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Dark Shadows

In a nutshell: A glass half empty or half full? Dark Shadows got Mlle L. thinking and pondering. Miss J. follows up with a dashing review, M. D. concludes the exercise for this very special “three critics for the price of none”, after all this blog is free … Mmm, there might be something rotten in the Kingdom of Franglaisreview.

C’est avec une assez grande appréhension que je reçois désormais la nouvelle de la sortie d’un nouveau film de Tim Burton. Après plusieurs déceptions face à des réalisations trop bancales, inégales, parfois un peu mal fichues (Planète des Singes, Big Fish, Charlie et la Chocolaterie) et quelques accès de fureur pleine d’incompréhension (Les Noces Funèbres, dont la maladresse de l’animation et la fin cul-cul la praline à souhait étaient une insulte à l’Etrange Noël de Mr Jack, et Sweeney Todd, dont les errements musicaux m’ont rappelé les pires moments de Celine Dion au Stade de France), je m’étais réfugiée dans le choix de l’embargo (Alice au Pays des Merveilles, que je pense ne jamais voir), à force d’avoir été trop souvent déçue par les bâclages de plus en plus réguliers d’un réalisateur qui m’était si cher au départ.

Et puis, je vois la bande annonce de Dark Shadows : c’est que ça a l’air très bien, ce film-là … Ne connaissant pas bien du tout la série télévisée des années 1970 dont le film s’inspire (créée par Dan Curtis, avec Jonathan Frid dans le rôle repris par Johnny Depp), je ne risquais pas de me lancer dans les a priori comparatifs négativistes dont je suis pourtant férue. C’est dit, j’y vais ; Tim Burton et moi repartons enfin sur des bases amicales !

Une première critique sur des bases amicales

Tim Burton est bien aidé par une idée de départ assez géniale, associant la thématique des vampires à celle d’Hibernatus et des Visiteurs, propice comme on peut l’imaginer à la multiplication des “moments de bravoure” du comique de situation. Le casting, très prestigieux et fort talentueux, soutient le propos avec noblesse et professionnalisme : Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham-Carter s’amusent manifestement beaucoup et leur plaisir est contagieux. L’exubérance seventies (garde robe, décors, bande son) est un adjuvant efficace. Les dialogues sont fort bien travaillés. La photo “burtonienne” est prévisible mais toujours très belle, souvent grandiose.

Les 90 premières minutes de ce film sont une réussite totale, et recèlent de vrais moments de génie comique (sinon cinématographique): la rencontre de Barnabas le vampire anachronique avec les hippies, sa découverte du synthétiseur Bontempi, son dialogue de sourds avec une adolescente odieuse (Chloe Moretz, un peu décevante si l’on compare avec son extraordinaire personnage dans Kick Ass, reste néanmoins très convenable), bref, toutes ces scènes sont réellement parfaites, le film est un bonheur.

Mais … ? L’ensemble de la distribution retient son souffle!

Malheureusement … après cette première heure et demie, il reste encore 20 minutes de pellicule. Ces vingt dernières minutes de film sont consacrées au grand final, qui mériterait plutôt d’être qualifié de grosse catastrophe. Finition à la truelle, dialogues ineptes, va-et-vient de camera rappelant le style de Luc Besson dans Taxi 8 le retour de la vengeance qui va te péter ta gueule, “surprises de dernière minute” totalement injustifiées, inexploitées, incompréhensibles et franchement à la limite du débile, invasion des effets numériques sans aucune coordination avec les acteurs (on souffre pour Michelle Pfeiffer qui s’agite désespérément au cours d’une pantomime lamentable impliquant un fusil – bien réel – et une hydre – numérisée – donnant naissance à un des moments les plus ridicules de l’ère CGI), et, pour couronner le tout, un loup garou d’une laideur et d’une pauvreté technique qui m’a mise totalement hors de moi – j’ignore le nom de l’abruti responsable du design puis de la supervision de l’équipe technique qui a donné jour à ce loup garou, mais c’est un sacré gros nul, ne reculant devant aucune minablerie – le roi des nazes et des incompétents.

