Category Archives: Horror

Rentrée, nouveauté et casserole

Franglaisreview en est à sa quatrième saison comme on dit dans le monde des séries télévisées et s’honore d’avoir eu au moment où j’écris ces lignes plus de 50’000 visiteurs dont certains sont même cinéphiles et non pas à la recherche de photos dénudées, de clips pornographiques ou du programme économique de Mitt Romney, car on trouve de tout sur ce site, sauf peut-être un programme économique de quelque candidat que ce soit.

Quoique …

Nous nous réjouissons de reprendre nos critiques, espérant, comme chaque année, que la pause estivale passée nous réussirons à tenir le rythme et que nous pourrons publier régulièrement chroniques et critiques des nouveautés cinématographiques de 2012 et 2013.

Et maintenant, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, un petit cadeau de Mlle L.

Pour vous remercier de votre amitié et votre fidélité, ou alors pour tester vos limites – je ne suis pas bien sûr – notre complice et co-critique Mlle L. a décidé de vous proposer un objet cinématographique qui, nous l’espérons, vous réjouira, mais qui, quelle que soit votre réaction, interdira désormais à ses participants toute carrière publique.

A vite, sur Franglaisreview !

Miss J. far too shocked to be able to write anything will just say “keep reading Franglaisreview!” …

“Some of us have jobs, you know!” …

“Now, I’m lost!!!”

‘Tis now on the record.

Leave a Comment

Filed under Cinema, Comedy, Documentary, Drama, Erotic, Horror, Sci-fi, Thriller, Western

Dark Shadows

In a nutshell: A glass half empty or half full? Dark Shadows got Mlle L. thinking and pondering. Miss J. follows up with a dashing review, M. D. concludes the exercise for this very special “three critics for the price of none”, after all this blog is free … Mmm, there might be something rotten in the Kingdom of Franglaisreview.

C’est avec une assez grande appréhension que je reçois désormais la nouvelle de la sortie d’un nouveau film de Tim Burton. Après plusieurs déceptions face à des réalisations trop bancales, inégales, parfois un peu mal fichues (Planète des Singes, Big Fish, Charlie et la Chocolaterie) et quelques accès de fureur pleine d’incompréhension (Les Noces Funèbres, dont la maladresse de l’animation et la fin cul-cul la praline à souhait étaient une insulte à l’Etrange Noël de Mr Jack, et Sweeney Todd, dont les errements musicaux m’ont rappelé les pires moments de Celine Dion au Stade de France), je m’étais réfugiée dans le choix de l’embargo (Alice au Pays des Merveilles, que je pense ne jamais voir), à force d’avoir été trop souvent déçue par les bâclages de plus en plus réguliers d’un réalisateur qui m’était si cher au départ.

Et puis, je vois la bande annonce de Dark Shadows : c’est que ça a l’air très bien, ce film-là … Ne connaissant pas bien du tout la série télévisée des années 1970 dont le film s’inspire (créée par Dan Curtis, avec Jonathan Frid dans le rôle repris par Johnny Depp), je ne risquais pas de me lancer dans les a priori comparatifs négativistes dont je suis pourtant férue. C’est dit, j’y vais ; Tim Burton et moi repartons enfin sur des bases amicales !

Une première critique sur des bases amicales

Tim Burton est bien aidé par une idée de départ assez géniale, associant la thématique des vampires à celle d’Hibernatus et des Visiteurs, propice comme on peut l’imaginer à la multiplication des “moments de bravoure” du comique de situation. Le casting, très prestigieux et fort talentueux, soutient le propos avec noblesse et professionnalisme : Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham-Carter s’amusent manifestement beaucoup et leur plaisir est contagieux. L’exubérance seventies (garde robe, décors, bande son) est un adjuvant efficace. Les dialogues sont fort bien travaillés. La photo “burtonienne” est prévisible mais toujours très belle, souvent grandiose.

Les 90 premières minutes de ce film sont une réussite totale, et recèlent de vrais moments de génie comique (sinon cinématographique): la rencontre de Barnabas le vampire anachronique avec les hippies, sa découverte du synthétiseur Bontempi, son dialogue de sourds avec une adolescente odieuse (Chloe Moretz, un peu décevante si l’on compare avec son extraordinaire personnage dans Kick Ass, reste néanmoins très convenable), bref, toutes ces scènes sont réellement parfaites, le film est un bonheur.

Mais … ? L’ensemble de la distribution retient son souffle!

Malheureusement … après cette première heure et demie, il reste encore 20 minutes de pellicule. Ces vingt dernières minutes de film sont consacrées au grand final, qui mériterait plutôt d’être qualifié de grosse catastrophe. Finition à la truelle, dialogues ineptes, va-et-vient de camera rappelant le style de Luc Besson dans Taxi 8 le retour de la vengeance qui va te péter ta gueule, “surprises de dernière minute” totalement injustifiées, inexploitées, incompréhensibles et franchement à la limite du débile, invasion des effets numériques sans aucune coordination avec les acteurs (on souffre pour Michelle Pfeiffer qui s’agite désespérément au cours d’une pantomime lamentable impliquant un fusil – bien réel – et une hydre – numérisée – donnant naissance à un des moments les plus ridicules de l’ère CGI), et, pour couronner le tout, un loup garou d’une laideur et d’une pauvreté technique qui m’a mise totalement hors de moi – j’ignore le nom de l’abruti responsable du design puis de la supervision de l’équipe technique qui a donné jour à ce loup garou, mais c’est un sacré gros nul, ne reculant devant aucune minablerie – le roi des nazes et des incompétents.

Bref, ces vingt dernières minutes, vous l’aurez compris, vous ruinent ce film pourtant jusque là si heureusement réussi. Suivant votre humeur, vous sortirez donc de la salle très heureux d’avoir vu 90 minutes d’un très bon Tim Burton, et vous ne vous attarderez pas sur le final (très) décevant ; ou vous repartirez grincheux et plein d’incompréhension, vous interrogeant sur ce ratage magistral d’un film qui était si bien parti. Alors, êtes-vous plutôt verre à demi vide ou à demi plein ? A vous de voir.

