNEY-PosterIn a nutshell: Pas seulement un voyage inattendu, mais un film étonnamment bon à voir.

I assure you, I didn’t have any high hopes for The Hobbit: An Unexpected Journey. I had heard that originally, and despite a desire by the studio, Peter Jackson had not wanted to direct the film adaptation of Tolkien’s children’s story. Understandable, not just because Jackson was suing New Line for unpaid royalties from the Lord of the Rings trilogy, but also because of the inevitable comparison to his handling of the LOTR to that of The Hobbit. Jackson was apparently willing (after the suit was settled) only to executive produce the film. Then, when Guillermo del Toro quit as director, apparently because of three years of delays, it looked pretty grim. Jackson having been arm-twisted into writing-directing, I wondered how he was possibly going to resuscitate a film that was looking to be a little more than a half-baked money-grab, clutching to the coattails of LOTR greatness?

Why, by turning it into three such coattail-clutching money-grabs, of course.

The multiplication of scripts: Praise the Lord (of the Ring, that is)

The multiplication of scripts: Praise the Lord (of the Ring, that is)

As everyone now knows, Jackson has stretched out a story of exactly 310 pages (1st edition) into three films, each lasting about three hours, and that’s not counting the inevitable super-special-deluxe-collector’s-director’s-extended-fan-box-set-edition to be had in future on DVD/Blu-Ray.  And while I expected this to mean that the story’s pace would be ploddingly slow and with action scenes few and far between, I’m delighted to say that I was quite wrong. The film begins portraying background information about the dragon Smaug and how it came to be that the dwarves had been driven from their home of Erebor (any film that starts off with a fire-breathing dragon is a good one in my opinion). Later we are treated to an epic battle scene between armies of dwarves and orcs, again recounted as background to the main story. Although this might detract from the flow of a novel, it really works as a film and in this case, keeps it from becoming two straight hours of watching people in costumes hiking through New Zealand. Radagast the Brown also has several scenes in the film (and a great line) while he’s only mentioned in the book.

In general, the film feels much like the LOTR. The familiar music is there throughout, but with the addition of the ‘Song of the Lonely Mountain’ that animates the dwarves of the party. It’s haunting and beautiful. There are familiar, sweeping, wide-angle shots of New Zealand landscapes, sure to drive that country’s tourism industry for years to come. And as one would hope, the CG renderings of orcs, wargs, trolls, eagles, etc., are all done with all the improvements you would expect to see ten years post LOTR. The wargs especially looked much better close-up than they did in Two Towers. But Gollum, perhaps as expected, really stole the show. The scene where he and Bilbo play their game of riddles is fantastic. The artists have managed to render facial expressions so life-like that, looking into his massive, orb eyes, I had to remind myself that Gollum wasn’t actually thinking.

How harsh! I think about the sequels, my precious, at 48 frames per second.

How harsh! I think about the sequels, my precious, at 48 frames per second.

While The Hobbit feels like it builds on and improves upon what was good about the LOTR, it also suffers from the same ailments. For instance, Jackson seems to film scenes that are supposed to be sentimental or funny, but come off as being completely cheesy. For example, there’s the scene at the end between Bilbo and Thorin Oakenshield, in which Thorin does the whole, ‘I’m-gonna-make-you-think-I-still-don’t-like-you-by-showing-my-gruff-exterior-self-then-melt-into-my-teddy-bear-on-the-inside-self-it-was-just-a-joke’ routine. We saw this in Fellowship between Gandalf and Frodo, and in Two Towers between Gimli and Legolas. Each time it was just, well . . . meh.

That small criticism aside though, The Hobbit was a thoroughly enjoyable three hours and definitely worthy of repeated viewings. I expect it to continue to grab much more of my money.

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Dark Shadows

In a nutshell: A glass half empty or half full? Dark Shadows got Mlle L. thinking and pondering. Miss J. follows up with a dashing review, M. D. concludes the exercise for this very special “three critics for the price of none”, after all this blog is free … Mmm, there might be something rotten in the Kingdom of Franglaisreview.

C’est avec une assez grande appréhension que je reçois désormais la nouvelle de la sortie d’un nouveau film de Tim Burton. Après plusieurs déceptions face à des réalisations trop bancales, inégales, parfois un peu mal fichues (Planète des Singes, Big Fish, Charlie et la Chocolaterie) et quelques accès de fureur pleine d’incompréhension (Les Noces Funèbres, dont la maladresse de l’animation et la fin cul-cul la praline à souhait étaient une insulte à l’Etrange Noël de Mr Jack, et Sweeney Todd, dont les errements musicaux m’ont rappelé les pires moments de Celine Dion au Stade de France), je m’étais réfugiée dans le choix de l’embargo (Alice au Pays des Merveilles, que je pense ne jamais voir), à force d’avoir été trop souvent déçue par les bâclages de plus en plus réguliers d’un réalisateur qui m’était si cher au départ.

Et puis, je vois la bande annonce de Dark Shadows : c’est que ça a l’air très bien, ce film-là … Ne connaissant pas bien du tout la série télévisée des années 1970 dont le film s’inspire (créée par Dan Curtis, avec Jonathan Frid dans le rôle repris par Johnny Depp), je ne risquais pas de me lancer dans les a priori comparatifs négativistes dont je suis pourtant férue. C’est dit, j’y vais ; Tim Burton et moi repartons enfin sur des bases amicales !

Une première critique sur des bases amicales

Tim Burton est bien aidé par une idée de départ assez géniale, associant la thématique des vampires à celle d’Hibernatus et des Visiteurs, propice comme on peut l’imaginer à la multiplication des “moments de bravoure” du comique de situation. Le casting, très prestigieux et fort talentueux, soutient le propos avec noblesse et professionnalisme : Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham-Carter s’amusent manifestement beaucoup et leur plaisir est contagieux. L’exubérance seventies (garde robe, décors, bande son) est un adjuvant efficace. Les dialogues sont fort bien travaillés. La photo “burtonienne” est prévisible mais toujours très belle, souvent grandiose.

Les 90 premières minutes de ce film sont une réussite totale, et recèlent de vrais moments de génie comique (sinon cinématographique): la rencontre de Barnabas le vampire anachronique avec les hippies, sa découverte du synthétiseur Bontempi, son dialogue de sourds avec une adolescente odieuse (Chloe Moretz, un peu décevante si l’on compare avec son extraordinaire personnage dans Kick Ass, reste néanmoins très convenable), bref, toutes ces scènes sont réellement parfaites, le film est un bonheur.

Mais … ? L’ensemble de la distribution retient son souffle!

Malheureusement … après cette première heure et demie, il reste encore 20 minutes de pellicule. Ces vingt dernières minutes de film sont consacrées au grand final, qui mériterait plutôt d’être qualifié de grosse catastrophe. Finition à la truelle, dialogues ineptes, va-et-vient de camera rappelant le style de Luc Besson dans Taxi 8 le retour de la vengeance qui va te péter ta gueule, “surprises de dernière minute” totalement injustifiées, inexploitées, incompréhensibles et franchement à la limite du débile, invasion des effets numériques sans aucune coordination avec les acteurs (on souffre pour Michelle Pfeiffer qui s’agite désespérément au cours d’une pantomime lamentable impliquant un fusil – bien réel – et une hydre – numérisée – donnant naissance à un des moments les plus ridicules de l’ère CGI), et, pour couronner le tout, un loup garou d’une laideur et d’une pauvreté technique qui m’a mise totalement hors de moi – j’ignore le nom de l’abruti responsable du design puis de la supervision de l’équipe technique qui a donné jour à ce loup garou, mais c’est un sacré gros nul, ne reculant devant aucune minablerie – le roi des nazes et des incompétents.

Bref, ces vingt dernières minutes, vous l’aurez compris, vous ruinent ce film pourtant jusque là si heureusement réussi. Suivant votre humeur, vous sortirez donc de la salle très heureux d’avoir vu 90 minutes d’un très bon Tim Burton, et vous ne vous attarderez pas sur le final (très) décevant ; ou vous repartirez grincheux et plein d’incompréhension, vous interrogeant sur ce ratage magistral d’un film qui était si bien parti. Alors, êtes-vous plutôt verre à demi vide ou à demi plein ? A vous de voir.

