In a nutshell : Wes Anderson’s take on Roald Dahl’s book is spot on, magical, obviously « fan-tas-tic ». The animal puppets are interestingly more credible than so many actors (you do know who I am thinking of, we probably share the same list). Simply a delight.
N’avez-vous jamais souhaité être fantastique, aimé pour ce que vous êtes, reconnu, suivi tout en gardant votre originalité? Est-on vu, lu comme le voudrait Mr. Fox? A-t-on un impact sur sa communauté? Wes Anderson, depuis Bottle Rocket et Rushmore, explore ce désir, ainsi que celui de créer, comprendre sa place dans la cellule familiale et se faire accepter. Il mêle ces thèmes à l’univers du talentueux écrivain Gallois Roald Dahl, dont l’imagination fertile et bondissante, l’humour régulièrement noir, la tendresse et la délicate et souvent allègre cruauté ont enchanté tous ses lecteurs jeunes et moins jeunes. La densité de son imaginaire et la magie de son oeuvre lui a permis d’être déjà fort bien servi par le cinéma, Fantastic Mr. Fox ajoute une pierre supplémentaire au monument de son talent. L’adaptation de son conte pétillant et son métissage avec le monde mélancolique et chic d’Anderson donne un film d’animation drôle, unique et beau.
Maître Renard (George Clooney) est un voleur expert, un Lupin des poulaillers en retraite, forcé qu’il fut par son épouse, la douce et ferme Felicity (Merryl Streep), à laisser de côté la cambriole pour la sécurité de leur fils Ash (Jason Schwartzman) et l’harmonie de leur foyer. Il est désormais journaliste, la déchéance est absolue. Vivant au dessus de ses moyens dans un très bel hêtre avec vue sur trois riches fermes gorgées de poules, d’oies et de cidre canaille, arrive ce qu’il se doit, Maître Renard succombe à la tentation du chapardage. Mais les propriétaires sont plus belliqueux et revanchards qu’escomptés et une guerre sans merci débute entre les êtres humains brutaux et acharnés et les animaux de la forêt, bien plus civils, mené par notre Renard dandy. Cette lutte permettra à Mr. Fox de se retrouver et de s’assumer et à son fils, Ash, de se confronter à ses complexes, notamment ceux d’être si différent de son flamboyant père et en deçà de son aimable cousin Kristofferson (Eric Chase Anderson, frère du réalisateur) par trop parfait.
La séduction de l’oeuvre tient non seulement à l’humour des répliques et des situations et aux rebondissements qui scandent cette aventure mais aussi à l’adéquation entre forme et fond. En choisissant des marionnettes se mouvant avec une raideur fluide dans un décors où chaque détail est choisi, Wes Anderson utilise optimalement son perfectionnisme et son élégance (jusqu’aux pommes siglées Louis Vuitton), car l’équilibre entre imaginaire et réalisme, étrangeté et repères ordinaires, devient parfaite et permet à l’illusion de s’incarner. Les tics habituels du réalisateur, ses éventuelles faiblesses à aimer les univers calfeutrés, contrôlés, tout de raffinement distingué complètent remarquablement le réalisme des dialogues et des situations, la “sauvagerie” de tous derrière le vernis de civilisation et l’inachèvement artisanal des poupées humaines et animales. La sophistication du dandy inadapté qu’est Anderson retrouve tout son charme et offre un moment de bonheur, de loufoquerie et de poésie automnale. A voir, sans doute même plusieurs fois.
En résumé : Wes Anderson se tourne pour la première fois vers l’animation avec cette superbe adaptation du roman Fantastique Maître Renard de Roald Dahl.
I was a childhood Roald Dahl fanatic. The Witches gave me nightmares, The Twits disgusted me with their cornflake-infested beards, Matilda had me cheering for revenge against sadistic headmistresses, the BFG was a dog-eared snozcumber-tastic favourite, James and the Giant Peach had me wistful for glow-worms and grasshoppers crossing the ocean on hot-peach-balloons towed along by seagulls, and Danny The Champion of the World had me convinced that Coxes Orange Pippins are the closest to apple nirvana that you can get. So I was a bit dismayed with myself that I couldn’t remember much at all about the original story of Dahl’s Fantastic Mr Fox. Wes Anderson’s fantastic animated adaptation of the tale didn’t ring many bells either plot-wise, other than its trio of enraged farmers. What you get is a very nicely done riff on the original and it’s by no means a carbon copy.
The Fox Family find themselves in hot water when the dapper Mr Fox (George Clooney) finds himself unable to resist a poaching crime spree in Boggis, Bunce and Bean’s industrial-scale farms not far away from his brand new, swanky tree house (as an upmarket Fox family, they decide to upgrade their formerly underground lifestyle). His wife isn’t happy, especially when the robbed BBB trio turn up with bulldozers, explosives and the combined wrath of generations of wronged farmers to annihilate him from the face of the earth. They have to start digging for their lives, as does half of the neighbourhood’s properly disgruntled wildlife. In keeping with Wes Anderson’s directing style, it’s smart, gently ironic and softly understated. The animation adds a generous dollop of deliciously sweet, painstakingly crafted, uplifting visual genius. The result is subtle, witty, affectionate, suave, and highly recommended.