En résumé : Johnny Depp se joint de nouveau à Tim Burton pour un film gothique et – j’espérais bien – comique. Mais c’est surtout le gothique qui prime, et cela m’a plutôt déçu. 

Ah, it’s good to write a critique sandwiched between the work of two of my favourite cinema buffs, Monsieur D. and Mlle L. I shall try to do my best for Team English Language. Here goes: We dashed to the cinema on the opening Wednesday to see Tim Burton’s latest production, a liberal adaptation of the 1960/70s cult gothic TV series Dark Shadows. I can’t say I ever watched the series, but it seems a lot of people did. The story plays out in the coastal town of Collinsport in Maine, where gothic happenings are afoot.

Back when the town was an English colonial settlement, the son of the local fishing tycoon, Barnabas Collins (Johnny Depp) was turned into a vampire for spurning the advances of a servant girl far beneath his station, Angelique (Eva Green), who turns out to be a vengeful witch in her spare time. When Barnabas continues to refuse to submit to her, she has the stubborn vampire buried alive, and over the centuries, does all she can to ensure the Collins family’s decline.

Insomnia is a terrible thing.

By the time Barnabas gets dug up by a gang of unsuspecting road diggers in the 1970s, his family home is utterly dilapidated, despite the best efforts of the family matriarch Elizabeth Collins Stoddard (Michelle Pfeiffer) and the two remaining servants, not least the one in her early nineties who takes seven hours to polish a single silver spoon. And the children are as oddball as might be expected. The youngest, David (Gulliver McGrath), Sees Dead People and has a live-in therapist, Dr Julia Hoffman (the obligatory Helena Bonham Carter). His older sister, Caroline (Chloë Moretz), is the quintessential moody teenager, with the corresponding tastes in music and fashion.

Barnabas has quite some adapting to do, and the comic potential is rich. Depp applies his customary panache as a graceful, eerily pale character with ‘special dietary requirements’ guaranteed to make any airline company tremble. And as an aside, were the depictions of Barnabas’ ginger excursions out into daylight channeling Michael Jackson, or what?

See what I mean?

I was mainly sold on the trailer for the film, which unfortunately made it look a lot more humorous than it actually was. I’d expected there to be less gothic bloodthirstiness, and more comedy. As it turns out, most of the best gags are in the trailer. And there’s a whole lot more gore and dark warpedness in a production that drags at times. While the characters deliver all the zest they’ve got and more, deep down the film seems to be taking itself horribly, excessively seriously – and the overall effect is spoiled.

In a nutshell (bis) : Fans will find their reward but Dark Shadows disappoints. The script lacks fangs and both Burton and Depp are quite predictable. But like pizza or chocolate cake, even when it’s not great, it remains pretty good. Let’s hope both director and actor will step outside their comfort zone on their next project.

Nul besoin d’épiloguer avec tant de critiques précédant mes modestes mots. Assez brièvement, donc, Dark Shadows reprend une série inconnue du plus grand nombre (si vous la connaissiez, faites-nous signe pour nous dire si Burton y est fidèle ou non, et si même cela a une quelconque importance). Barnabas Collins (Johnny Depp, toujours plus Depp) couche avec la bonne, beaucoup plus mauvaise – huhuhu … – qu’il ne l’imaginait, car la ravissante Angélique (sic) Bouchard (Eva Green parfaite) est une sorcière démoniaque. Elle maudit toute la famille Collins, en particulier Barnabas, transformé alors en vampire, qu’elle enfermera pour deux siècles dans un cercueil sanglé de lourdes chaines. Libéré, celui-ci tentera de sauver ce qu’il reste de sa très dysfonctionnelle famille et de redonner un lustre au blason des Collins. Sur sa route, évidemment, il trouvera la toujours superbe, toujours amoureuse et toujours diabolique Mlle Bouchard. La lutte sera rude.

Troisième critique dans laquelle la lutte sera rude

Comme le soulignaient avec prolixité mes camarades, Burton sait s’entourer d’une troupe d’acteurs dont le talent ne fait jamais défaut. Fidèle à sa famille, il retrouve Danny Elfman, poursuit sa collaboration fertile avec Johnny Depp, offre un rôle à son épouse Helena Bonham Carter et permet une apparition en Capitaine au long court au légendaire Christopher Lee. Son film, sans surprise, permet à Depp de faire son numéro, et dessine un univers parallèle notoire et rassurant où le gothique faussement épeurant (comme le dise nos amis Québécois) est interrompu par quelques saillies et autres cocasseries tendres.

Cela résume les points forts et les faiblesses de ce Dark Shadows. Les amateurs trouveront l’ambiance burtonienne qu’ils apprécient tant, le mélange entre fantastique effronté et humour malicieux, un héros “monstrueux” pourtant plus aimable que les gens normaux, et le professionnalisme d’une grosse production. Les détracteurs du réalisateur américain souligneront les présences inutiles, pesantes de l’épouse (H. Bonham Carter) et du mentor (C. Lee) que Burton ne sait comment utiliser. Ils remarqueront un scénario faiblard et une bande annonce bien plus drôle que le film, souvent languide. Ils regretteront aussi que le créateur génial d’Edward aux mains d’argent ou d’Ed Wood n’arrive pas à se renouveler depuis Big Fish, tous ses films oscillants entre le très lisse attendu (bien sympathique Charlie …) et le carrément raté (catastrophique Alice …).

Un film ni vraiment gauche, ni très adroit … au centre. Attention à ne pas se faire écraser !

