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Madagascar 3, Bons Baisers D’Europe

In a nutshell: Take a random kid to the movie. Any kid. You’re going to have fun! Frantic and humorous, Madagascar 3 is even even better than the first one, even though, or maybe because, it makes absolutely no sense. Now, give back that kid.

Parfois l’improbable survient. Non seulement un numéro 3 est meilleur que le numéro 1 (et non, je ne fais pas de commentaires sur le monde du tennis) mais en plus, le troisième épisode d’une série médiocre et bon enfant réussit à trouver le ton juste et à offrir un divertissement imaginatif et réellement attrayant. Pour dire, même si je ne suis toujours pas convaincu par la 3D, elle ne m’est même pas apparue irritante ou superfétatoire. Estimant, sans doute à juste titre, que le mouvement remplacerait un fond qui jusqu’alors n’avait jamais marqué par sa profondeur ou sa pertinence, Dreamworks propose une comédie parodique sous stéroïde dont les tentations hystériques ne dépassent jamais les éclats de rire.

Plus effrayante que les Hell’s Angels, la police animalière monégasque!

Les héros habituels de la série poursuivent leur tour du monde pourchassés par la terrifiante Chantal Dubois (voix de la merveilleuse Frances McDormand), sorte de Cruella monégasque qui se serait entraînée dans Matrix, et qui veut la tête d’Alex, le lion (Ben Stiller). Littéralement. Pour lui échapper, Alex et ses amis trouveront refuge dans un cirque mal en point qu’ils aideront alors à transformer pour le meilleur. L’intrigue est mince, la logique entre les épisodes ténue, mais à la différence du Grand Soir, comme dans un spectacle de cirque achevé, la représentation, sans être exceptionnelle, convainc.

Les répliques font mouche, le comique de situation marche à plein, et les réalisateurs (Eric Darnell, Tom McGrath et Conrad Vernon) ont inséré suffisamment de clins d’oeil et de références pour que tout le monde, enfant ou adulte, y trouve son compte. On peut même être impressionné par la capacité démontrée à jouer des différents codes cinématographiques sans tomber dans la lourdeur habituelle des films parodiques. De Saw à Edith Piaf, tout passe sans lasser. Habile, ludique et complètement idiot, on ne regrette pas sa séance

En résumé : Tatatadadada Circus, tatatadadada Afro, AfroCircus, Afrocircus, toudoudoudoudoudoudou …

I must admit that it was the penguins that drew me to this one. I don’t think I saw the first Madagascar animation, but in number two, it was definitely the crafty penguins that stole the show. In number three, the penguins are still going strong, but they get a run for their money on the catchy stakes from ‘Afro Circus’ zebra (Chris Rock) who you can see doing his thing in multiple languages here.

Plotwise, they don’t even try to make sense and it’s all to the good of the proceedings. In brief, lion and friends are pining for New York and their old life in the zoo, and are determined to make it back, but to do so, they need to track down the penguins who have gone off in their home made aeroplane to Monaco to play at the casino.

Undiluted fun

There’s a brisk swim from the African subcontinent to the mellow waters of Monaco (why not on to NY by that point? I don’t know…),  a circus run entirely by animals, and a psychotic animal detective who would make Jim Carey tremble in his boots. The point of the thing is to have as loopy, escapist time as possible in glorious 3D technicolour, and it’s all quite splendid.

Fans of chipper, hyper-professional animation with a twinkle in its eye should run to the cinema – or the nearest DVD store – and give this a watch. As Monsieur D said, invite a child as an alibi if your credibility’s at stake. As for me, I had a fab time. Afro circus, afro circus!

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Tower Heist (Le casse de Central Park)

In a nutshell: A bunch of usually good actors directed by a usually fun director get stuck in a tower and a comedic heist where disgruntled employees led by Ben Stiller and Eddie Murphy try to get even with the evil financeer, Alan Alda, who bamboozled them. They wanted to make a deeper Ocean’s 11 but got an unwilling Towering Inferno.