En résumé : Johnny Depp se joint de nouveau à Tim Burton pour un film gothique et – j’espérais bien – comique. Mais c’est surtout le gothique qui prime, et cela m’a plutôt déçu. 

Ah, it’s good to write a critique sandwiched between the work of two of my favourite cinema buffs, Monsieur D. and Mlle L. I shall try to do my best for Team English Language. Here goes: We dashed to the cinema on the opening Wednesday to see Tim Burton’s latest production, a liberal adaptation of the 1960/70s cult gothic TV series Dark Shadows. I can’t say I ever watched the series, but it seems a lot of people did. The story plays out in the coastal town of Collinsport in Maine, where gothic happenings are afoot.

Back when the town was an English colonial settlement, the son of the local fishing tycoon, Barnabas Collins (Johnny Depp) was turned into a vampire for spurning the advances of a servant girl far beneath his station, Angelique (Eva Green), who turns out to be a vengeful witch in her spare time. When Barnabas continues to refuse to submit to her, she has the stubborn vampire buried alive, and over the centuries, does all she can to ensure the Collins family’s decline.

Insomnia is a terrible thing.

By the time Barnabas gets dug up by a gang of unsuspecting road diggers in the 1970s, his family home is utterly dilapidated, despite the best efforts of the family matriarch Elizabeth Collins Stoddard (Michelle Pfeiffer) and the two remaining servants, not least the one in her early nineties who takes seven hours to polish a single silver spoon. And the children are as oddball as might be expected. The youngest, David (Gulliver McGrath), Sees Dead People and has a live-in therapist, Dr Julia Hoffman (the obligatory Helena Bonham Carter). His older sister, Caroline (Chloë Moretz), is the quintessential moody teenager, with the corresponding tastes in music and fashion.

Barnabas has quite some adapting to do, and the comic potential is rich. Depp applies his customary panache as a graceful, eerily pale character with ‘special dietary requirements’ guaranteed to make any airline company tremble. And as an aside, were the depictions of Barnabas’ ginger excursions out into daylight channeling Michael Jackson, or what?

See what I mean?

I was mainly sold on the trailer for the film, which unfortunately made it look a lot more humorous than it actually was. I’d expected there to be less gothic bloodthirstiness, and more comedy. As it turns out, most of the best gags are in the trailer. And there’s a whole lot more gore and dark warpedness in a production that drags at times. While the characters deliver all the zest they’ve got and more, deep down the film seems to be taking itself horribly, excessively seriously – and the overall effect is spoiled.

In a nutshell (bis) : Fans will find their reward but Dark Shadows disappoints. The script lacks fangs and both Burton and Depp are quite predictable. But like pizza or chocolate cake, even when it’s not great, it remains pretty good. Let’s hope both director and actor will step outside their comfort zone on their next project.

Nul besoin d’épiloguer avec tant de critiques précédant mes modestes mots. Assez brièvement, donc, Dark Shadows reprend une série inconnue du plus grand nombre (si vous la connaissiez, faites-nous signe pour nous dire si Burton y est fidèle ou non, et si même cela a une quelconque importance). Barnabas Collins (Johnny Depp, toujours plus Depp) couche avec la bonne, beaucoup plus mauvaise – huhuhu … – qu’il ne l’imaginait, car la ravissante Angélique (sic) Bouchard (Eva Green parfaite) est une sorcière démoniaque. Elle maudit toute la famille Collins, en particulier Barnabas, transformé alors en vampire, qu’elle enfermera pour deux siècles dans un cercueil sanglé de lourdes chaines. Libéré, celui-ci tentera de sauver ce qu’il reste de sa très dysfonctionnelle famille et de redonner un lustre au blason des Collins. Sur sa route, évidemment, il trouvera la toujours superbe, toujours amoureuse et toujours diabolique Mlle Bouchard. La lutte sera rude.

Troisième critique dans laquelle la lutte sera rude

Comme le soulignaient avec prolixité mes camarades, Burton sait s’entourer d’une troupe d’acteurs dont le talent ne fait jamais défaut. Fidèle à sa famille, il retrouve Danny Elfman, poursuit sa collaboration fertile avec Johnny Depp, offre un rôle à son épouse Helena Bonham Carter et permet une apparition en Capitaine au long court au légendaire Christopher Lee. Son film, sans surprise, permet à Depp de faire son numéro, et dessine un univers parallèle notoire et rassurant où le gothique faussement épeurant (comme le dise nos amis Québécois) est interrompu par quelques saillies et autres cocasseries tendres.

Cela résume les points forts et les faiblesses de ce Dark Shadows. Les amateurs trouveront l’ambiance burtonienne qu’ils apprécient tant, le mélange entre fantastique effronté et humour malicieux, un héros “monstrueux” pourtant plus aimable que les gens normaux, et le professionnalisme d’une grosse production. Les détracteurs du réalisateur américain souligneront les présences inutiles, pesantes de l’épouse (H. Bonham Carter) et du mentor (C. Lee) que Burton ne sait comment utiliser. Ils remarqueront un scénario faiblard et une bande annonce bien plus drôle que le film, souvent languide. Ils regretteront aussi que le créateur génial d’Edward aux mains d’argent ou d’Ed Wood n’arrive pas à se renouveler depuis Big Fish, tous ses films oscillants entre le très lisse attendu (bien sympathique Charlie …) et le carrément raté (catastrophique Alice …).

Un film ni vraiment gauche, ni très adroit … au centre. Attention à ne pas se faire écraser !

Le divertissement est honnête mais inconstant et l’on reste plus attaché à la Famille Adams qu’à la famille Collins. Quelques scènes et effets sont magistraux – le visage d’Eva Green qui se craquèle, véritable coquille d’oeuf ; le spectre chutant éternellement du haut d’un lustre ; la réunion brutale et acrobatique des désirs de la sorcière et du vampire, etc. -, la dernière partie, lamentable, est à oublier. On pleurera simultanément qu’un créateur, désormais “muséifié”, ne soit plus qu’un styliste certes talentueux mais loin de ce qu’il fut, on se réjouira qu’en dépit d’un dernier acte bâclé il soit toujours capable de nous offrir quelques instants de rires, de rêves, de charme, de merveilleux.

Allez, M. Burton ! Allez, M. Depp ! Soyez audacieux ! Repartez sur des chemins de traverse, réinventez-vous!

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Filed under Comedy, Fantasy, Horror

Top 10 – 2011

In a nutshell: For a third consecutive year, this blog lives! How cool is that?  As it’s tradition now we shall look back on 2011 and celebrate the movies we enjoyed the most. Since it wouldn’t be fair to forget our dear friends and contributors who helped us so much in maintaining this blog and providing new reviews when schedules are tight and movie theatres are packed so we can’t get in, they shall start with their Top (hum) 5 – most of them cheated -, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t.

Let the party begin – and happy New Year to you, dear reader!

Avant toute chose : Belle et Heureuse Année à Vous, Lectrice Aimée, et mes meilleurs voeux aussi pour toi sympathique lecteur, que 2012 vous apportent bien du bonheur.

Tout comme l’année dernière nous avons rassemblés nos forces, c’est à dire celles amicales et bénévoles de nos critiques invitées et leur avons demandé de nous fournir leur top 5 de leurs films préférés de cette année 2011. Chacun de nos bienveillants contributeurs nous a envoyé ses choix selon ses goûts et ses dégoûts. Certains sont commentés, d’autres nettement moins, ainsi s’expriment les différentes voix de franglaisreview. Les nôtres concluront l’exercice.

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A tout seigneur, tout honneur, Mlle L. présente sur tous les fronts et sur trois continents nous donne, en plus des ses découvertes à 3€, son top 3, parce que 5, cette année c’est un peu trop.