Le divertissement est honnête mais inconstant et l’on reste plus attaché à la Famille Adams qu’à la famille Collins. Quelques scènes et effets sont magistraux – le visage d’Eva Green qui se craquèle, véritable coquille d’oeuf ; le spectre chutant éternellement du haut d’un lustre ; la réunion brutale et acrobatique des désirs de la sorcière et du vampire, etc. -, la dernière partie, lamentable, est à oublier. On pleurera simultanément qu’un créateur, désormais “muséifié”, ne soit plus qu’un styliste certes talentueux mais loin de ce qu’il fut, on se réjouira qu’en dépit d’un dernier acte bâclé il soit toujours capable de nous offrir quelques instants de rires, de rêves, de charme, de merveilleux.

Allez, M. Burton ! Allez, M. Depp ! Soyez audacieux ! Repartez sur des chemins de traverse, réinventez-vous!

3 Comments

Filed under Comedy, Fantasy, Horror

Tucker & Dale vs. Evil

In a nutshell: A very funny horror movie or a very gory comedy ; in any case, hard not to laugh and cringe at the most awful vacation taken by any group of college students or by any hillbilly enjoying a fishing trip. Better than Shaun of the Dead, as good as Sam Raimi’s Evil Dead, an instant (minor) classic!

Des générations de citadins, surtout s’ils sont jeunes, légèrement stupides et physiquement désirables, savent qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un bouseux, car il est de notoriété commune que celui-ci, surtout dans le monde anglo-saxon, passe son temps libre entra aventures incestueuses, zoophilie caractérisée, cruauté gratuite et rage meurtrière. C’est comme ça, c’est le cinéma de genre qui l’affirme. Ainsi de Délivrance aux Chiens de paille, de Bergman (La Source) à Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse), il ne fait pas bon être candide et de passage dans une campagne loin de toute civilisation.

Un groupe de jeunes étudiants universitaires, éduqué par ces exemples, voit donc avec terreur que leur idée de week-end dans la nature est partagée par deux péquenauds au regard torve et à la chemise sale, Tucker (Alan Tudyk) et Dale (Tyler Labine). Ceux-ci, bien loin de se douter de leur sinistre aura, voient avec surprise que leur allure fait naître la peur et des réactions qu’ils n’anticipaient pas, alors qu’ils ne souhaitent passer qu’une semaine de vacances tranquille à pêcher, boire des bières et retaper une bicoque achetée pour quelques sous.

Attention, jeunes gens, l'abus de hache peut être dangereux pour la santé !

Comédie de situations, chaque action menant à des quiproquos toujours plus drôles et plus sanglants, les aventures de Tucker et Dale, sur la trame inversée de Vendredi 13, jouent sur les clichés du film d’horreur avec un talent au moins aussi grand que Shaun of the Dead ou Scream. Grand guignol à souhait, Eli Craig dirige avec maestria ses jeunes acteurs et, sans se prendre un instant au sérieux, suit l’une des partitions les plus rythmées et les plus intelligentes que je puisse imaginer pour ce genre de film. L’humour est bien entendu noir, bête et méchant (pour faire plaisir à Miss Dr.  J.) et le sang coule à flot. La parodie toujours ingénieuse fonctionne et réjouit.

Si la seconde moitié du film faiblit un peu, la puissance comique s’essouffle, l’ensemble reste de très haute tenue. Le premier degré jouissif choisi par le réalisateur rend (presque) crédible les situations abracadabrantes de ses protagonistes et le plaisir qu’il a, ainsi que ses acteurs, à jouer avec les conventions du genre donnent une épaisseur jusqu’aux dérapages les plus improbables. Il serait surprenant que ce burlesque Tucker & Dale ne devienne pas culte dans le sous-genre de la farce horrifique. Et je ne puis qu’encourager, celles et ceux (enfin, celle, hein, Mlle L.), qui sont sensibles à cet univers, le résultat devrait les enthousiasmer.

En résumé : Malgré des allures un peu glauques, ce film est un régal qui rappelle les dangers des préjugés: à voir!

As soon as I saw the trailer for Tucker and Dale vs Evil, I knew I needed to see this. Which was surprising, as slasher films and their ilk usually make me stressed out. But this looked brilliant, and it didn’t disappoint: it’s a hilarious spoof of the ‘privileged college students on camping trip meet deranged mass murderer’ horror genre. While on the face of it, it’s not one for anyone with a big aversion to gore – the trailer gives as much away – for fans of good old fashioned farce, littered with misunderstandings and unfortunate errors of timing, it’s a humdinger.

This actually isn't what it looks like.

Tucker (Alan Tudyk) and Dale (Tyler Labine) star as kindhearted country-folk with a hint of red about the neck, all excited to spend their vacation fixing up the dream wood chalet they’ve bought. It might be full of rusty farm equipment and doused in blackened cobwebs, but they set to, talking about girls and the best tactics for getting one – having just failed to impress a batch of college kids in a 4×4 at a gas station on their way to the woods. Unluckily for them, the same gang of students turn out to be vacationing right next door, and they are terrified. Soon enough, terrible accidents start to happen…

It strikes a cracking pace, with zingy performances all round. It had the audience laughing from start to finish, although it does trail off  a little in the second half, before pepping up again close to the end.  It manages to take a fairly hefty dig at prejudices and the tendency to jump to conclusions, and the scriptwriters clearly knew their stuff: highly recommended, and probably an instant classic in its genre.

2 Comments

Filed under Comedy, Horror

Top 10 – 2011

In a nutshell: For a third consecutive year, this blog lives! How cool is that?  As it’s tradition now we shall look back on 2011 and celebrate the movies we enjoyed the most. Since it wouldn’t be fair to forget our dear friends and contributors who helped us so much in maintaining this blog and providing new reviews when schedules are tight and movie theatres are packed so we can’t get in, they shall start with their Top (hum) 5 – most of them cheated -, the  film(s) they wished they’d found the time to see, and the one(s) they really rather wish they hadn’t.

Let the party begin – and happy New Year to you, dear reader!

Avant toute chose : Belle et Heureuse Année à Vous, Lectrice Aimée, et mes meilleurs voeux aussi pour toi sympathique lecteur, que 2012 vous apportent bien du bonheur.