Il est dit qu’un soir de beuverie Eddie Murphy, alors au sommet de son art comique, cracha face au vent du sud-ouest et se rit de lui. Mauvaise pioche, le roi des démons du vent maudit l’acteur car on ne se moque pas impunément de celui qui amène sécheresse et famine si on ne le traite pas avec respect, celui qui a des griffes à la place des pieds, une queue de scorpion et quand il est en forme un pénis en forme de serpent. Cela eut trois conséquences, une blague grivoise calamiteuse à base de viagra et d’orvet murmurée par le comédien, le retour sur le devant de la scène de Pazuzu (les Babyloniens lui disent merci), et une loi résumant l’ensemble, celle de Murphy (Eddie) : si quelque chose peut mal tourner dans un film comique, cela arrivera infailliblement dans un film avec le célèbre comédien, jadis si drôle.

Le Casse de Central Park ne fait pas exception à la règle. Doté d’un scénario étique et d’une brochette d’acteurs individuellement doué mais aussi brillant en groupe qu’un morceau de charbon dans une cave sombre, le braquage de l’appartement en attique d’un financier véreux à la Bernie Madoff (Alan Alda) par les employés de son immeuble qu’il a aussi escroqués ne convainc pas. Le gérant de cette résidence de luxe, John Kovaks (Ben Stiller, dont le jeu d’acteur ces temps consistent surtout à regarder fixement la caméra de ses yeux cobalt) mènent les opérations, se sentant responsable d’avoir confié toutes les économies de ses équipes à ce voyou en col blanc. Il s’entoure pour cela de bras cassés insignifiants et de “Slide” (Eddie Murphy, excellent), délinquant miteux qu’il estime être le coach approprié pour savoir comment cambrioler l’infâme magnat.

"Et à un moment dans le film, Ben, tu verras, tu seras même brièvement drôle"

Les gags sont rares, souvent vulgaires et poussifs. Casey Affleck a beau répéter le mot “vagin” et parler de l’étroitesse de celui de sa femme enceinte pour exprimer ses craintes de devenir père, l’idée de rire ne m’envahit pas inextinguiblement. Les seules plaisanteries qui pourront faire naître si ce n’est l’hilarité (ne poussons pas) du moins un sourire sont celles que vous trouverez dans la bande annonce ci-dessous. Le casse lui-même est atterrant et les retournements de situation téléphonés. Brett Ratner, habituellement habile faiseur, n’a su cette fois-ci suivre le rythme de sa bande originale nerveuse et funky. Tout s’affaisse, tout lasse, tout accable. Murphy est sous-employé, il apparait et disparait étrangement tout au long du film, et l’alchimie que Ratner avait réussi à faire surgir entre Jackie Chan et Chris Tucker (Rush Hour), ou même Jacke Chan et Owen Wilson n’existe pas avec Stiller.

Occasion ratée qui laisse le temps de réfléchir sur le temps qui passe ; Le Casse de Central Park fait tout de même preuve d’une intéressante ironie en confiant à des acteurs millionnaires (le fameux 1%) le devoir de représenter les 99% et leur légitime indignation. Nous vivons une époque sans vergogne. Je vais aller retrouver mon ami Pazuzu et lui demander de lever sa malédiction, Murphy a suffisamment payé,  et ensuite, s’il le souhaite, nous irons revoir The Trotsky, un film montréalais qui dépote. Par ces temps hivernaux et mélancoliques, une comédie politique intelligente ne peut pas faire de mal.

En résumé : Que faire quand votre patron vous a piqué tout votre pognon que vous pensiez épargner pour votre retraite? Se venger, bien sûr! Un film d’humour facile qui n’est pourtant pas totalement dénué de charme.