Top Five des films vus au cinéma et qui sont sortis en cours d’année 2011 et que j’ai vraiment aimé et que c’est mission impossible d’en trouver cinq parce que sans blague cette année j’étais beaucoup aux Etats Unis et comment voulez vous que je fasse, alors du coup j’en ai que trois mais c’est vraiment en faisant tout mon possible, je vais quand même pas mettre Captain America dans mon classement, tu parles d’une daube ! :

1. Drive de Nicolas Winding Refn

2. The Killing Jar de Mark Young

3. The King’s speech de Tom Hooper

Mon top 6 de regrets terribles que j’ai pas pu les voir et que ça me rend très malheureuse et qu’en plus y en a beaucoup d’autres que j’ai ratés mais il faut bien faire un tri déjà que je respecte pas les consignes, mais que si ces films étaient passés dans le pays de blaireaux où j’étais cloitrée ben mon top five aurait eu plus de gueule, sauf que là j’ai pas pu les voir alors évidemment :

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal ; Hara Kiri de Takashi Miike ; The Artist de Michel Hazanavicius ; Harry Brown de Daniel Barber ; La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy ; Habemus Papam de Nanni Moretti.

Ma plus grosse déception que je suis pas contente et que ça aurait dû être génial et qu’en fait c’était tout mou et mal foutu et décevant et c’est pas du boulot: True Grit des frères Coen.

Bien sûr, il y a aussi les films dont on m’a rebattu les oreilles sans répit alors que c’était crâmé dès le départ puisqu’il s’agissait d’énormes daubes (en tête de liste, Black Swan de Darren Aronovsky, parce que RIEN A SECOUER des aventures en tutus de deux casse-couilles qui devraient se contenter de faire égéries Chanel et pas venir m’emm…rder à faire actrices, bon).

Et puis, enfin, un top five des films bizarres en DVD chroniques cette année :

1. Django, prepare a coffin de Stelvio Massi.

2. Danger Diabolik de Mario Bava.

3. Messiah of Evil de Willard Huyck.

4. La Banda del Trucido de Ferdinando Baldi.

5. The Abominable Doctor Phibes de Robert Fuest.

Our fan of entertainment with a bang, martial arts and cool witty one liners, Mr. J.A. followed the instructions to the letter. I love when a plan comes together.

1. Super 8 by J.J. Abrams

2. Suckerpunch by Zack Snyder

3. Crazy Stupid Love by John Requa and Glenn Ficarra

4. X-Men First Class by Matthew Vaughn

5. Midnight in Paris by Woody Allen

The worst movie of 2011 : The Three Musketeers by Paul W.S. Anderson (was there any doubt, after this biting review?)

The movie he most wanted to see but couldn’t: Red State by Kevin Smith

M. J.M., en plus d’avoir presque les mêmes initiales qu’un grand studio hollywoodien a des goûts aussi ambitieux et éclectiques … et des valeurs ! Voici ses choix :

Année étrange, difficile de donner un top 5, car les films marchent par ensembles

En 1, nettement au-dessus du lot : La piel que habito de Pedro Almodovar,

En 2, une errance : Essential Killing de Jerzy Skolimowski,

En 3, trois films, chacun imparfait, mais parfois d’une émotion très intense :

Le discours d’un roi de Tom Hopper ; Habemus papam de Nanni Moretti ; A dangerous method de David Cronenberg

En 4, trois films de genre, vitesse, accélération, vitesse :
X-Men First Class de Matthew Vaughn ; Scream 4 de Wes Craven ; Mission Impossible: Ghost Protocol de Brad Bird

Et pour (ne pas) conclure, ou pour faire une transition, un film de transition (reflet très esthète du film d’Almodovar) : L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Je n’ai pas oublié les catégories regret ou déception de l’année, mais mon tempérament ne me fait absolument rien regretter du tout et je ne suis jamais déçu par le cinéma ; en effet, je suis un mec positif, en analyse, serein, qui vit et jouit et lit et écrit et pense et rêve et voit au présent ; de telles catégories sont des réflexes de loser, certainement socialistes, soit dit en passant ; en outre, ce n’est pas une catégorie plus ou moins anonyme et en tous points conformiste qui me donnera le moindre ordre

Je n’ai pas vu Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache, mais je crois que ce sera facile de rattraper cet oubli.

Déception : je ne sais pas, disons Hugo Cabret de Martin Scorsese, mais je n’en attendais rien

Surprise (voilà un terme positif et vivant, un peu fou, qui nous place dans le bonheur de l’instant présent) : L’ordre et la morale de Matthieu Kassovitz, que j’aime vraiment bien. En plus je n’ai détesté aucun des films français que j’ai vus cette année – voilà, au moins, les véritables valeurs peuvent se transmettre.


And then comes our international woman of mystery, the discreet but ever present Mlle CTP who sees more movies a day than there are hours. Her favorite 5 (well 6) are the following :

1. L’Apollonide de Bertand Bonello

2. Drive de Nicolas Winding Refn

3. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

4. La Piel que habito de Pedro Almodovar

5 (et 6). Tomboy de Céline Sciamma et Meek’s Cutoff de Kelly Reichardt

Estimant que les documentaires méritent une place à part, elle ajoute en sélection parallèle : The Ballad of Genesis and Lady Jaye  de Marie Losier et La nuit elles dansent de Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault.

Elle a raté Dernière Séance de Laurent Achard, Essential Killing de Jerzy Skolimowski (mention spéciale pour la ressortie de Deep End cette année !!) et Hors Satan de Bruno Dumont.

Sa plus grande déception ?  … eeeeuh, The Tree of Life de Terrence Mallick (ils avaient fumé des gros bouts de moquettes à Cannes ou ils avaient tous des regrets new-age ?) et Poulet aux prunes de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi.

Mlle Clara clôt avec sa prolixité souriante habituelle les classements de nos reviewers amis. Voici les films qui ont retenu son attention :

1. Le Gamin au vélo des frères Dardenne

Je pensais être fatiguée de leurs films, de leur univers qui me paraissait un brin répétitif, et puis, paf ! un gros coup de poing dans la figure ! Quelle force, quelle intensité, quelle maestria dans la mise en scène, dans la direction d’acteur. On en sort avec l’impression que seul le cinéma peut produire cet effet-là. Chapeau bas !

2. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Grand moment de cinéma à la Semaine de la critique, avec l’intensité de la première projection cannoise. Un sujet délicat, traité avec la force de l’urgence, la témérité d’une réalisatrice qui ose des choses risquées en s’en sortant brillamment – miracle de la grâce. Un film sur une maladie mortelle, dont on sort bouleversé et plein d’envie de vivre.

3. La Piel que habito de Pedro Almodovar

Quel étrange cerveau que celui de Pedro Almodovar… Comme avec les Dardenne, on croit qu’on est saturé de ce cinéaste à l’univers si cohérent, et puis, non ! On reste surpris par l’intelligence de sa mise en scène (la scénographie de la maison, l’esthétique de la chambre de la recluse), la folie de ces histoires d’identités sexuées chamboulées… Surpris enfin par son audace dans le mélange des tonalités, le grotesque et le sublime mêlés – très hugolien Almodovar, tiens ! Oui, cette façon qu’a Almodovar de mélanger la tonalité mélodramatique qui fait monter les larmes aux yeux, et le grand guignol qui fait éclater de rire : unique ! La référence aux Yeux sans visage en arrière-plan, si glaçante, si prégnante, est aussi une belle chose…

4. Une séparation de Asghar Farhadi

Révélation pour moi d’un cinéaste dont je suis allée après coup découvrir les films précédents, tous beaux, même si je préfère encore Une séparation. Bon, beaucoup a été déjà dit sur ce film haletant, à la direction d’acteur géniale, qui nous fait pénétrer dans cette société iranienne tellement intrigante vue d’ici…

5. Melancholia de Lars von Trier

Si j’avais envie d’aimer The Tree of life (raté !), je n’avais pas du tout envie d’aller honorer ce personnage idiot de Lars von Trier après ces débiles frasques cannoises. Mais bon, la curiosité fut trop grande. Et voilà, dès le prologue, j’ai été prise ! Ici, l’ambition métaphysique, les liens établis entre l’infini grand de l’univers et l’infiniment petit de nos affaires humaines dérisoires vus de Sirius, tout cela fonctionne et émeut, jusqu’à l’acmé final qui m’a cloué dans mon siège, knocked out. Les images et les questions soulevées par le film ont continué au-delà du visionnage de me hanter…

M. D et Miss J ont demandé un top five, mais c’est un peu juste, alors voilà pour le reste des révélations 2011 de votre serviteur.

The Artist de Michel Hazanavicius et L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller.