Tout comme l’année dernière nous avons rassemblés nos forces, c’est à dire celles amicales et bénévoles de nos critiques invitées et leur avons demandé de nous fournir leur top 5 de leurs films préférés de cette année 2011. Chacun de nos bienveillants contributeurs nous a envoyé ses choix selon ses goûts et ses dégoûts. Certains sont commentés, d’autres nettement moins, ainsi s’expriment les différentes voix de franglaisreview. Les nôtres concluront l’exercice.

-

A tout seigneur, tout honneur, Mlle L. présente sur tous les fronts et sur trois continents nous donne, en plus des ses découvertes à 3€, son top 3, parce que 5, cette année c’est un peu trop.

Top Five des films vus au cinéma et qui sont sortis en cours d’année 2011 et que j’ai vraiment aimé et que c’est mission impossible d’en trouver cinq parce que sans blague cette année j’étais beaucoup aux Etats Unis et comment voulez vous que je fasse, alors du coup j’en ai que trois mais c’est vraiment en faisant tout mon possible, je vais quand même pas mettre Captain America dans mon classement, tu parles d’une daube ! :

1. Drive de Nicolas Winding Refn

2. The Killing Jar de Mark Young

3. The King’s speech de Tom Hooper

Mon top 6 de regrets terribles que j’ai pas pu les voir et que ça me rend très malheureuse et qu’en plus y en a beaucoup d’autres que j’ai ratés mais il faut bien faire un tri déjà que je respecte pas les consignes, mais que si ces films étaient passés dans le pays de blaireaux où j’étais cloitrée ben mon top five aurait eu plus de gueule, sauf que là j’ai pas pu les voir alors évidemment :

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal ; Hara Kiri de Takashi Miike ; The Artist de Michel Hazanavicius ; Harry Brown de Daniel Barber ; La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy ; Habemus Papam de Nanni Moretti.

Ma plus grosse déception que je suis pas contente et que ça aurait dû être génial et qu’en fait c’était tout mou et mal foutu et décevant et c’est pas du boulot: True Grit des frères Coen.

Bien sûr, il y a aussi les films dont on m’a rebattu les oreilles sans répit alors que c’était crâmé dès le départ puisqu’il s’agissait d’énormes daubes (en tête de liste, Black Swan de Darren Aronovsky, parce que RIEN A SECOUER des aventures en tutus de deux casse-couilles qui devraient se contenter de faire égéries Chanel et pas venir m’emm…rder à faire actrices, bon).

Et puis, enfin, un top five des films bizarres en DVD chroniques cette année :

1. Django, prepare a coffin de Stelvio Massi.

2. Danger Diabolik de Mario Bava.

3. Messiah of Evil de Willard Huyck.

4. La Banda del Trucido de Ferdinando Baldi.

5. The Abominable Doctor Phibes de Robert Fuest.

Our fan of entertainment with a bang, martial arts and cool witty one liners, Mr. J.A. followed the instructions to the letter. I love when a plan comes together.

1. Super 8 by J.J. Abrams

2. Suckerpunch by Zack Snyder

3. Crazy Stupid Love by John Requa and Glenn Ficarra

4. X-Men First Class by Matthew Vaughn

5. Midnight in Paris by Woody Allen

The worst movie of 2011 : The Three Musketeers by Paul W.S. Anderson (was there any doubt, after this biting review?)

The movie he most wanted to see but couldn’t: Red State by Kevin Smith

M. J.M., en plus d’avoir presque les mêmes initiales qu’un grand studio hollywoodien a des goûts aussi ambitieux et éclectiques … et des valeurs ! Voici ses choix :

Année étrange, difficile de donner un top 5, car les films marchent par ensembles

En 1, nettement au-dessus du lot : La piel que habito de Pedro Almodovar,

En 2, une errance : Essential Killing de Jerzy Skolimowski,

En 3, trois films, chacun imparfait, mais parfois d’une émotion très intense :

Le discours d’un roi de Tom Hopper ; Habemus papam de Nanni Moretti ; A dangerous method de David Cronenberg

En 4, trois films de genre, vitesse, accélération, vitesse :
X-Men First Class de Matthew Vaughn ; Scream 4 de Wes Craven ; Mission Impossible: Ghost Protocol de Brad Bird

Et pour (ne pas) conclure, ou pour faire une transition, un film de transition (reflet très esthète du film d’Almodovar) : L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Je n’ai pas oublié les catégories regret ou déception de l’année, mais mon tempérament ne me fait absolument rien regretter du tout et je ne suis jamais déçu par le cinéma ; en effet, je suis un mec positif, en analyse, serein, qui vit et jouit et lit et écrit et pense et rêve et voit au présent ; de telles catégories sont des réflexes de loser, certainement socialistes, soit dit en passant ; en outre, ce n’est pas une catégorie plus ou moins anonyme et en tous points conformiste qui me donnera le moindre ordre

Je n’ai pas vu Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache, mais je crois que ce sera facile de rattraper cet oubli.

Déception : je ne sais pas, disons Hugo Cabret de Martin Scorsese, mais je n’en attendais rien

Surprise (voilà un terme positif et vivant, un peu fou, qui nous place dans le bonheur de l’instant présent) : L’ordre et la morale de Matthieu Kassovitz, que j’aime vraiment bien. En plus je n’ai détesté aucun des films français que j’ai vus cette année – voilà, au moins, les véritables valeurs peuvent se transmettre.


And then comes our international woman of mystery, the discreet but ever present Mlle CTP who sees more movies a day than there are hours. Her favorite 5 (well 6) are the following :

1. L’Apollonide de Bertand Bonello

2. Drive de Nicolas Winding Refn

3. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

4. La Piel que habito de Pedro Almodovar

5 (et 6). Tomboy de Céline Sciamma et Meek’s Cutoff de Kelly Reichardt

Estimant que les documentaires méritent une place à part, elle ajoute en sélection parallèle : The Ballad of Genesis and Lady Jaye  de Marie Losier et La nuit elles dansent de Isabelle Lavigne et Stéphane Thibault.

