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The Best Exotic Marigold Hotel – Indian Palace

In a nutshell: Mlle L. leaves for a brief moment her 3 buck DVD corner and share with us her fondness for John Madden’s new flick, in France in a short month (May 9th), and her love for the cast. If you are a British actor, beware, utter adoration ahead!

Rassure-toi, ô lecteur, contrairement à ce que nombre de mes dernières critiques dans mon « 3 buck DVD corner » pouvaient laisser croire, je ne suis pas toujours de mauvais poil !

Il me suffit, pour retrouver ma bonne humeur, d’aller voir un film sympathique et bien ficelé ; si celui-ci parvient à me surprendre agréablement, c’est tant mieux, et ce fut le cas avec The Best Exotic Marigold Hotel – Indian Palace en « français ».

Le charme et l'expérience de l'exotisme anglais

Les bandes annonces vous le font clairement comprendre, il va s’agir de l’histoire d’un petit groupe de retraités qui ne se connaissent pas et qui, pour des raisons diverses, partent finir leurs jours en Inde, à la place par exemple d’une maison de retraite humide du Norfolk ; dans ces conditions, je m’envolerais pour l’Inde aussi.

Une fois sur place, chacun, en fonction de sa personnalité, va s’adapter et se réjouir, ou au contraire finir par atteindre des sommets d’irascibilité paniquée, face au déferlement de chocs culturels en tous genres.

La chose promettait de s’engluer très vite dans une guimauve nauséabonde.

Brochette (de stars) plutôt que guimauve

Heureusement, il y a des acteurs anglais ! Car ces retraités sont sujets britanniques ! Et grâce à ces merveilleux interprètes, le scénario, casse-gueule par excellence, donne au final un film charmant, drôle, aux situations cocasses et bien vues, et au discours pas trop idiot.

Ces acteurs sont (sans ordre particulier) : la délicieuse Maggie Smith et sa tronche de hibou outré ; le ressort comique est facile mais, utilisé à bon escient, il fait (en tout cas en ce qui me concerne) toujours mouche. Judi Dench, professionnelle, parfaite,  n’abuse pas trop du côté “soyons dignes – soyons femme” dans lequel pourrait sombrer son personnage.

Si Maggie Smith est "hibou", Tena Desae est chouette

Elle est en effet contrebalancée avec astuce par les errances dégingandées de Bill Nighy, tellement irrésistible avec ses attitudes de Dutronc déjanté. Quoi qu’il fasse, il est juste, drôle, infiniment sympathique, incarnation de l’autodérision classe et de l’élégance rieuse.

Penelope Wilton joue les casse-bonbons dépréciatives avec intensité et brio ; Celia Imrie incarne la “vieille-belle” avec une justesse qui me pousse à croire qu’il ne s’agit peut-être pas entièrement d’un rôle de composition … Et quant à Tom Wilkinson, il use de toute sa retenue pour camper un personnage TRES risqué, et grâce à lui, tout à fait réussi.

Chapeau, les mecs.

En l'occurrence, un panama

Enfin, il y a Dev Patel, présenté sur toutes les affiches comme “l’acteur de Slumdog Millionaire“, ce qui aurait plutôt tendance à me faire fuir ; il s’avère non seulement adorable mais également assez génial. Son appropriation de la phraséologie compulsivement hyperbolique de son personnage arrachera des sourires même aux plus revêches des spectateurs.

The Best Exotic Marigold Hotel est un film éminemment optimiste, sans être gluant de bons sentiments ; optimisme communicatif, grâce, encore une fois, à la justesse des situations et des réactions des personnages face au monde ahurissant de l’Inde.

Un baiser éminemment optimiste, sans être gluant

Car John Madden, le réalisateur, parvient à ne pas tomber trop souvent dans la carte postale ahurie (“Ah, les couleurs de l’Inde !” – phrase type du touriste imbécile qui s’est contenté de passer 15 jours au bord de la piscine de l’hôtel). Bien sûr, il filme l’exubérance kitsch inhérente à l’Inde, exubérance qui épaule largement la tonalité générale positive de ce film, mais Madden s’attache surtout à faire ressentir à son spectateur les claques morales auxquelles s’expose le touriste de base, par l’emploi d’un montage efficace sinon génial, et par sa capacité évidente (et nécessaire) à filmer la foule, la cohue, la vitesse, l’incohérence. Ce sont des dons qu’on ne retrouve pas chez tous les réalisateurs et sa capacité à réussir le dosage du cocktail final le place à des coudées au dessus de bon nombre de ses contemporains.

Un petit bonheur de printemps, sans aspirations intellectuelles ou métaphysiques porteuses de messages sentis. Un moment juste bien, juste plaisant, qui produira sur le moral le même effet que de recevoir en cadeau une grosse boite de chocolats et de la partager avec des copains sympas. Ce n’est certes pas un dîner chez Lasserre, mais ça fait très plaisir et ça ne se refuse pas.

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Rango

In a nutshell: A chameleon accidentally becomes Dirt’s new sheriff. He has to investigate the city’s water problems and will solve them by being inspired by the Spirit of the West. It should be “YAY” but is only “yawn”.

