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Albert Nobbs

In a nutshell: Glenn Close as a man looks like a weird mix between Conan O’Brien and a young Gabriel Byrne. I can’t add much to that because the film left me cold and rather uninterested to what should have been a fine sentimental and historical tale about the hypocrisy of Victorian society and the relativity of gender. Miss J. loved it. I can’t fathom why.

Albert Nobbs est une nouvelle de George Moore, puis une pièce de théâtre de Simone Benmussa qui valut en 1982 un Obie (prix off Broadway) de meilleure actrice à la talentueuse Glenn Close. Il lui fallut ce temps pour monter une adaptation qu’elle finit par confier au Colombien Rodrigo Garcia dont le talent n’apparait pas aussi éclatant que celui de son père, le Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez. Sa patte est très classique, plutôt lourde, et le rythme alangui qu’il a choisi laisse largement le temps de vérifier ses messages sur facebook, ce que ma voisine de devant s’est malheureusement empressée de faire . Trois fois. Trois envies de meurtre.

Pas de sentiments aussi violents à l’égard de ce film, mais beaucoup d’ennui et une certaine lassitude devant les figures imposées et la peu digeste sauce à laquelle elles sont apprêtées. Je crois avoir soupé du bon docteur alcoolique (B. Gleeson), de la rentière et propriétaire acariâtre (P. Collins), du voyou à gueule d’ange (A. Johnson), de la soubrette qui a le coeur comme la cuisse, bien trop léger (M. Wasikowska). Aucune surprise dans un scénario très linéaire, dans la dénonciation d’une société intolérante et hypocrite, et un certain étonnement à ce que personne ne se rende compte du travestissement des protagonistes, certes habile, mais en rien trompeur. Je n’ai pas réussi à saisir pourquoi la sorte de Charlot cireux qu’incarne Mlle Close n’a jamais été auparavant découvert.

La rencontre tragique du Vestige des Jours et de Certains l'aiment chaud : une illustration.

Dans une Irlande corsetée à l’époque victorienne, être femme et gagner sa vie est complexe. Telle est l’histoire d’Albert, femme asexuée désirant un pénis, ce qui rendrait sa vie bien plus simple et moins solitaire. Elle s’embarquera dans une histoire d’amour particulièrement idiote, ne voulant pas comprendre l’impossibilité à pouvoir se marier avec l’une de ses collègues de travail, en rien lesbienne. Tout bon lacanien fera ici son beurre car la protagoniste principale porte un nom qui la définit admirablement : Nobbs. A l’écoute, la syllabe fait penser immédiatement à “knob”, terme argotique désignant un pénis ainsi qu’un idiot … tout est dit.

Je pourrais m’apesantir sur l’un ou l’autre aspect de cette histoire, mais le film le fait très bien tout seul. Restent de très jolis décors, une délicate atmosphère mélancolique, heureusement sans pathos, et une bonne volonté flagrante qui doit expliquer toutes ces nominations à de très augustes prix. Restent également les petites étoiles dans les yeux de Miss J., rien que pour cela, que Glenn Close et Rodrigo Garcia soient remerciés.

En résumé : Une femme se déguise en homme pour avoir plus de liberté en Ireland au XIXème siècle, mais la tragédie la guette. Un film mélancolique, beau et émouvant.  

I’m not sure I can have seen the same film as Monsieur D, as I really enjoyed Albert Nobbs. Glenn Close stars as the slender, peculiar-looking Mr Nobbs, who works as a maître d’ in a fancy Dublin hotel in the nineteenth century and happens to be a woman in disguise. He lives in terror of discovery, but there’s little alternative for women wanting – or being forced – to strike out on their own economically in this era. It’s poignant to watch Albert painstakingly counting up his day’s wages every evening, packaging up his longed-for future freedom from drudgery under the floorboards.

Dating's a drag

And it really is Glenn Close who steals the show in this story – she conveys the bravery, ruthless self-discipline and rigid naivety of an individual increasingly lost in a world of her own construction . When Albert decides that it would be possible to marry and provide for a wife, his naivety sets off a chain of events which ended up lodging a elephantine lump in my throat. Whilst swilling a little too much in sentimentalism at times, I enjoyed the dreamy wistfulness peppered with Dickensian grandiosity fueling the storyline. There are odious characters, larger-than-life scoundrels and greedy exploiters aplenty, and I enjoyed (almost) every minute of it.

I’m glad that Glenn Close had the tenacity to see this project through, as she had apparently been pushing for it for decades. True, neither she nor her cross-dresser co-star look much like men – but there’s a quiet intensity to the thing which I found really admirable. The snores around me in the cinema did suggest that I might have been in a minority on this point, though.

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