Elle a raté Dernière Séance de Laurent Achard, Essential Killing de Jerzy Skolimowski (mention spéciale pour la ressortie de Deep End cette année !!) et Hors Satan de Bruno Dumont.

Sa plus grande déception ?  … eeeeuh, The Tree of Life de Terrence Mallick (ils avaient fumé des gros bouts de moquettes à Cannes ou ils avaient tous des regrets new-age ?) et Poulet aux prunes de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi.

Mlle Clara clôt avec sa prolixité souriante habituelle les classements de nos reviewers amis. Voici les films qui ont retenu son attention :

1. Le Gamin au vélo des frères Dardenne

Je pensais être fatiguée de leurs films, de leur univers qui me paraissait un brin répétitif, et puis, paf ! un gros coup de poing dans la figure ! Quelle force, quelle intensité, quelle maestria dans la mise en scène, dans la direction d’acteur. On en sort avec l’impression que seul le cinéma peut produire cet effet-là. Chapeau bas !

2. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Grand moment de cinéma à la Semaine de la critique, avec l’intensité de la première projection cannoise. Un sujet délicat, traité avec la force de l’urgence, la témérité d’une réalisatrice qui ose des choses risquées en s’en sortant brillamment – miracle de la grâce. Un film sur une maladie mortelle, dont on sort bouleversé et plein d’envie de vivre.

3. La Piel que habito de Pedro Almodovar

Quel étrange cerveau que celui de Pedro Almodovar… Comme avec les Dardenne, on croit qu’on est saturé de ce cinéaste à l’univers si cohérent, et puis, non ! On reste surpris par l’intelligence de sa mise en scène (la scénographie de la maison, l’esthétique de la chambre de la recluse), la folie de ces histoires d’identités sexuées chamboulées… Surpris enfin par son audace dans le mélange des tonalités, le grotesque et le sublime mêlés – très hugolien Almodovar, tiens ! Oui, cette façon qu’a Almodovar de mélanger la tonalité mélodramatique qui fait monter les larmes aux yeux, et le grand guignol qui fait éclater de rire : unique ! La référence aux Yeux sans visage en arrière-plan, si glaçante, si prégnante, est aussi une belle chose…

4. Une séparation de Asghar Farhadi

Révélation pour moi d’un cinéaste dont je suis allée après coup découvrir les films précédents, tous beaux, même si je préfère encore Une séparation. Bon, beaucoup a été déjà dit sur ce film haletant, à la direction d’acteur géniale, qui nous fait pénétrer dans cette société iranienne tellement intrigante vue d’ici…

5. Melancholia de Lars von Trier

Si j’avais envie d’aimer The Tree of life (raté !), je n’avais pas du tout envie d’aller honorer ce personnage idiot de Lars von Trier après ces débiles frasques cannoises. Mais bon, la curiosité fut trop grande. Et voilà, dès le prologue, j’ai été prise ! Ici, l’ambition métaphysique, les liens établis entre l’infini grand de l’univers et l’infiniment petit de nos affaires humaines dérisoires vus de Sirius, tout cela fonctionne et émeut, jusqu’à l’acmé final qui m’a cloué dans mon siège, knocked out. Les images et les questions soulevées par le film ont continué au-delà du visionnage de me hanter…

M. D et Miss J ont demandé un top five, mais c’est un peu juste, alors voilà pour le reste des révélations 2011 de votre serviteur.

The Artist de Michel Hazanavicius et L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller.

Et puis encore : Shame de Steve McQueen, Drive de Nicolas Winding Refn, Tomboy de Céline Sciamma, Impardonnables de André Téchiné, La grotte des rêves perdus de Werner Herzog, My little princess de Eva Ionesco, Habemus papam de Nanni Moretti et L’Apollonide de Bertrand Bonello.

Là en revanche ce ne sera pas le pied

Mes trois plus grandes déceptions furent

1.The Tree of life de Terrence Mallick, parce que j’en attendais beaucoup et que j’avais envie d’aimer ce film ambitieux ; or impossible pour moi supporter le côté pompier des images, la dimension prêchi prêcha du message (« God, you took my son, he’s dead, it’s fine, take him, he’s yours ! » : Beurk !).

2. Carnage de Roman Polanski: autre déception d’un réalisateur dont j’attends forcément beaucoup. Pas seulement parce que Carnage est un petit film, mais aussi parce que sa misanthropie et sa misogynie m’ont semblé vaines. Et plus encore, son côté règlement de compte avec la gauche-américaine-politiquement correct-droitdelhommiste m’a paru mesquine.

3. Tintin de Steven Spielberg: encore un cinéaste dont on peut attendre beaucoup (enfin, à l’exception des fins). Impossible pour moi de supporter cette agitation de jeux vidéos, cette débauche d’effets, de caméra mouvante pour le mouvement, ce rythme frénétique sans le moindre répit. Résultat : la gerbe. Désolée !

Enfin voici le temps des regrets, dans ma bonne ville de Nice n’ont pas encore été programmé : L’Etrange affaire Angelica de Manoel de Oliveira, Dernière séance de Laurent Achard, le dernier film de Bela Tarr, le cycle Welcome in Vienne d’Axel Corti, Donoma, Honk … J’ai aussi raté : Incendies de Denis Villeneuve et Hors satan de Bruno Dumont.

A tout ceci s’ajoute un message personnel, une épiphanie :

Cette année 2011 m’aura donné la joie de découvrir (tardivement, puisque j’aurai pu, dû, les débusquer avant) deux acteurs qui ont plus que titiller la midinette qui est moi. Rien de bien original, puisque la toile bruisse des noms de ces deux phénomènes, de ces deux créatures au sex appeal maximal mais aussi acteurs émérites dont on a envie de suivre la trajectoire future. J’ai nommé, évidemment, Michael Fassbender (mon prem’s) et Ryan Gosling. Merci d’exister les gars, et si vous lisez ce blog génial, vous pouvez écrire aux rédac chefs pour récupérer my phone number.