Un caméléon (Depp) neurasthénique tente de survivre à l’ennui dans son terrarium en s’inventant mille vies et se considérant comme un acteur. Un accident de parcours le propulse à son corps défendant en plein coeur du désert du Mojave où il finit par trouver une ville, Dirt, si misérable que les légendes de l’Ouest y sont bien vivantes. Ayant besoin d’espoir, les habitants trouvent chez ce caméléon menteur compulsif un nouveau shérif. Et Rango, acceptant la charge, de s’inscrire à son tour dans l’Histoire de l’Ouest américain. Plutôt récit initiatique qu’aventures comiques, le héros se découvre lui-même tandis qu’il résout les énigmes et dangers auxquels “sa” ville doit faire face.

De quoi fulminer car ce film promettait ...

Johnny Depp dans un western, c’est tentant, mais si l’acteur donne de la voix, le silence du désert écrase tout et Rango est aussi stérile que les champs de “Dirt”, ville aride, asséchée par les manigances vicieuses et criminelles de son maire (Ned Beatty). Gore Verbinski s’emploie à construire un pastiche subtil et riche en références mais pour le divertissement ses efforts restent vains. Les rires sont rares et incapables de choisir s’il fait un film pour adultes ou enfants il ne réussit qu’à ennuyer les deux. Certes l’animation est superbe, certaines scènes très réussies, et les hommages aux classiques si nombreux que Tarantino pourrait en faire un malaise de jalousie mais pour un récit morne et téléphoné scandé par les accords assommant d’un Hans Zimmer loin du souffle d’un Morricone, pourtant peu connu pour sa légèreté.

Opportuniste et assez factice, ce film d’animation se laisse voir, se fait apprécier parfois par ses clins d’oeil (de Las Vegas Parano ou Apocalypse Now à Terminator 2 ou Deliverance en passant par toute la crème du Western), ou par le choeur tragique des hiboux mariachis mais laisse ô combien sur sa faim. Jamais le metteur en scène ne s’approprie ce riche univers, jamais il ne profite de l’animalité de ses protagonistes dont la forme n’est qu’un prétexte à étaler les hommages aux grandes figures du genre. Bill Nighy ou Isla Fisher ont beau faire de leur mieux, l’héritage est trop lourd et Rango fait plus bailler que vibrer.

En résumé : Un caméléon mythomane se perd dans le désert, ainsi que nos espoirs d’un bon moment cinématographique.

And now for another animation starting with an R – but a very different beast. For starters, instead of the parrot protagonist of Rio, we have a chameleon: Rango (voice of Johnny Depp). And we’re in the Mojave desert. Rango is a lonesome pet who uses the props in his cage as characters in his own plays, and is tossed from his owners’ car while they’re driving through the desert.  Serenaded by some of the most morbid (but cutest) owls ever, he makes his way to the water-parched Old West town of Dirt, populated by a crew of threatening beasts he manages to win over by lying to them about a heroic past and somehow slaying a hawk. And then he’s made Sheriff! Except it soon becomes apparent that it’s a cursed job, and that the town’s mayor (Ned Beatty) is more than a little shifty, and that if they don’t get some water soon, they’re all going to die.

Owls of doom

This is an animation that takes itself Seriously. Its soundtrack tweedles and whines spookily, and the dust rattles across the plains. Corruption and baseness claw out at the viewer at every turn. Knowing pastiche references to Westerns abound, and never, Never would the scenario be caught dead stooping to anything easy or clichéd… sadly though, it  forgets not to be really heavy about it. It won’t let you forget one minute how hard, how absurd, how alone we all are in this world and how the dust swirls around our miserable, vulnerable bodies and there is no hope and even if there were, someone would steal it away from you, so let’s twang guitars and twirl our moustaches. It seems proud of the fact it’s lured you into the cinema with the promise of masterful animation (which it visually delivers), and then proceeds to bore you to death by interrogating every prejudice you may have had about what animation Can or Can’t Do.

Fine. But it’s pretty dry stuff, and would have been far better as a short feature lasting twenty minutes or so, without the half-hearted adventure elements they throw in because, sadly, they don’t quite dare to do what they felt like, which is visual poetry, dropping any semblance of a linear narrative at all. It slouches, and the characters are too weird to want to hang around for very long. After the initial thirty minutes or so, it all left me wanting to back away slowly.

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Petits Meurtres à l’Anglaise – Wild Target

In a nutshell: Bull’s eye for Cible émouvante‘s remake. It’s lighthearted fun with Jean Rochefort’s moustache on an elegant Bill Nighy as the perfect hitman all shook up by his encounter with the eccentric Rose, a far too attractive and wild target.

