In a nutshell: If you’ve been to any airport or station in the UK, you must have seen the book … a bestseller and an autobiography of Howard Marks, the most famous drug smuggler of Britain. Bernard Rose is adapting it. He has the best ideas in terms of cast, Rhys Ifans is stellar, David Thewlis perfect, and less forceful ones in terms of his scenario. The shit’s good but you don’t get that high!
Je suppose qu’aucun ou que fort peu de mes lecteurs français auront entendu parler de Howard Marks, pour les plus anglophiles ou les plus liés au monde sulfureux des trafics illégaux d’entre vous, il évoquera en revanche beaucoup. Véritable légende au Royaume Uni son autobiographie fait partie des meilleures ventes depuis quelques années et il reste le plus célèbre des trafiquants de marijuana du monde anglo-saxon. Car avant de se faire pincer par des forces de police états-uniennes vexées qu’il fasse passer Scarface pour un épicier de cours d’école, et qu’il ne purge sept ans dans un pénitencier de haute sécurité, l’homme a importé en Grande Bretagne (et brièvement aux Etats-Unis) suffisamment de haschich pour offrir des rêves opiacés à toute la population de l’Union Européenne.
Le film se penche sur le destin de cet homme charmeur, intelligent, charismatique et sur les hasards qui le menèrent à choisir avec succès la voie cahoteuse du trafic de drogue. Ainsi Mr. Nice, l’un de ses 89 alias, mais également la manière dont le réalisateur voit son héros, aurait pu s’appeler “Hasard et dépendance”, tant la vie de Marks, incarné à la perfection par le splendide Rhys Ifans, s’articule autour de rencontres absurdes le menant à des décisions étonnantes (et souvent illégales) et autour d’assujettissement à la drogue bien sûr, mais aussi à l’adrénaline, au goût du risque, à l’aventure … Et tout semble se faire, glisser avec aisance alors que l’on suit Mr. Nice négocier ses études à Oxford, débuter sa carrière de professeur, ou se lancer dans l’import de drogue en passant par les réseaux de l’I.R.A..

Le petit truc mode de votre dealer : bien choisir ses lunettes de soleil (et l'arrière plan ironique de ses photos)
C’est là que le bât blesse. Tout est si facile, si léger, si heureux, que l’on a peine à y croire. La violence est presque absente et Marks s’installe dans la distribution de stupéfiants plus rapidement qu’un couteau s’enfonçant dans du beurre mou. On ne peut s’empêcher de penser que l’ensemble dût être plus complexe. Ainsi, l’histoire devient trop belle et il manque le détail nécessaire qui fait que l’on a foi en ce qui nous est montré. Le montage, rapide, serré, augmente les effets de superficialité du film et les ellipses nombreuses entre les moments drôles, intenses ou touchants de la vie de cet homme lui font perdre de sa réalité. On ressent en conséquence les brumes des nombreux pétards sans bénéficier des avantages de ceux-ci.
Le résultat donne un film souriant, parfois intriguant, impeccablement interprété par des acteurs plus vrais que nature – Rhys Ifans connaissait apparemment Howard Marks et celui-ci a insisté pour que son compatriote gallois emporte le rôle; il a eu raison -, mais manquant singulièrement d’épaisseur.