Et puis encore : Shame de Steve McQueen, Drive de Nicolas Winding Refn, Tomboy de Céline Sciamma, Impardonnables de André Téchiné, La grotte des rêves perdus de Werner Herzog, My little princess de Eva Ionesco, Habemus papam de Nanni Moretti et L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Là en revanche ce ne sera pas le pied

Mes trois plus grandes déceptions furent

1.The Tree of life de Terrence Mallick, parce que j’en attendais beaucoup et que j’avais envie d’aimer ce film ambitieux ; or impossible pour moi supporter le côté pompier des images, la dimension prêchi prêcha du message (« God, you took my son, he’s dead, it’s fine, take him, he’s yours ! » : Beurk !).

2. Carnage de Roman Polanski: autre déception d’un réalisateur dont j’attends forcément beaucoup. Pas seulement parce que Carnage est un petit film, mais aussi parce que sa misanthropie et sa misogynie m’ont semblé vaines. Et plus encore, son côté règlement de compte avec la gauche-américaine-politiquement correct-droitdelhommiste m’a paru mesquine.

3. Tintin de Steven Spielberg: encore un cinéaste dont on peut attendre beaucoup (enfin, à l’exception des fins). Impossible pour moi de supporter cette agitation de jeux vidéos, cette débauche d’effets, de caméra mouvante pour le mouvement, ce rythme frénétique sans le moindre répit. Résultat : la gerbe. Désolée !

Enfin voici le temps des regrets, dans ma bonne ville de Nice n’ont pas encore été programmé : L’Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira, Dernière séance de Laurent Achard, le dernier film de Bela Tarr, le cycle Welcome in Vienne d’Axel Corti, Donoma, Honk … J’ai aussi raté : Incendies de Denis Villeneuve et Hors satan de Bruno Dumont.

A tout ceci s’ajoute un message personnel, une épiphanie :

Cette année 2011 m’aura donné la joie de découvrir (tardivement, puisque j’aurai pu, dû, les débusquer avant) deux acteurs qui ont plus que titiller la midinette qui est moi. Rien de bien original, puisque la toile bruisse des noms de ces deux phénomènes, de ces deux créatures au sex appeal maximal mais aussi acteurs émérites dont on a envie de suivre la trajectoire future. J’ai nommé, évidemment, Michael Fassbender (mon prem’s) et Ryan Gosling. Merci d’exister les gars, et si vous lisez ce blog génial, vous pouvez écrire aux rédac chefs pour récupérer my phone number.

And now here’s…

Miss J’s top 10 for 2011:

…. I shall try to be reasonably concise.

1. Habemus Papam (Nanni Moretti) – sparklingly absurdist, compelling viewing as the Pope has a meltdown.

2. Pina (Wim Wenders) – a fine tribute to one of the twentieth century’s great choreographers.

3. Tyranosaur (Paddy Considine) – a powerful and moving drama that transcends clichés of victims and persecutors.

4. Le Havre (Aki Kaurismäki) – a touching, uplifting film about generosity and solidarity.

5. La Fée (Dominique Abel) – original and offbeat in a great way, who wouldn’t want three wishes from the fairy of Le Havre?

6. The King’s Speech (Tom Hooper) – an impeccably polished exploration of performance anxiety.

7. Moneyball (Bennett Miller) – another of those sports movies that digs down to lots of interesting universals.

8. Intouchables (Eric Toledano) – two ‘untouchables’ help each other back to life in the French comedy of the year.

9. Le Cochon de Gaza (Sylvain Estibal) – bittersweet comedy with dark satirical undertones and a storming performance by a pig.

10. The Sound of Noise (Johannes Stjärne Nilsson and Ola Simonsson) – audacious musical mayhem.

Miss J’s top three popcorn movies of the year:

 1. Rio (Carlos Saldanha) -  Feel-good music, bright sunshine, great animation, strong storyline – the perfect mood-lifter!

2. Friends With Benefits (Will Gluck) – sit back, unplug brain, smile and crunch popcorn.

3. Mission Impossible 4: The Ghost Protocol (Brad Bird) – far, far funnier than expected and as high energy as it comes.

Miss J’s top three ‘kill me now’ movies of the year:

1. The Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog) – very much wanted to care, but it was SO DULL.

2. The Lady (Luc Besson) – ugh, the soundtrack. Just thinking about it makes me want to retreat to a darkened room and whimper.

3. Hereafter (Clint Eastwood) – excruciatingly bad. As invigorating and engaging as drying paint.

Finally, three films I regret missing so far: The Artist, La Guerre est déclarée, We Need to Talk about Kevin.

Et si vous avez eu le courage d’atteindre le bout de cette page, voici le classement de mes films préférés vus en 2011, et si j’en crois ces résultats, ce fut une année durant laquelle j’ai eu besoin de rire.

1. Pina de Wim Wenders – parce que le travail d’une chorégraphe extraordinaire filmé par un réalisateur de talent crée des étincelles jusque dans l’âme

2. Habemus Papam de Nanni Moretti. Michel Piccoli est grand, beau, touchant, Moretti est caustique et tendre et la comédie vaticane subtile, j’en reveux.

3. Une séparation de Asghar Farhadi. Les acteurs sont à tomber tant ils ont la grâce, le réalisateur impressionne, l’histoire de ce divorce n’est jamais manichéenne et est universelle.

4. Tyrannosaure de Paddy Considine. Parce que Dinard recèle des pépites de cinéma britannique avec des morceaux de bravoure dedans, parce que ce drame social est puissant, percutant, émouvant et les acteurs dignes des plus beaux éloges

5. The Sound of Noise de Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson. Haletant, drôle, original et musical, que dire de plus !

6. The Trotsky de Jacob Tierney – parce que ce film hégélien a été fait pour moi, que l’histoire se répète toujours deux fois, que la seconde est une farce et quelle farce ! Et j’ai parfois la nostalgie de Montréal.

7. La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Poétique et clownesque au sens le plus noble.

8. Le Discours d’un roi de Tom Hooper – parce que ce film tout classique et conservateur qu’il est a du souffle, que Colin Firth y est magnifique, et que ce conte de fée royal m’a séduit.

9. L’Irlandais de John Michael McDonagh. Des acteurs superbes, des répliques qui font mouche, une caméra nerveuse enthousiasmante, LA comédie policière de l’année !

10. Intouchables de Eric Toledano & Olivier Nakache. Ce classement est clairement un hommage aux comédies (vues en 2011), et Intouchables réussit si bien dans l’art ô combien difficile que de faire rire, que l’on est tenté d’aller le revoir pour savourer pleinement les plaisanteries alors masquées par l’hilarité des salles. En plus, un film qui offre un podium à un handicapé moteur, un oeuf Fabergé et Omar Sy méritent qu’on le remarque.

Les trois films qui m’ont déçu ne seront pas en tant que tel les pires films de 2011, enfin pas forcément. Trop facile de dégommer un film de Christophe Honoré, Hollywoo ou Les Immortels. Toute personne qui avait un espoir en entrant dans la salle se mettait d’avance le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et pas évident avec un coude dans l’orbite de se concentrer sur l’écran.

Ainsi, là où mes espoirs furent déçus, piétinés, coupés en morceaux, noyés puis pendus :

1. Incendies de Denis Villeneuve. Une histoire absurde, ca veut faire renouveau de la tragédie grecque et ça n’est que fantasmes adolescents lourdauds et exotiques (parce que si le Liban, ou même le Moyen Orient c’est ça …) je reste encore incrédule que tant de gens que j’apprécie aient aimé ce film.

Behold the lamb de John McIlduff. Raté, tout simplement raté.

3. The Tree of Life de Terrence Mallick, qui n’est pas un mauvais film, mais tant de beautés pour tant d’ennui, je n’ai rien contre les dinosaures ni les métaphores filées, mais tout cela m’est apparu assez vain.

Enfin trois films manqués, “flûte”, mais nos chroniqueurs en disent tant de bien que s’éveille une certaine curiosité, alors espérons qu’un jour, si les Mayas nous en laissent le temps …

  1. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli
  2. Essential Killing de Jerzy Skolimowski
  3. La piel que habito de Pedro Almodovar.

Bonne année à toutes et tous ! Happy New Year et vivent les milles visages du cinéma.