And now here’s…

Miss J’s top 10 for 2011:

…. I shall try to be reasonably concise.

1. Habemus Papam (Nanni Moretti) – sparklingly absurdist, compelling viewing as the Pope has a meltdown.

2. Pina (Wim Wenders) – a fine tribute to one of the twentieth century’s great choreographers.

3. Tyranosaur (Paddy Considine) – a powerful and moving drama that transcends clichés of victims and persecutors.

4. Le Havre (Aki Kaurismäki) – a touching, uplifting film about generosity and solidarity.

5. La Fée (Dominique Abel) – original and offbeat in a great way, who wouldn’t want three wishes from the fairy of Le Havre?

6. The King’s Speech (Tom Hooper) – an impeccably polished exploration of performance anxiety.

7. Moneyball (Bennett Miller) – another of those sports movies that digs down to lots of interesting universals.

8. Intouchables (Eric Toledano) – two ‘untouchables’ help each other back to life in the French comedy of the year.

9. Le Cochon de Gaza (Sylvain Estibal) – bittersweet comedy with dark satirical undertones and a storming performance by a pig.

10. The Sound of Noise (Johannes Stjärne Nilsson and Ola Simonsson) – audacious musical mayhem.

Miss J’s top three popcorn movies of the year:

 1. Rio (Carlos Saldanha) -  Feel-good music, bright sunshine, great animation, strong storyline – the perfect mood-lifter!

2. Friends With Benefits (Will Gluck) – sit back, unplug brain, smile and crunch popcorn.

3. Mission Impossible 4: The Ghost Protocol (Brad Bird) – far, far funnier than expected and as high energy as it comes.

Miss J’s top three ‘kill me now’ movies of the year:

1. The Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog) – very much wanted to care, but it was SO DULL.

2. The Lady (Luc Besson) – ugh, the soundtrack. Just thinking about it makes me want to retreat to a darkened room and whimper.

3. Hereafter (Clint Eastwood) – excruciatingly bad. As invigorating and engaging as drying paint.

Finally, three films I regret missing so far: The Artist, La Guerre est déclarée, We Need to Talk about Kevin.

Et si vous avez eu le courage d’atteindre le bout de cette page, voici le classement de mes films préférés vus en 2011, et si j’en crois ces résultats, ce fut une année durant laquelle j’ai eu besoin de rire.

1. Pina de Wim Wenders – parce que le travail d’une chorégraphe extraordinaire filmé par un réalisateur de talent crée des étincelles jusque dans l’âme

2. Habemus Papam de Nanni Moretti. Michel Piccoli est grand, beau, touchant, Moretti est caustique et tendre et la comédie vaticane subtile, j’en reveux.

3. Une séparation de Asghar Farhadi. Les acteurs sont à tomber tant ils ont la grâce, le réalisateur impressionne, l’histoire de ce divorce n’est jamais manichéenne et est universelle.

4. Tyrannosaure de Paddy Considine. Parce que Dinard recèle des pépites de cinéma britannique avec des morceaux de bravoure dedans, parce que ce drame social est puissant, percutant, émouvant et les acteurs dignes des plus beaux éloges

5. The Sound of Noise de Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson. Haletant, drôle, original et musical, que dire de plus !

6. The Trotsky de Jacob Tierney – parce que ce film hégélien a été fait pour moi, que l’histoire se répète toujours deux fois, que la seconde est une farce et quelle farce ! Et j’ai parfois la nostalgie de Montréal.

7. La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy. Poétique et clownesque au sens le plus noble.

8. Le Discours d’un roi de Tom Hooper – parce que ce film tout classique et conservateur qu’il est a du souffle, que Colin Firth y est magnifique, et que ce conte de fée royal m’a séduit.

9. L’Irlandais de John Michael McDonagh. Des acteurs superbes, des répliques qui font mouche, une caméra nerveuse enthousiasmante, LA comédie policière de l’année !

10. Intouchables de Eric Toledano & Olivier Nakache. Ce classement est clairement un hommage aux comédies (vues en 2011), et Intouchables réussit si bien dans l’art ô combien difficile que de faire rire, que l’on est tenté d’aller le revoir pour savourer pleinement les plaisanteries alors masquées par l’hilarité des salles. En plus, un film qui offre un podium à un handicapé moteur, un oeuf Fabergé et Omar Sy méritent qu’on le remarque.

Les trois films qui m’ont déçu ne seront pas en tant que tel les pires films de 2011, enfin pas forcément. Trop facile de dégommer un film de Christophe Honoré, Hollywoo ou Les Immortels. Toute personne qui avait un espoir en entrant dans la salle se mettait d’avance le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et pas évident avec un coude dans l’orbite de se concentrer sur l’écran.

Ainsi, là où mes espoirs furent déçus, piétinés, coupés en morceaux, noyés puis pendus :

1. Incendies de Denis Villeneuve. Une histoire absurde, ca veut faire renouveau de la tragédie grecque et ça n’est que fantasmes adolescents lourdauds et exotiques (parce que si le Liban, ou même le Moyen Orient c’est ça …) je reste encore incrédule que tant de gens que j’apprécie aient aimé ce film.

Behold the lamb de John McIlduff. Raté, tout simplement raté.

3. The Tree of Life de Terrence Mallick, qui n’est pas un mauvais film, mais tant de beautés pour tant d’ennui, je n’ai rien contre les dinosaures ni les métaphores filées, mais tout cela m’est apparu assez vain.

Enfin trois films manqués, “flûte”, mais nos chroniqueurs en disent tant de bien que s’éveille une certaine curiosité, alors espérons qu’un jour, si les Mayas nous en laissent le temps …

  1. La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli
  2. Essential Killing de Jerzy Skolimowski
  3. La piel que habito de Pedro Almodovar.

Bonne année à toutes et tous ! Happy New Year et vivent les milles visages du cinéma.

