In a nutshell: A charming and gutsy pastiche of Hollywood’s silent movies, with two excellent actors and such love for the cinema that you immediately want to go back home and watch again A Star is born, Singing in the Rain, Sunset Boulevard, all the Chaplin and the Lubitsch, and even Mel Brooks’ wonky parody. Heartwarming!
Peut-on faire une critique muette en l’honneur de The Artist ?
Donc …
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Plus sérieusement, l’artiste du titre correspond plus, pour moi, au réalisateur qu’à l’acteur principal, car Michel Hazanavicius, en récréant un film (presque) muet, offre un très joli hommage au cinéma et à la pureté de la forme sans le son, hormis celui de la musique bien sûr. Poursuivant sa carrière de brillant pasticheur, que ce soit par son Grand Détournement, ou par ses parodies d’OSS 117, Hazanavicius trace un sillon fait d’humour et de références, car l’admiration qu’il peut avoir pour ses prédécesseurs ne disparait jamais derrière la plaisanterie. Là se trouvent la noblesse et la faiblesse de son projet. Faiblesse car il recrée un film muet classique, du moins tel qu’on peut se l’imaginer aujourd’hui, sans véritablement repousser les limites de son genre ou bousculer son spectateur, la chute de son héros, la partie mélodramatique du film est attendue et plutôt molle. Noblesse car son hommage est d’une finesse délicieuse, sans pesanteurs didactiques ou prétentions irritantes.
Construit autour d’un couple d’acteurs resplendissants (Dujardin et Béjo) et sur les trames mêlées d’Une étoile est née (1937, William Wellman) et celle de l’histoire d’amour qui lia Garbo et John Gilbert, jusqu’à ce qu’elle l’impose dans la Reine Christine, Hazanavicius réussit à transformer leurs mimiques, grimaces ou minauderies en gestes d’amour, en bref à les transcender. On suit alors, transporté, le destin de l’orgueilleux George Valentin, vedette du muet, mélange bravache dudit Gilbert, de Valentino et de Douglas Fairbanks, refusant de s’adapter au cinéma parlant et à celui plus heureux de Peppy Miller, qui profite de cette révolution pour devenir une star. La jeune femme fera alors tout son possible pour sauver du déclin le désormais ringard Valentin. De tous les plans, Jean Dujardin étincelle, cabotine et convainc. Son élégance rieuse rappelle les plus grands et sert à construire un très beau et très crédible personnage de demi-dieu devenu has been. Bérénice Béjo est charmante et les seconds rôles de luxe, tous Américains (Goodman, Cromwell, McDowell), jouent avec assiduité la partition ludique et émouvante de ce réalisateur si aimablement fou.
Il est bon de saluer la maîtrise et la générosité de ce mélodrame romantique et comique offrant de grands moments de cinéma et quelques scènes d’une intense intelligence et/ou d’une drôlerie remarquable. Le cauchemar de Valentin ou encore le jeu du réalisateur avec son public sur quelques intertitres ambigus valent à eux seuls la louange. Franglaisreview ne peut en conséquence qu’ajouter sa voix au barnum impressionnant qui entoure ce film et faire toujours plus de bruit pour vous persuader d’aller apprécier à votre tour ce réconfortant film très musical et très muet.