Bref, ces vingt dernières minutes, vous l’aurez compris, vous ruinent ce film pourtant jusque là si heureusement réussi. Suivant votre humeur, vous sortirez donc de la salle très heureux d’avoir vu 90 minutes d’un très bon Tim Burton, et vous ne vous attarderez pas sur le final (très) décevant ; ou vous repartirez grincheux et plein d’incompréhension, vous interrogeant sur ce ratage magistral d’un film qui était si bien parti. Alors, êtes-vous plutôt verre à demi vide ou à demi plein ? A vous de voir.

En résumé : Johnny Depp se joint de nouveau à Tim Burton pour un film gothique et – j’espérais bien – comique. Mais c’est surtout le gothique qui prime, et cela m’a plutôt déçu. 

Ah, it’s good to write a critique sandwiched between the work of two of my favourite cinema buffs, Monsieur D. and Mlle L. I shall try to do my best for Team English Language. Here goes: We dashed to the cinema on the opening Wednesday to see Tim Burton’s latest production, a liberal adaptation of the 1960/70s cult gothic TV series Dark Shadows. I can’t say I ever watched the series, but it seems a lot of people did. The story plays out in the coastal town of Collinsport in Maine, where gothic happenings are afoot.

Back when the town was an English colonial settlement, the son of the local fishing tycoon, Barnabas Collins (Johnny Depp) was turned into a vampire for spurning the advances of a servant girl far beneath his station, Angelique (Eva Green), who turns out to be a vengeful witch in her spare time. When Barnabas continues to refuse to submit to her, she has the stubborn vampire buried alive, and over the centuries, does all she can to ensure the Collins family’s decline.

Insomnia is a terrible thing.

By the time Barnabas gets dug up by a gang of unsuspecting road diggers in the 1970s, his family home is utterly dilapidated, despite the best efforts of the family matriarch Elizabeth Collins Stoddard (Michelle Pfeiffer) and the two remaining servants, not least the one in her early nineties who takes seven hours to polish a single silver spoon. And the children are as oddball as might be expected. The youngest, David (Gulliver McGrath), Sees Dead People and has a live-in therapist, Dr Julia Hoffman (the obligatory Helena Bonham Carter). His older sister, Caroline (Chloë Moretz), is the quintessential moody teenager, with the corresponding tastes in music and fashion.

Barnabas has quite some adapting to do, and the comic potential is rich. Depp applies his customary panache as a graceful, eerily pale character with ‘special dietary requirements’ guaranteed to make any airline company tremble. And as an aside, were the depictions of Barnabas’ ginger excursions out into daylight channeling Michael Jackson, or what?

See what I mean?

I was mainly sold on the trailer for the film, which unfortunately made it look a lot more humorous than it actually was. I’d expected there to be less gothic bloodthirstiness, and more comedy. As it turns out, most of the best gags are in the trailer. And there’s a whole lot more gore and dark warpedness in a production that drags at times. While the characters deliver all the zest they’ve got and more, deep down the film seems to be taking itself horribly, excessively seriously – and the overall effect is spoiled.

In a nutshell (bis) : Fans will find their reward but Dark Shadows disappoints. The script lacks fangs and both Burton and Depp are quite predictable. But like pizza or chocolate cake, even when it’s not great, it remains pretty good. Let’s hope both director and actor will step outside their comfort zone on their next project.

Nul besoin d’épiloguer avec tant de critiques précédant mes modestes mots. Assez brièvement, donc, Dark Shadows reprend une série inconnue du plus grand nombre (si vous la connaissiez, faites-nous signe pour nous dire si Burton y est fidèle ou non, et si même cela a une quelconque importance). Barnabas Collins (Johnny Depp, toujours plus Depp) couche avec la bonne, beaucoup plus mauvaise – huhuhu … – qu’il ne l’imaginait, car la ravissante Angélique (sic) Bouchard (Eva Green parfaite) est une sorcière démoniaque. Elle maudit toute la famille Collins, en particulier Barnabas, transformé alors en vampire, qu’elle enfermera pour deux siècles dans un cercueil sanglé de lourdes chaines. Libéré, celui-ci tentera de sauver ce qu’il reste de sa très dysfonctionnelle famille et de redonner un lustre au blason des Collins. Sur sa route, évidemment, il trouvera la toujours superbe, toujours amoureuse et toujours diabolique Mlle Bouchard. La lutte sera rude.