4 Comments

Filed under Action, Animation, Aventure, Biopic, Cinema, Comedy, Documentary, Drama, Erotic, Fantasy, Historique, Horror, melodrame, Policier, Road movie, Romance, Sci-fi, Superhero, Thriller, Western

Messiah of Evil

In a nutshell: When you find out that a movie is about a “blood-crazed cannibal zombie cult”, who do you think of? Mlle L. of course. There is a bad moon on the rise and it’s frightening enough because a corruption that undermines all your ‘good’ influences is threatening to spread throughout the world. Its source? Naturally, California. Ready for fun (and conservative) nightmares, do read this.

En résumé : Willard Huyck et Gloria Katz sortaient tout juste de l’université qu’on leur proposait de l’argent pour tourner un film, tout ce qu’ils voulaient du moment que ce soit un film d’horreur. Les petits malins ont donc décidé de réaliser un film expérimental tout en respectant le cahier des charges. Leur relatif désintérêt pour le genre a rendu ce film classique tant la peur s’insinue sans les ficelles habituelles et tant la normalité de Point Dune, petite ville californienne banale, devient le cadre parfait au plus beau des cauchemars. Si vous aimez Suspiria et The Fog, allez retrouver la prose de Mlle L. par ici.

1 Comment

Filed under Horror

The Abominable Doctor Phibes

In a nutshell: Mlle L. believes  here that this movie is far from abominable. The great Vincent Price is a pleasure to watch as an evil doctor on the rampage. Some are seeing it as the root of the famous series Saw, some as one of the prime example of “gaysploitation”. Mlle L. says maybe, but mainly only fun and good “Phibes”.

En résumé : C’est la rentrée et des dizaines de milliers d’élèves ont quelques vapeurs, bien des parents aussi. Le moment d’aller voir le docteur ? Mlle L. déconseille les traitements de l’abominable Phibes, mais soutient ici la vision de ses forfaits sanglants, imaginatifs, bibliques. Délicieux, britanniques, et selon certains critiques coquins l’un des plus beaux films de “gaysploitation” tant les relations sado-maso de Vincent Price avec les médecins qu’il traque seraient suggestives. Vulvania (non, ce n’est pas en Auvergne) qui s’en dédit.

1 Comment

Filed under Horror, Thriller

Scream 4

In a nutshell: Monsieur JM is back with for reviews four our blog (or vice-versa). His first will be about a horror movie, Scream n°4. One could imagine that 3 movies on the same theme might have been enough, but apparently this third sequel is the most interesting, funny and intriguing since the initial Scream. If you are not faint of heart and are a fan of the genre, it is apparently enjoyable.

Dans son prologue très réussi, Craven donne à ceux qui l’auraient oublié le principe de son film : des jeunes étudiantes apparaissent puis disparaissent assez vite, égorgées ou éventrées brutalement par un meurtrier masqué. Ce qui compte, ce n’est pas leur caractère ou leur personnalité, c’est la montée de la tension, le prolongement du suspense, l’originalité macabre du crime – ainsi que l’effet de boucle, le plaisir qu’on prend à ce que ça se répète sans cesse. En fait, le point de départ est fourni par certains films d’Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour (l’importance du regard du spectateur, ce qu’il sait, ne sait pas, veut savoir) et Psychose (la scène de meurtre comme une œuvre d’art). La série des Scream est donc une série conceptuelle dont le sujet est le cinéma et la mise en scène du crime.

Tiens, une scène coupée

Mais, contrairement au cinéma d’Hitchcock, déjà vieux de 50 ans, ici il ne reste plus grand-chose du personnage : en tout cas, il n’existe plus du tout par sa psychologie, pas même par sa fonction dans le récit, c’est à peine un corps à tuer. Voilà un jouet à torturer ou à déchirer – une stimulation – un produit à recycler comme tous ces corps qu’on peine à reconnaître, bimbos, vedettes de la télé, souvent un peu des deux. C’est une silhouette, un cri, un reflet presque effacé, une ombre vague, l’écho de Norman Bates, l’écho de l’écho de l’écho. Tant de scènes de Scream 4 font référence à des scènes de Scream 1, mais on les identifie à peine, on se souvient juste qu’on a dû les avoir vu. Le danger de cette démarche est que la boucle des références tourne à vide, qu’il n’y ait plus rien à montrer ou à mettre en peur – c’était l’écueil de Scream 2 et de Scream 3 qui ne pouvaient que montrer le lent épuisement d’un principe ou d’une théorie.

Ce n’est pas le cas ici, notamment parce que Craven utilise la dizaine d’années qui sépare le numéro 3 du numéro 4 pour renouveler son suspense via le perfectionnement des outils numériques ou des téléphones. Il sait s’emparer de la liberté des téléphones portables, des signaux sonores, des nouvelles caméras portatives, de la facilité à créer un réseau ; seul regret : il n’intègre pas directement le flux des images, leur circulation à travers les sites ou leur anonymat. C’est ce qu’avait fait Romero dans Diary of the Dead ; Craven et Romero ont pourtant en commun cette nécessité de fonder le récit d’horreur sur des éléments programmés, connus par le spectateur, déjà vus et de montrer par ces figures imaginaires (le mort-vivant et le serial killer) les évolutions de la société et de notre rapport à l’image. Il y a aussi cette façon de rendre confuses les frontières entre la culture haute et la culture basse, de faire des films d’horreur ou d’épouvante des années 70 le fondement d’un imaginaire contemporain et de faire de l’espace réel un lieu abstrait, assez laid, à la photographie télévisuelle.