It had been a long day. I wasn’t in the mood for anything heavy, but perhaps something with a bit of a kick to it. The trailers for Tower Heist had made it look funny, high energy and like it wanted to lay into thieving business scoundrels, so it looked like it could fit the bill.

One major doubt… Tower Heist had been sent straight to the underground hovel of a cinema that is UGC Orient Express, which nestles next to the RER station at Les Halles and which regularly feels like one of its platforms given how loud the trains rumbling by are. The place is usually a dumpster for films at the tail end of their release which have had a few decent weeks at UGC Les Halles, but which are still drawing a straggle of spectators so they don’t want to totally pull the plug yet. When films go straight to the UGC Orient Express, it usually means they’re a bit rubbish. Especially when they have names as big as Ben Stiller and Eddie Murphy in their credits, which usually guarantees at least a week in the nice(r) cinema.

And I suspect that if you ask Monsieur D, he’ll suggest that film was lucky to have made it to UGC Orient Express at all, and should have been given a battery powered first release in the middle of the Gobi desert, projected for free onto the back of a stained old tablecloth to a couple of passing camels. Anyway, I didn’t find it quite as bad as all that and was happy enough to sit back as the script galumped along unconvincingly and the actors gave it all the pep they could.

A... an UGC Orient Express release? Some mistake, surely?!

The story centres around Ben Stiller’s character, Josh Kovacs, who manages the staff at an insanely luxurious residential skyscraper in the heart of New York, whose main tenant Mr Shaw (Alan Alda) happens to be one of those fraudster types. Thanks to his heartless plundering antics the block’s staff all find themselves swindled out of their pension funds, so with the help of some embittered colleagues, Kovacs plots to storm his apartment and steal his emergency fund kitty, which they guestimate to be worth in the region of 20 million dollars.

The rest of the time is spent watching them bungling around, getting constantly screwed over by Eddie Murphy’s character Slide, whom they’re convinced as an excon will be able to help them with their plot, despite ongoing proof to the contrary. No easy laugh is left unturned, and I found myself chuckling along at least some of the time, enjoying the good humour behind all the silliness. Case in point: man locked in cupboard plus salsa music = quite funny actually. Ahem. Luckily for high quality cinema, we took ourselves off afterwards for a dose of Moneyball at UGC Les Halles, and it was quite a different pair of sleeves, as the French would say (trans: kettle of fish).

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Greenberg

In a nutshell : Greenbeuaark. Or when Americans try their hand at atmospheric French comédie-dramatique, they succeed: it’s just as bad.

Aimez-vous le cinéma français ? L’intellectualisant, l’héritier de la Nouvelle Vague, celui qui estime que loin des effets de manche suivre des héros normaux dans leur vie quotidienne est une ouverture sensible vers un monde nuancé de sentiments et raisonnements profonds et … bon, je vais vous la faire courte, ce cinéma m’ennuie plus qu’à son tour, quand il ne m’irrite pas carrément tant il peut être poseur et vain. L’attrait qu’à pour moi le cinéma indépendant américain, celui des Cassavetes, des Anderson ou des Altman est un cinéma d’histoire, de passions, surtout un cinéma qui n’oublie pas son spectateur, un cinéma d’invention et de partage.

Comme vous l’aurez compris Greenberg ne fait pas partie de ce cinéma là, il en est très loin et lorgne plutôt vers la tradition des films français les plus égocentriques. Le générique d’ouverture suit la jolie Florence Marr (Greta Gerwig), gentille et serviable jeune fille sans moelle épinière et de peu d’ambition, conduisant dans les rues impersonnelles de Los Angeles. Cet épisode quotidien en travelling latéral peu passionnant est à la hauteur du reste du film : médiocre et mi-dépressif.