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Pirates des Caraïbes 4 – La fontaine de jouvence

In a nutshell: Jack Sparrow has a map to go to the Fountain of Youth where immortality is a distinct possibility, but lots of troubles are on his way, after all he is “on stranger tides”. A fierce pirate, Black Beard, his nemesis Barbossa, sirens, storms, the King of Spain’s armies and a disappointed former love, Penelope Cruz, are awaiting him and none of them happy. I’d love to tell you more but I just found the fountain of forgetfulness and I drank too much of it. Damn Rum!

Ca va sentir la fin d’année ce film vu dans la touffeur de l’été, si c’était bien en été, et depuis largement oublié. Je peux vous dire que Mr. J.A. et sa charmante épouse auraient dû être présents … je crois. Mais finalement furent empêchés et le virent un autre jour. En revanche, Johnny Depp étaient là, mais sur l’écran, il cabotinait à en faire oublier qu’il est un acteur subtil et doué. Cherchant à se régénérer la franchise de Pirates des Caraïbes n’a pas trouvé mieux que de prendre cette nécessité au pieds de la lettre et c’est la Fontaine de Jouvence que Jack Sparrow (Depp) recherche dans ce quatrième épisode.

Quand j'étais petit, je voulais être pirate ou policier, pour pouvoir jouer avec la sirène

Pas de représentation de Bosch ou de Cranach pour cette fontaine qui donne l’immortalité mais la réinterprétation du mythe populaire qui voulait que l’explorateur Juan Ponce de Leon, compagnon de Christophe Colomb, soit parti à sa recherche pour, dit-on, guérir de son impuissance. Ici on fait confiance à Penelope Cruz (Angelica Teach dans le film) pour cela, et le successeur du brave Ponce de Leon se déplace pour la gloire de la couronne espagnole et celle de la croix. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je vous en parle car ce n’est pas lui que nous suivons mais les différents pirates habituels qui ont, eux, de moins nobles ambitions. Barbe Noire (McShane), Barbossa (Rush) et Sparrow se disputent à qui mieux mieux de combats navals en chasse à la sirène, de mutineries en duels au sabre. Tout ceci est bruyant, raisonnablement spectaculaire et suffisamment distrayant pour combler alors nos envies d’ailleurs océaniques et adrénalinés.

Je ne me souviens pas de beaucoup plus, je n’aurais pas dû finir cette bouteille de rhum, si ce n’est que Rob Marshall s’est plutôt finement tiré de cette réalisation, un numéro 5 est en préparation et les critiques qui comptent, dont Mr. J.A. ont trouvé qu’il était presque aussi réussi que le numéro un. Ce qui n’est pas rien.

En résumé: Ci-après une petite critique en anglais d’un film sympa que j’ai presque complètement oublié. Enjoy!

I can only admire Monsieur D for dredging up as much as he has about Pirates of the Caribbean 4 – The Fountain of Youth. Personally I am left just with a few blurry memories of Johnny Depp being swashbuckling whilst touting thick black eyeliner, Penelope Cruz smoldering, and lots of pirates running everywhere, occasionally having run-ins with hot mermaids with bloodthirsty tendencies. I’m pretty sure I had a decent enough time, but I can only urge my future self not to wait six months before trying to review a film as amiably generic as Pirates of the Caribbean. That said, it was much better than number 3 in the series, which was dour and awful, whereas I’m pretty sure this one was much funnier and with much more pep.

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Melancholia

In a nutshell: Lars Von Trier’s Melancholia is sardonic – literally -, in three parts, which is one too many, and filled with myriads of absolutely gorgeous images. Not to be missed by fans of astronomy, disastrous weddings and heavy romanticism.

Lars Von Trier n’engendre pas l’ennui dans les discussions passionnées que les provocations du réalisateur danois occasionnent à la sortie de chacun de ses films, même si ceux-ci ne sont pas toujours palpitants. Quand le sujet est insuffisant, il en rajoute même, comme par exemple son étonnante déclaration de sympathie pour Adolf Hitler, qu’il fit “humoristiquement” à la conférence de presse à Cannes après la présentation de son film. Compliqué de lui donner une Palme après cela. Et on peut se demander si le prix de meilleure actrice que reçut Kirsten Dunst pour son interprétation de mariée mélancolique n’était pas une sorte de prix de substitution …

Melancholia est un récit fantastique, en trois parties, narrant à la fois la fin du monde – notre planète étant absorbée par collision avec une sorte de géante gazeuse bleue, Melancholia – et le mariage avorté de Justine (Kirsten Dunst), absorbée elle aussi par la dépression. Ces événements donnent au réalisateur l’occasion de faire la preuve de ses talents de photographes et d’offrir une véritable leçon de cinéma à tous ceux qui souhaiteraient comprendre ce que cadrage et découpage signifient.

Une lueur de désespoir pour le plus beau jour de sa vie

Après un lent et sublime prologue onirique scandé par Wagner, à la fois prélude à la limite du pompier et résumé du film, “Justine”, première partie du film, expose la mélancolie grandissante de l’héroïne qui subit un mariage de princesse dans la propriété grandiose de son beau-frère. Grinçant à souhait la cérémonie rappelle un moins dramatique mais plus lyrique Festen, et offre de grands moments d’embarras et de causticité, grâce aux talents des acteurs présents, tous excellents.

La seconde partie, intitulée “Claire”, prénom de la soeur (Charlotte Gainsbourg) de Justine est en trop. Cette fin du monde, qui répond aux progrès de Justine qui sort progressivement de sa mélancolie, est certes esthétique mais surtout didactique et lente. Elle donne un temps certain pour n’être plus que spectateur et remarquer les absurdités du scénarios (physiques et astronomiques), les bizarreries de la distribution (Justine s’exprime avec un accent américain dans une famille à accents britanniques …), les obsessions du réalisateur, qui semble apprécier dénuder ses actrices sans raison et les faire souffrir et pleurer.

Le plan indispensable !

Ainsi, pour préserver l’envoûtement de la première moitié du film, sauf si, bien sûr, vous souhaitez admirer la généreuse et ravissante poitrine de Mlle Dunst, je vous propose simplement d’en ignorer la seconde. Sortez de la salle! Arrêtez votre lecteur de DVD! De toute façon vous connaissez déjà la fin du film qui vous aura été montrée, plus joliment en plus, lors du prologue.

Vous pourrez alors prendre le temps de gloser tout votre saoul sur les influences romantiques qui nourrissent cette oeuvre, de l’affiche ophélienne aux nombreuses autres références anglaises et allemandes que Nerval ou Baudelaire auraient adorées. Vous pourrez réfléchir à la pertinence de l’achèvement sans douleur (si l’on s’abstrait de l’attente) d’un monde absurde et cruel. Ou vous pourrez vous interroger sur l’influence de Spider-Man et Sam Raimi sur le cinéaste danois, car après Bryce Dallas Howard (Manderlay) et Willem Dafoe (Manderlay et Antichrist), il choisit Kirsten Dunst. A quand Toby Maguire ?

En résumé: C’est la fin du monde, mais avant cela il reste du temps à Kirsten Dunst pour vivre un jour de mariage apocalyptique dans une oeuvre grandiose, sardonique et languissante.

Melancholia is what happens when Lars Von Triers gets into science fiction. A giant star is heading for earth and is set to obliterate the planet, but not before a depressed young woman, Justine (Kirsten Dunst), goes through the wedding day from hell, moves in with her sister and brother-in-law in their creepy country home, and languishes about as the deathly embrace of Melancholia looms ever larger over them.

Blah

There’s no suspense as to the ultimate outcome given that the first spectacular minutes are devoted to moment of impact, with imploding horses, birds raining from the sky, ragged wedding dresses combusting and various other apocalyptic visions. We’re left instead with what seems to be a metaphor for the state of depression, and a pretty good job it does of it too – ranging from the tragi-comedy of a social life imploding as Justine caves in to her despair, and the grinding slowness of an illness with its own seductive gravitational force.

The film is divided into three parts and as Monsieur D. has already remarked, by far the most interesting is the first, after the prelude – Justine finds a number of creative and increasingly brazen ways to sabotage her wedding day, helped along the way by her startling dysfunctional parents and other key members of her entourage. It’s impressive just how much of a life she manages to unravel over a short wedding reception while many of the guests remain oblivious.