Photo de famille fade n°4

Où chercher des personnages alors ? Dans les acteurs qui ont résisté aux trois épisodes précédents ? Fausse piste. Ils réapparaissent, plus vieux mais assez fades. David Arquette est affublé d’une sorte de déguisement de sheriff. Neve Campbell se fige dans une posture mélodramatique de victime. Courteney Cox surjoue l’aigreur et la dureté. On les voit assez peu, et ils restent assez en retrait, périphériques. D’ailleurs, comme absolument tous les personnages du film, eux aussi, chacun leur tour, doivent faire l’épreuve de la mort, de l’accident, de la blessure, de l’éviction du récit. Ils sont définitivement devenus des postiches, des effigies désincarnées. D’ailleurs, la peur du désir, qui était encore le thème de Scream 1 dans la lignée des films d’horreur inspirés de Halloween, n’est plus du tout celui de Scream 4.

Il y a un seul personnage : c’est l’assassin, mais seulement une fois que son identité a été dévoilée. Lors d’une rare scène qui n’est réservée ni aux trois anciens, ni aux scènes de meurtre, nous restons aux côtés de l’assassin, et nous voyons comment celui-ci essaie de gruger son monde. Que voyons-nous ? Une mise en scène – un double jeu – et finalement une mise à mort. Les gentils, revenus chacun d’entre les morts, triomphent. Mais le dernier plan est pour l’assassin. Dans un montage parallèle plus amer que cynique, Craven fait le lien entre les histoires racontées, ressassées par les médias, faussement légendaires, artificielles et le visage meurtri, épuisé du criminel mort. Image d’une jeunesse égoïste, vaniteuse, croyant être la seule histoire digne d’être racontée mais ne créant finalement que le vide autour de soi. C’est le seul personnage, mais cela n’a duré que dix minutes, pas plus. Il y a eu un personnage, fugitivement, et rien de plus.

1 Comment

Filed under Horror, Thriller

Black Swan

En résume: un film d’épouvante psychologique où la folie guette quand on tient à exceller à tout prix, au milieu du ballet comme dans la vie tout court. Et ça va saigner.

Tchaikovsky’s Swan Lake has been having a busy run of it lately. It was used to spine-tingling effect (or nauseatingly, depending on one’s disposition) in Des Hommes et des dieux. Darren Aronofsky’s dark psychological horror film Black Swan takes things a step further by incorporating this beautiful, if overexposed, musical masterpiece into the fabric of a whole film. Monsieur D. decided to pass on this one, and I couldn’t blame him. Various friends and family of sound mind and disposition had watched it with a mixture of repulsion/yikes/oh-dear, but others had at least found it worthy of the time of day, or plain enthused about it. So I was curious. It was worth the effort, delivering what felt like a slamming indictment of some of contemporary society’s more crushing pressures. The music took me back to childhood happiness (twirling around to Swan Lake, blissfully unaware of the schoolyard confusion that awaited me for my abject ignorance of any popular music whatsoever). The film duly overlaid such memories with painful images of horribly mutilated, bleeding body parts all contorted up in the name of perfection.

Natalie Portman plays Nina, a technically irreproachable but emotionally anaemic ballet dancer in the New York Ballet Company. She lives with her intense mother Erica (Barbara Hershey) who – healthily enough – had been set to become a famous ballet dancer herself but fallen pregnant with Nina, and who is enough to make anyone feel a tad on edge. Audition time comes around, and sleazy ballet director alpha-megalomaniac Thomas (Vincent Cassel) is on the prowl for a new star to revive the ballet’s flagging ticket sales. Nina is clearly perfect for the role of the virginal white swan, but a dubious prospect as the black swan, who’s supposed to seduce everyone in sight, rather than make them feel concerned about whether she’s getting enough iron in her diet. Meanwhile a seriously seductive new rival, Lily (Mila Kunis), is smouldering in the wings ready to take her place. Poor Nina, who has never had much by way of a life outside ballet, and who grips onto the idea of perfection like a mollusc to a rock, melts down emotionally and physically under all this pressure. Cassel’s unorthodox coaching methods don’t help out much in keeping her sane.

And they told me ballet would be fun...

What particularly struck me was how brutal and unkind everyone around Nina in this film seemed to be (nor is Nina kind, for that matter). The dancers sneer, point and poke fun at their rivals. Thomas gets a massive power trip out of his dancers’ desperation for selection. There is little friendship, no one to truly trust. No sense of control other than the obsession of reaching for the top, with the certain knowledge of getting unceremoniously thrown on the scrap heap soon enough without a second glance. The beauty of the music and the dancing turn creepy and shrill next to all the scrambling, the bleeding toenails, the self-harm, the drive to push things beyond all tolerable levels in the quest for that ‘one’, presumably transcendent moment of perfection. It’s chilling stuff if you allow yourself to buy into the film’s various creaky premises, including its tenuous grip on the practical workings of the world of ballet. It continues The Wrestler’s explorations of waging war with one’s own limits of physical endurance, but was weaker overall; a bit overly crash-and-boom, Shutter Island style.

1 Comment

Filed under Cinema, Drama, Horror

Shock Waves

In a nutshell: Is Shock Waves “the deep end of horror” as a viewing experience? No argues Mlle L., but then again … Nazixploitation at its best in any case, or not. Whatever, it’s an exciting new entry for our favorite 3 buck dvd corner.

En résumé : Des filles en maillot, des nazis sous l’eau, des hippies ballots et une expérience de cinéma digne de toutes celles que nous proposent si aimablement Mlle L., toujours en quête du plus absurdement parfait des dvds à trois euros. Pas sûr que Shock Waves vaille autant!

Leave a Comment

Filed under Horror

Les Prédateurs de la nuit

In a nutshell: “Come face to face with evil” proclaimed Jesus (Jess for the international market) Franco to cunningly sell his movie Faceless. One might argue that Clueless would have been a better suited title. But enough cutting remarks, let us all appreciate Mlle L’s critique.

En résumé : Un film, vague remake Des Yeux sans Visage de Franju, où le producteur René Château est crédité comme Fred Castle et où apparaissent Telly Savalas en riche chauve et Brigitte Lahaie en infirmière maléfique ne peut pas être fondamentalement mauvais, quoique … allons en débattre avec Mlle L. par ici.

Leave a Comment

Filed under Erotic, Horror, Thriller