Florence, chanteuse amateur, est l’assistante ménagère/ baby sitter des Greenberg, qui partent en vacances laissant leur chien et leur maison à ses bons soins et à ceux bien moins sûrs de Roger (Ben Stiller), l’oncle New Yorkais nombriliste, convalescent – il sort de dépression – et toxique. L’homme est antipathique, sans empathie et sans amis, même si un ancien camarade (l’exceptionnel Rhys Ifans) le soutient en dépit de lui-même. De manière poussive on verra ces deux solitudes mélancoliques se rejoindre tandis qu’on apprendra les raisons qui poussent Roger à vivre dans le passé : il aurait pu devenir une vedette rock, par sa bêtise égoïste il condamna ses amis d’alors et lui-même à une certaine obscurité.

L’oisiveté faussement choisie de l’odieux Greenberg est celle que l’on retrouve dans le scénario terriblement bavard et les choix filmiques. Même si Greenberg n’est pas le pire film que vous pourrez voir, car certaines scènes sont à sauver, les acteurs jouent juste, et quelques répliques font mouche, le résultat n’en devient pas attrayant pour autant. Noah Baumbach tente d’être malin, décalé et sophistiqué, en vain, l’ensemble s’effiloche doucement vers le néant.

En résumé : Ben Stiller est superbe en tant que narcissiste incompris dans ce film drôle et mélancolique de Noah Baumbach.

  Roger Greenberg (Ben Stiller) is fresh out of a stint in a psychiatric hospital at the outset of Noah Baumbach’s latest production, Greenberg. Depression. All better now. Kind of. He’s taken in by his brother into a swish Los Angeles suburb, charged with building a new dog kennel and keeping the swimming pool filtered, and promptly left to his own devices whilst brother and family jet off for a long sojourn in Vietnam. The only sporadic company he gets (apart from the dog) is from Florence Marr (Greta Gerwig), au pair and general household trouble-shooter. The film opens at a slack, too-cool-for-school pace with Florence driving a battered car across town, either deep in thought or totally absent from it, it’s hard to tell. From this uninspiringly posturing ‘m’as-tu vu’ start, it gradually warms up into something really enjoyable. Yes, Monsieur D and I diverge majorly on this one.

The success of the film for me lies in its brilliant characterisation of Greenberg. It’s a laboratory-precise, incisive exposition of an obliviously narcissistic, spiteful, bitter if charming-when-pleased, personality. All the potential, for instance as a musician, that he’s failed to bring to fruition is starting to positively stagnate and eat him up from the inside. He’s reached the point, and an age, where the boundaries of his life expectations and what the world is prepared to give him have stretched so widely that it’s no longer possible for the two to hold together neatly any more – something has to give, yet he can’t adjust his demands. Initially he has a nervous breakdown, which works out fairly well as a stopgap response, but as noted, he’s out of the hospital by the time the film starts. Another potential balm for that kind of mismatch is a relationship with an admiring woman who’s prepared to buy, however imperfectly, into the injustice he’s being subjected to: enter Florence.

That’s it, really. But it’s done really, really well. Greenberg gradually unfolds as half-tragic, half slapstick-hopeless, and the reactions he elicits from his old friends from student days, and his utter incomprehension as to his effect on them, is genius. The bitterness he accumulates over time and the nonchalant disregard with which he fails to see, or reach out to the individuality in others, raging instead at the ‘big picture’ (writing reams of angry letters to big nasty multinationals like Starbucks), is cathartically comically accurate. The film inches you towards sympathy and affection for him, only for Greenberg to blow everything in a way that makes it all too apparent how he’s been spinning in circles ever since his early twenties. His ex-girlfriend can’t remember any of the anecdotes he’s still ruminating over, smiling politely but bemused at the extent he’s still churning up about them. Rees Ifans is perfect in the role of his ‘best friend’ whose life he partly ruined, and whose present woes are completely indifferent to him. The love story offered by the film offers less genuine solution than creaky band-aid. Much kudos to Ben Stiller for leveraging his comic talents into something darker but just as enjoyable, and to Greta Gerwig for a great performance, too.

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