The only sparkles of a sad wedding

The far more languid latter parts of the film are devoted to the aftermath of all this, turning its focus to Justine’s sister Claire (Charlotte Gainsbourg). By this point, there’s a lot of fretful peering into the sky and measuring the diameter of the approaching death star, interspersed with nudity as Justine’s breakdown gains momentum. The film takes a far more stark look at depression than is common at the cinema – the dragging energy, the fading of sensation and the soft tug of inertia are eerily well captured.

By the end, the characters start to suffocate in the thinning atmosphere caused by Melancholia’s approach. Von Trier seems to play with the audience, drawing out the final moments and dragging you into their heart despite yourself with some grandiose camerawork. Its metaphysical scope is in many ways reminiscent of The Tree of Life, but where there was raw, life-thirsty pain in Terrence Malick’s work, here there is a velvety numbness. It’s impressive stuff, but gets overly self-indulgent at times, to the point you can almost feel Von Trier’s Hitler-loving-just-as-a-joke-mind sardonic smugness seeping through the eerie beauty of the images.

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Thor

In a nutshell: And now with 3849 left to go in the superheroes’ adaptation series, not counting remakes and sequels, here’s Thor. And this one is in 3D!  The story? Thor wants a royal party but his brother Loki would rather see it, well, “low key”. Their father Odin weeps at the sight of them fighting, as do we.

En ces temps de disette cinématographique, on se demande quel film aller voir et puis, avec réticences, on se décide pour Thor. Accompagné d’un de mes amis, M. AZ, car Miss J. avait d’autres priorités ce jour-là, nous hésitâmes entre Animal Kingdom, dont les horaires ne nous convenaient pas et Thor, tentant de nous rassurer l’un l’autre en nous rappelant l’affection que nous pouvions avoir pour Kenneth Branagh. J’ignore ce que vous pensez de l’homme, si vous honnissez sa vanité, ne lui avez toujours pas pardonné son Frankenstein, ou ignorez cet Irlandais mégalo à la bouche en lame de couteau, mais moi, j’aime l’acteur, le réalisateur et l’amateur et connaisseur de Shakespeare qu’il est. J’ai même poussé un soupir déçu quand Emma Thompson et lui se sont séparés en 1995, ils faisaient un si beau couple. Alors après Henri V, Peter’s friends, Much ado about nothing, Hamlet ou même Sleuth, j’étais curieux et volontaire pour aller le voir se confronter au monde des superhéros. A t(h)ort.

Tout en subtilité et homoérotisme : Thor contre Loki.

Le film est si laborieux et si lourd, que j’en oublierais même de souligner une fois encore l’arnaque de la 3D, qui visuellement, 9 fois sur 10, ne correspond à rien. Alors que cette technologie devrait faire évoluer la notion de cadre, renouveler l’impression de profondeur, diminuer ou abattre le fameux “quatrième” mur sans briser l’illusion réaliste, elle ne sert qu’à mettre en exergue le talent des publicitaires avant le film et engranger de juteux bénéfices aux salles puisque la location de lunettes pesantes et laides est obligatoire. Branagh tente de faire ressortir les tensions et déchirures familiales du monde de ces divins habitants d’Asgard, mais c’est en vain qu’avec talent Anthony Hopkins (Odin) tonne et vitupère, qu’Hiddleston (Loki) cabotine et joue les fins matois, et qu’Hemsworth (Thor) fait risette benoitement et roule des mécaniques. L’ensemble est affligeant, kitsch et primaire. La palme de la nullité revient sans doute à Natalie Portman (Jane Foster), pouffante et hébétée, déparant une distribution par ailleurs convaincante.

La rivalité fraternelle pour le pouvoir, et le décalage du dieu déchu (Thor) arrivant sur terre laisse aussi froid que l’univers de glace auquel ce panthéon scandinave est confronté. Sans psychologie aucune, pas un des personnages ne permet au spectateur de s’identifier ou même de comprendre les raisons motivant les (rares) combats qui scandent les longs discours benêts des protagonistes. Le pire est qu’un numéro 2 est en préparation, avec la même équipe pour l’été 2012. Je n’aurais qu’une question: pourquoi ? Car ici, point de Valhalla pour le spectateur dans ce scénario niais et alambiqué et bien des regrets à voir celui qui, il y a vingt ans, était considéré comme le futur Laurence Olivier se perdre dans des projets lourdauds frisant parfois l’indigne.

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Sucker Punch

En résumé : Que penser quand on choisit un film sur les qualités titillantes de ses affiches et que l’on découvre que derrière le cosmétique il y aurait même un film discrètement profond? Mr. J.A. n’en revient toujours pas et livre ici son analyse.

OK, I’ll admit it: I was sold on going to see Sucker Punch on the basis of the promo poster alone. On display were pretty girls with samurai swords and guns, mecha, biplanes, explosions, and even a fire-breathing dragon (yes, a fire frickin’ breathin’ dragon!). Said poster was not nearly as persuasive to my wife, who informed that Sucker Punch was a film I would have to see with one of my man-friends. I even feigned certitude that the script would be of Shakespearean quality—it would have to be in order to incorporate so many distinct fantasy-genres into one presentation.

And I was pleasantly surprised to discover that I was right.

Forget what you may have heard already. Sucker Punch stands out with a highly original script, in comparison to the typical Hollywood action movie. It’s not a superhero movie. It’s not a re-boot of a franchise that are all too common now, à la Superman, Spiderman, Batman, Star Trek, Terminator, Scream, Friday the 13th, etc. It’s not based on a graphic novel or a videogame (sadly, it doesn’t even have a videogame tie-in). I’ve honestly never seen a movie quite like it.

Shakespeare also never saw anything quite like this

Notably, the lead character and most of the main characters are female. The film opens with a scene in which it’s implied that our protagonist and her younger sister are victims of chronic sexual abuse by their step-father. When she stands up to him, he has her committed to an insane asylum and arranges with the staff to have her lobotomized so as to make her unable to later report the abuse. Not exactly your typical premise for an action movie.

Things seem to be going from bad to worse (to completely down the toilet) for our heroine as we see her forcibly strapped to a chair awaiting her surgery, and this is where the film really starts to get interesting. In the instant preceding the piercing of her frontal lobe, she dissociates, escaping into a fantasy world in which she is not in an asylum, but rather a bordello, and she and the other residents are not patients, but dancers captive to their ruthless and abusive manager/pimp. From a psychological perspective, this seems like a vaguely plausible turn of the events, as it borrows from current understanding of dissociative identity disorder (previously referred to as multiple personality disorder). As she cannot physically escape from the men in her life, be they her abusive step-father, the police who won’t protect her, the asylum staff who would exploit her, or the surgeon about to deliver a brain injury, she does so by pretending this is all not happening.

A strong case for dissociative identity disorder

Even in her bordello fantasy world, she is being forced to dance, and she does this by dissociating further, in a manner reminiscent of Inception, to a fantasy-within-a-fantasy world in which the dancers (complete with appropriately stripper-themed monikers such as, “Babydoll,” “Blondie,” and, “Sweet Pea”) are in fact a squad of military crack- commandos on a quest to obtain the items that will provide the means of their parallel escape from the bordello/asylum. And this uber-fantasy world is how it comes to be that scantily clad women in high-heel boots can take on minigun/RPG-toting giant samurai, WWI German clockwork zombie soldiers, space robots, Lord of the Rings-style orcs and the above-mentioned fire-breathing dragon.

Alas, there was no nudity in this PG-13 rated adventure. Even when “Babydoll” is dancing, we don’t get to see it, because she’s now busy kicking ass (she’s dissociating, remember?). But then that’s the whole introspective point of this endeavour: as the male voyeur, I’m the same as all of the male characters on screen in that it is as a consequence of male lust that our heroine is made to struggle and suffer.

For those who enjoy their action films with a heavy dose of thought-provoking, dark and mature themes, Sucker Punch does not disappoint.

In a nutshell: A sucker punch is usually a blow made without warning. Sucker Punch has indeed been marketed to be a hit, the surprise lay in the storyline, way more “adult” and dark than what could be expected in this epic action fantasy.