Troisième critique dans laquelle la lutte sera rude

Comme le soulignaient avec prolixité mes camarades, Burton sait s’entourer d’une troupe d’acteurs dont le talent ne fait jamais défaut. Fidèle à sa famille, il retrouve Danny Elfman, poursuit sa collaboration fertile avec Johnny Depp, offre un rôle à son épouse Helena Bonham Carter et permet une apparition en Capitaine au long court au légendaire Christopher Lee. Son film, sans surprise, permet à Depp de faire son numéro, et dessine un univers parallèle notoire et rassurant où le gothique faussement épeurant (comme le dise nos amis Québécois) est interrompu par quelques saillies et autres cocasseries tendres.

Cela résume les points forts et les faiblesses de ce Dark Shadows. Les amateurs trouveront l’ambiance burtonienne qu’ils apprécient tant, le mélange entre fantastique effronté et humour malicieux, un héros “monstrueux” pourtant plus aimable que les gens normaux, et le professionnalisme d’une grosse production. Les détracteurs du réalisateur américain souligneront les présences inutiles, pesantes de l’épouse (H. Bonham Carter) et du mentor (C. Lee) que Burton ne sait comment utiliser. Ils remarqueront un scénario faiblard et une bande annonce bien plus drôle que le film, souvent languide. Ils regretteront aussi que le créateur génial d’Edward aux mains d’argent ou d’Ed Wood n’arrive pas à se renouveler depuis Big Fish, tous ses films oscillants entre le très lisse attendu (bien sympathique Charlie …) et le carrément raté (catastrophique Alice …).

Un film ni vraiment gauche, ni très adroit … au centre. Attention à ne pas se faire écraser !

Le divertissement est honnête mais inconstant et l’on reste plus attaché à la Famille Adams qu’à la famille Collins. Quelques scènes et effets sont magistraux – le visage d’Eva Green qui se craquèle, véritable coquille d’oeuf ; le spectre chutant éternellement du haut d’un lustre ; la réunion brutale et acrobatique des désirs de la sorcière et du vampire, etc. -, la dernière partie, lamentable, est à oublier. On pleurera simultanément qu’un créateur, désormais “muséifié”, ne soit plus qu’un styliste certes talentueux mais loin de ce qu’il fut, on se réjouira qu’en dépit d’un dernier acte bâclé il soit toujours capable de nous offrir quelques instants de rires, de rêves, de charme, de merveilleux.

Allez, M. Burton ! Allez, M. Depp ! Soyez audacieux ! Repartez sur des chemins de traverse, réinventez-vous!

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Pirates des Caraïbes 4 – La fontaine de jouvence

In a nutshell: Jack Sparrow has a map to go to the Fountain of Youth where immortality is a distinct possibility, but lots of troubles are on his way, after all he is “on stranger tides”. A fierce pirate, Black Beard, his nemesis Barbossa, sirens, storms, the King of Spain’s armies and a disappointed former love, Penelope Cruz, are awaiting him and none of them happy. I’d love to tell you more but I just found the fountain of forgetfulness and I drank too much of it. Damn Rum!

Ca va sentir la fin d’année ce film vu dans la touffeur de l’été, si c’était bien en été, et depuis largement oublié. Je peux vous dire que Mr. J.A. et sa charmante épouse auraient dû être présents … je crois. Mais finalement furent empêchés et le virent un autre jour. En revanche, Johnny Depp étaient là, mais sur l’écran, il cabotinait à en faire oublier qu’il est un acteur subtil et doué. Cherchant à se régénérer la franchise de Pirates des Caraïbes n’a pas trouvé mieux que de prendre cette nécessité au pieds de la lettre et c’est la Fontaine de Jouvence que Jack Sparrow (Depp) recherche dans ce quatrième épisode.