L’ultime critique de l’année 2010 ne pouvait être qu’un film “franglais” et de préférence une comédie policière pour que tant Miss J. que moi-même y trouvions notre compte. Petits meurtres à l’anglaise est ainsi le candidat parfait. Remake de Cible émouvante de Pierre Salvadori, on y trouve les rires et les tueurs professionnels qui nous plaisent à tous deux. Le solitaire Victor Maynard (Bill Nighy), la moustache conquérante, à la Rochefort, tombe amoureux de sa cible, Rose, une pimpante arnaqueuse (Emily Blunt) et se voit, pour la première fois de son illustre carrière, incapable de remplir son contrat. Le commanditaire, un homme d’affaire hargneux (Rupert Everett dans un contre-emploi attrayant), envoie aux trousses du tueur inconséquent et de l’attirante voleuse un autre tueur professionnel, l’infâme Dixon (Martin Freeman) avec la charge de régler au mieux cette lamentable affaire. Maynard doit alors échapper à l’assassin, protéger malgré lui Rose, tout en faisant le point sur ses sentiments, les espoirs de son abusive mère (Eileen Atkins, mégère à souhait) et la préservation de la réputation de sa famille dans le monde policé mais violent des tueurs professionnels. Sa rencontre inopinée avec Tony (Rupert Grint, loin de Harry Potter), jeune candide éberlué qu’il prend en affection, lui fait penser qu’en ces temps difficiles, il a peut-être eu la chance de trouver un apprenti.

Mr. and Mrs. Smith à la rencontre d'Harry Potter?

Jonathan Lynn ne s’éloigne pas du modèle de Cible émouvante, et reprend, souvent au plan près, les idées de Salvadori et son univers. Plus policé que l’original, Petits Meurtres à l’anglaise se montre moins audacieux, moins coquin, ouvert à un très grand public. La malice, la folie, l’érotisme de Marie Trintignant ne se retrouve pas chez Emily Blunt, certes piquante et excentrique, mais en rien équivalente à la Française. Cette timidité déçoit un peu le spectateur qui a pu voir l’original (comme moi), mais elle n’est pas non plus rebutante. On trouve dans ce film le grain de folie nécessaire, l’anticonformisme rafraîchissant qui déjà séduisait dans le Salvadori. Le charme est dû en grande partie à la distribution parfaite de flegme anglais, et de drôlerie bon enfant, truffée de touches légères d’humour noir. Tous les acteurs sont délicieux, mais Bill Nighy est irrésistible. Son interprétation de l’assassin vieux garçon réservé et tâtillon, pince sans rire, francophile (de la gastronomie à la langue) de surcroît, est touchante et hilarante et fait oublier les quelques baisses de régimes burlesques de l’ensemble. On ressort du cinéma souriant et convaincu: le métissage franco-anglais, il  n’y a que ça de vrai!

En résumé: Un assassin ultra-professionnel perd ses moyens quand il tombe amoureux de sa cible – ça vous dit quelque chose? C’est normal, il s’agit d’un remake d’une comédie française de 1993, et c’est très bien à l’anglaise aussi.

What do you do if you need to get someone killed in a discreet and gentlemanly fashion? Victor Maynard’s your man if you’re in the British Isles. Wild Target is a remake of the 1993 French comedy Cible Emouvante by Pierre Saldavori. Discreet, polished hitman Victor, in the new version played by Bill Nighy, finds himself distracted on the job by the charms of a new target, beautiful kleptomaniac Rose (Emily Blunt). For the first time in his life he can’t bring himself to do the job, and instead becomes her bodyguard, helped out by a bloke out of Harry Potter (Rupert Grint as Tony), who turns out to be a natural protégé for Victor, giving a taste of something along the lines of assassin’s fatherhood. They all flee off to Victor’s weapons-laden country home, where they have to contend with Victor’s doughty mother (Eileen Atkins) and her various sharp instruments. Having taught Victor everything he knows, she’s less than impressed at his flagrant desecration of the Killers Code in becoming entangled with his target.

First date etiquette can't be improvised

Rose is in trouble because she’d managed to fob off a forged Rembrandt on the rabid art dealer crook Ferguson (Rupert Everett). Just when it seemed impossible for him to become any more incensed, he clocks on to the fact that Victor’s off the rails. He hires the hitman’s far more sadistic archrival Dixon (Martin Freeman) to kill not just Rose, but Victor for good measure. He can’t believe his luck in becoming new top dog assassin after years of second place, and sets to. Luckily, between the rabid mother, impervious Rose, dopey but somehow born killer Tony and Victor himself, they mount a decent resistance and even overcome some of the traumas of the past, assassin style. Bit by bit, things become positively aglow with warm feelings for Victor, which is pretty impressive for a cold-blooded assassin. The transition into a sentient being isn’t an easy ride, however. Nor is his tentative bid for a modicum of freedom from his mother’s steely regime.

The actors all put in a great performance and strike a vibrant comic balance somewhere between charismatic and outright mad. Bill Nighy is particularly impressive, conveying poised discreet professionalism with a twitch of gregariousness that’s bursting to get out. Emily Blunt breezes all over the screen and is great as a harbinger of chaos. There’s a good mix of madcap absurdity, tender moments and straightforward gangster mayhem, although apparently the mix has been a little toned down in comparison to the original French version, which I haven’t seen – although as it is, it’s hardly understated. There are some discreet homages to the film’s French lineage flying around, as with Nighy’s moustache that mirrors Jean Rochefort’s, and his valiant attempts to learn seductive sweet nothings in French with the help of a tape. By the end it’s all become quite Adams Family – heart-warmingly macabre stuff.

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