Abandonné par son épouse aux portes du cinéma, Mr. J.A. recherchait un ami avec lequel partager les nouvelles inventions visuelles de Zack Snyder dont les réalisations précédentes (300 ou The Watchmen) avaient pu impressionner par leurs qualités cosmétiques. Je me devais donc de l’accompagner. Seul. L’affiche et la bande annonce ne convainquaient pas Miss J., restant peu sensible à cet univers d’adolescents. Admettons d’ailleurs qu’il est difficile d’imaginer qu’un film mêlant jeunes filles en jupettes, samouraïs géants, soldats allemands-zombies, dragons et robots soient autre chose qu’un festival régressif, éventuellement jouissif, de scènes d’action racoleuses.

Régressif; jouissif; racoleur.

Le résultat proposé est étonnant car le film correspond tout à fait à l’impression première d’un produit léché défini pour être consommé puis dérivé en une multitude de gadgets, jeux vidéos en tête. Il est surprenant qu’une adaptation pour console ne soit pas déjà en magasin et il est parfois agaçant de suivre l’héroïne et ses comparses dans des scènes qui semblent n’avoir été créées que pour les “gamers” les plus enthousiastes, beaucoup moins pour les cinéphiles. Les dialogues sont souvent plats, les protagonistes peu développés, certains acteurs à la limite du ridicule (baisers à Carla Gugino, dont l’accent polonais est aussi convaincant que l’accent africain de Michel Leeb). Alors, un navet? Pas si simple.

Zach Snyder garde, d’une part, un talent (pompier) certain pour la mise en image et il réussit toujours en quelques scènes à lier esthétique et efficacité narrative. Les premières minutes du film que vous trouverez ci-après vous le démontreront. Le scénario est d’autre part original et bien plus profond et noir que ce que ce genre tolère.

Quand Snyder rêve, ce nest jamais à moitié

Expérimentant toujours tant, en virtuose, avec l’image que, plus maladroitement, avec les sentiments d’angoisses et de culpabilité, Snyder expose le monde intérieur d’une jeune fille (Babydoll – Emily Browning), enfermée en asile psychiatrique par un beau-père abusif. Condamnée à être lobotomisée, Babydoll imagine un plan qui pourrait la mener à la liberté. Ce pouvoir de l’imagination, de l’auto-persuasion et de la mise en abîme dont raffolent les cinéastes ces derniers temps (Inception, Black Swan, Shutter Island, Lovely Bones) est habilement exploité par le réalisateur qui présente un nouvel univers, un nouveau film à chaque rêve emboité dans le précédent. Le drame familial et hospitalier horrifique se transforme en comédie musicale et thriller sexy qui à son tour s’ouvre sur de mémorables scènes d’action dans divers mondes entre fantastique et science-fiction (voir les samouraïs et dragons), le tout ressemblant à un jeu vidéo post-moderne entre fétichisme soft et féminisme pop.

Cette superposition ironique d’univers et le sérieux des thèmes esquissés donnent au film un côté inabouti, bancal mais également un charme baroque et une séduction troublante à des personnages pourtant plus silhouettes pixellisées que héroïnes incarnées. Et c’est empli de réflexions que l’on ressort du cinéma, intrigué, presque conquis.

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Inception

In a nutshell: Leonardo Di Caprio hasn’t left his Shutter Island character, he is now sweating, intense and unhappy in a dream within a dream, within a dream. Sleek, cool, maybe too rational, Inception‘s good but doesn’t convince entirely.

Vu que nous nous sommes concentrés sur d’autres projets, nous allons tenter de revenir brièvement sur les 15 ou 20 films que nous avons vus mais que nous n’avons pas eu la chance de recenser sur le moment, ce qui augure, en ce qui me concerne de nombreux repas à base de poissons pour retrouver certains souvenirs enfouis et réveiller ma mémoire. Quoi de mieux alors que de débuter ce cheminement par un film qui ne parle que de cela: Inception.

Une machine à laver? Non, un hôtel de rêve.

La grosse machine de Christopher Nolan a tout écrasé sur son passage, laissant des cohortes de fans transis. Je n’ai pas été aussi enthousiaste. Son idée de départ est intrigante, une équipe est capable de rentrer dans les rêves d’un tiers, et même de s’enfoncer plus profondément encore dans son inconscient, et au plus profond du rêve dans le rêve dans le rêve de retirer ou d’instiller une idée, un sentiment qui ensuite pourra fleurir et petit-à-petit convertir la personne influencée presque en dépit d’elle-même. Ces aventuriers, tous choisis, comme dans Mission Impossible, par spécialité sont menés par Cobb, Leonardo Di Caprio himself, accroc au rêve, intense et suant comme au sortir de Shutter Island. A croire qu’il proposait une action “un personnage pour deux films”. Mais, foin de tout ce mauvais esprit, il est très bien dans cette histoire et il sait s’entourer puisque ses camarades sont tous excellents, en particulier Joseph Gordon-Levitt, aussi acéré qu’une lame de Tolède.

La thématique des relations difficiles entre rêves et réalité(s?) est passionnante et elle est centrale à l’oeuvre de Nolan, toujours en dérapage, toujours obsédée par le contrôle. Les parallèles entre Memento, The Dark Knight et Inception feront sûrement la joie de thésards cinéphiles, car les héros solitaires et obsessionnels qui construisent leur présent dans un monde de mensonges, trahisons et manipulations alors que le déroulement élégant de leur histoire suit plusieurs hypothèses ont trouvé leur réalisateur. Mais si les deux premiers films m’ont beaucoup plu, Inception en dépit de ses qualités indéniables m’a déçu. Le film commence comme un chef d’oeuvre de scène d’exposition emboîtée mêlant action efficace, cinématographie au cordeau et réflexion philosophique, et s’achève comme un sous-James Bond de pacotille, à tirailler dans la neige. Le monde des rêves de Nolan est celui d’un géomètre tristounet et les phantasmes, ou la sexualité, en sont absents. La seule femme sexuée de l’aventure (dont le nom est Mall, cela ne s’invente pas, Lacan serait aux anges, d’ailleurs il y est) est littéralement enfermée dans les oubliettes les plus profondes que Nolan a pu créer. Je n’imaginais pas aller voir un nouveau Fellini, mais la pudibonderie du réalisateur est marquante et un peu plus d’onirisme ne m’aurait pas déplu.

Onirisme-moi ça!

Les motivations des personnages sont assez ténues. Cobb, espion industriel spécialiste de l’extraction des informations dans les rêves, doit s’attaquer à plus difficile encore, “l’inception” d’une idée dans le cerveau d’un jeune mogul (Cillian Murphy). Pourquoi? “Parce que c’est mieux pour le monde” nous dit le commanditaire Saito (Ken Watanabe), c’est sommaire.  Ajoutons encore que la musique choisie pour accompagner les aventures de Cobb et de ses compagnons a été confiée à Hans Zimmer qui ne fait plus dans la mélodie depuis longtemps, mais dans le déménagement. Pour résumer son style, mettez le volume à fond  appuyez sur le gros bouton, le reste c’est Edith Piaf. Le film dure 2h30 tout de même. Et c’est là ma dernière critique d’importance, c’est un peu long, car certaines scènes sont si explicatives et répétitives qu’on s’en veut presque d’avoir un cerveau. Mais, franchement, voir tomber d’un pont, au ralenti, un minibus,  et y revenir toutes les dix minutes pour vérifier qu’il poursuit bien sa course douloureux centimètre par douloureux centimètre, cela assomme. Je laisserai de côté les fausses complexités du scénario et notamment la fin “ouverte” aux fans trouvant que l’ensemble est certes de belle facture mais manque singulièrement de cohérence scénaristique et d’imagination visuelle.

A la relecture ma critique est plus négative que ce que le film mérite. C’est un thriller ingénieux aux effets spéciaux époustouflants fait par un virtuose de la caméra, mais c’est aussi un soufflé qui se dégonfle, le goût y est, la splendeur n’est plus.

En résumé: Miss J. préfère les histoires d’amour aux revolvers, elle réserve donc sa critique à un film correspondant mieux à son goût.

Monsieur D. is right that this was not much my kind of thing, although it could have been. I don’t systematically have a hard time with the chizzled-brow Action/Drama/Fantasy genre. I liked The Matrix in its first run round the block, and that took itself quite seriously, too.  Now I think about it, I had just emerged, literally hours previously, from the thesis-writing frenzy of my life. One of the things I was most struck by with Inception, as a result, was the crash-and-boom soundtrack that kept jolting me out of my gentle, inexorable slide into sleep… especially with all of that talk of dreams going on. It just didn’t seem fair, I felt excluded from the very thing I would most have liked to be participating in at the time, by a bunch of people greedy enough to indulge in dreams going down at least five layers.

Sad to say, Inception was a let-down, other than the visuals.  There’s an excellent bit where they get the buildings of Paris to implode like some kind of airbed having the air let out. But overall, there was a broody pretention to the whole thing that bore the hallmarks of Christopher Nolan, but not on a directorial good day. Clearly something Deep, very deep is going on, but doesn’t the film just know it, and it hammers home its gazillion-dollar budget point, lingering unforgivably in the case of a mini-van full of dribbling dream-travellers falling very, oh-so-horribly slowly off a bridge, in a way that counted as five seconds in the dream layer below, five minutes in the layer below that, five hours in the layer below that and oh-my-life-will-it-ever-end in the layer below that. Luckily eventually it did end – but it took its time about it… Harumph.


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Alice au pays des merveilles

In a nutshell : Alice is now 20, a bit old to be in Wonderland, but she goes nevertheless guided by Tim Burton in a wonky adaptation of Lewis Carroll’s great work.

L’actualité et le dernier article de Mlle Clara impliquent que nous parlions sinon du festival de Cannes et de son président cette année, Tim Burton, – on le fait déjà formidablement ici – du moins de son dernier film dans nos salles, Alice au Pays des Merveilles. Alice est une adaptation, l’enfant a bien grandi, elle est même en 3 dimensions pour ceux qui le souhaitent, mais je crains qu’avec l’âge elle ait perdu de son charme, le film en tout cas très nettement.

Tim Burton a toujours eu l’avantage de connaître le cocktail magique qui lui permettait de mêler sa sensibilité, son originalité, ses thématiques et son talent à des projets populaires et vendeurs qui le faisaient être apprécié du public et de la critique. Mais ici, la boisson saoule plus qu’elle ne désaltère, monte à la tête plus qu’elle ne ravit les sens. Si les codes de l’univers burtonien sont respectés, rayures, couleurs vives, Johnny Depp etc., l’âme n’y est plus, dévorée par le marketing. L’œuvre satirique, absurde, dépaysante de Carroll n’est plus qu’un joli décor de pixels.

L’intrigue est simple. Alice (la molle Mia Wasikowska) est en âge de se marier mais elle hésite à épouser le caricaturalement rasant Hamish, aristocrate ridicule de corps et d’âme mais riche. Se connaissant insuffisamment elle-même elle préfère suivre un gentil lapin blanc, très en retard, que faire face et, qui sait, affronter l’ire de ses pairs et ses ainés. Ce passage à l’âge adulte est lourdement signifié par son troisième (après ses Aventures au Pays des Merveilles puis Through the Looking Glass) voyage au Pays des Merveilles sur lequel règne la terrible, cruelle et infantile Reine Rouge (amusante Helena Bonham-Carter). Une prophétie annonce qu’elle ne pourra être renversée et remplacée par sa douce et pacifique sœur, la Reine Blanche (Anne Hathaway), que si un héros (enfin une héroïne) réussit à vaincre le terrible monstre, le dragon hideux qu’est le Jabberwocky. Alice quitte donc le monde de Carroll pour entrer dans celui d’un sous Harry Potter qui aurait trop vu La Guerre des Etoiles. Après tout, pourquoi pas ? Mais c’est d’un ennui … En épilogue, Alice revient à la surface et finit par choisir de refuser le mariage victorien pour une vie d’aventures (en Chine, les marchés du futur).

Transformer l’enfant qu’est Alice en jeune femme fut pour moi le problème central car Burton ne sait pas ou ne veut pas filmer les troubles et les tensions de la sexualité et le personnage, que seul son Papa comprenait vraiment, n’apparaît pas avoir non plus particulièrement mûri intellectuellement. Alice est si enfantine qu’elle en devient cruche et le charme de la petite fille attentive, courtoise, insouciante, « extravagamment curieuse » du conte disparaît pour devenir une sorte de chevalier, la porteuse de l’épée magique.

Ainsi, pour incarner ce scénario atterrant, une multitudes d’effets, de couleurs, de mouvements et de détails léchés mais aucune trouvaille, et une carence en émotion étonnante. Car même si tout est fou, tout est lisse, jusqu’au Chapelier pourtant interprété par l’habituellement superbe Johnny Depp. Et la 3ème dimension n’amène rien de plus au spectacle, si ce n’est qu’après Avatar, elle apparaît bien mal maîtrisée, présentant plus un théâtre de marionnettes de papier qu’un monde dans lequel entrer.

On ressort du cinéma plutôt grognon car la déception est forte et même si l’on a pu être ravi çà ou là des apparitions élégantes du gros chat du Cheshire et de son beau sourire, on regrette la disparition de l’ambigüité chère à Lewis Carroll et du grain de folie d’un Tim Burton en petite forme.

En résumé: Alice retourne au Pays des Merveilles, mais on n’aurait peut-être pas dû lui accorder un visa…

Cinematically or otherwise, some literary classics should get to keep their dignity, kept from harm like beloved sacred cows, lowing sagely in their own verdant, cordoned-off corner of the cultural field. For me, Alice in Wonderland and Alice Through the Looking Glass are prime categories for that kind of reverence. They’re flippin’ perfect as they are. Hands off and don’t even think about it, Disney, Saatchi and Saatchi, Twentieth Century Fox, rabid post-post-post-modern/ist theorist, or whoever (hm, too late). But… then again, turns out that it’s Tim Burton who’s going to be riffing on the original story, casting delectable Johnny Depp in the leading role. And in 3D (could be psychedelic)! Hm. OK, call off the dogs, sounds like it could all be watchable after all….

So, the new story: Alice (Mia Wasikowska) has grown up into a feisty young adult on the verge of being publicly proposed to by dull local rich bloke Hamish, convinced her childhood adventures in Wonderland were some kind of indigestion-induced delusion. Luckily though, she falls back down the rabbit hole just before having to give an answer, giving her breathing space and some horribly generic adventures to trundle her way through before having to face him again at the end of the film. Pretty much all of the original major players are there, plot-wise: Johnny Depp plays The Mad Hatter, Paul Whitehouse the March Hare, Alan Rickman the Blue Caterpillar, Matt Lucas both Tweedledum AND Tweedledee… and Steven Fry is the voice of the almost-Bagpuss colour schemed Cheshire Cat (which is unquestionably most wonderful). Meanwhile, Wonderland has fallen into rack and ruin, submitted to the despotic whims of the Red Queen (Helena Bonham Carter), who’s at her all-time best resting her tired feet on a pig as a footstool. Alice is pounced on by the familiar crew of characters as their hopeful saviour from the whole mess, with the task of putting the banished White Queen (Anne Hathaway) back in charge of things by hopefully, um, slaying the Jabberwocky. If you will, all very Lord of the Rings-meets-Harry Potter-meets-Alice in Really-makes-you-wonder-what-they-were-thinking-land

Unfortunately, whilst it doesn’t by any means fall totally flat,  the all-new Alice is still a seriously big let down, yet more proof that pretty pictures and truckloads of cash can’t get you past a lame duck storyline, which is all the more enraging giving the glorious thematics it’s lazily reprising. Burton’s off form, other than his unstoppable flare for imaginative visuals. As for the promise of 3D, it’s categorically not worth the pinched nose and vague headache you get from sitting through a film with the still-rather-cumbersome 3D glasses on. It’s clearly a gimmicky add-on and one that almost made Monsieur D. swear off 3D for good, not only adding little but frequently detracting as well, making Avatar look truly masterful in the process. So, I’d recommend a night in rereading the originals above renting this on DVD – even if visually it does have its moments, and the Cheshire Cat is heartbreaking only in as much as you can’t actually get one  as a pet.

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