Quand j'étais petit, je voulais être pirate ou policier, pour pouvoir jouer avec la sirène

Pas de représentation de Bosch ou de Cranach pour cette fontaine qui donne l’immortalité mais la réinterprétation du mythe populaire qui voulait que l’explorateur Juan Ponce de Leon, compagnon de Christophe Colomb, soit parti à sa recherche pour, dit-on, guérir de son impuissance. Ici on fait confiance à Penelope Cruz (Angelica Teach dans le film) pour cela, et le successeur du brave Ponce de Leon se déplace pour la gloire de la couronne espagnole et celle de la croix. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je vous en parle car ce n’est pas lui que nous suivons mais les différents pirates habituels qui ont, eux, de moins nobles ambitions. Barbe Noire (McShane), Barbossa (Rush) et Sparrow se disputent à qui mieux mieux de combats navals en chasse à la sirène, de mutineries en duels au sabre. Tout ceci est bruyant, raisonnablement spectaculaire et suffisamment distrayant pour combler alors nos envies d’ailleurs océaniques et adrénalinés.

Je ne me souviens pas de beaucoup plus, je n’aurais pas dû finir cette bouteille de rhum, si ce n’est que Rob Marshall s’est plutôt finement tiré de cette réalisation, un numéro 5 est en préparation et les critiques qui comptent, dont Mr. J.A. ont trouvé qu’il était presque aussi réussi que le numéro un. Ce qui n’est pas rien.

En résumé: Ci-après une petite critique en anglais d’un film sympa que j’ai presque complètement oublié. Enjoy!

I can only admire Monsieur D for dredging up as much as he has about Pirates of the Caribbean 4 – The Fountain of Youth. Personally I am left just with a few blurry memories of Johnny Depp being swashbuckling whilst touting thick black eyeliner, Penelope Cruz smoldering, and lots of pirates running everywhere, occasionally having run-ins with hot mermaids with bloodthirsty tendencies. I’m pretty sure I had a decent enough time, but I can only urge my future self not to wait six months before trying to review a film as amiably generic as Pirates of the Caribbean. That said, it was much better than number 3 in the series, which was dour and awful, whereas I’m pretty sure this one was much funnier and with much more pep.

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Rhum Express (The Rum Diary)

In a nutshell: Despite a stellar cast, the adaptation of Hunter S. Thompson’s Rum Diary is mirthless, sparkless, in a word boring. Not interesting or funny enough, it is hard to care for Thompson’s alter ego, Paul Kemp in his lame and drunken adventures in Puerto Rico in the 1950s. The gonzo writer rests in pieces.

Ca fait quoi, maintenant, 5 ans ? 6 ?  Je ne souhaite pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais malgré toute l’admiration que je peux porter à M. Depp, je me dois de dire qu’il serait temps qu’il tourne dans un bon film. Son ami Tim Burton n’est pas au mieux de sa forme, son Pirate à force de suites coule plus qu’il ne flotte, et son affection pour Hunter S. Thompson le pousse à participer à des projets vaseux. Rhum Express (The Rum Diary) est l’adaptation du deuxième roman presque autobiographique de Thompson, le célèbre journaliste gonzo, figuré sous les traits de Paul Kemp (Johnny Depp), jeune reporter inconnu souvent saoul, brièvement engagé à Porto Rico au San Juan Star, journal anglophone proche de la faillite.

Alors que vous dire à partir de là … Porto Rico, c’est joli. Si on aime la plage bien sûr … il y a des combats de coqs (mais aucun animal n’a été blessé pendant le tournage) … Kemp tombe amoureux d’une fille trop belle (Amber Heard) à nom de canal à alluvions (Chenault), ce qui devrait lui amener quelques soucis … en fait pas vraiment … et il serait temps de prendre un verre de rhum … Il doit aussi y avoir une vague histoire de corruption et de gros sous mais je ne saurais vous dire laquelle, j’étais déconcentré par le décalage entre ce que je voyais et mes souvenirs de ce que “gonzo” est supposé signifier : une écriture féroce et ultra subjective, puissamment autobiographique, engagée et sarcastique.

Une scène puissamment sarcastique.

Le film n’est donc pas le plus gonzo que j’ai pu voir. Ni le meilleur. De Rum Diary à Rhum diarrhée il n’y a qu’un pas, très facilement accompli la première demi-heure du film s’achevant, ce qui doit expliquer le choix d’un titre français plus neutre. Même si express n’était pas le mot qui me serait venu le plus vite à l’esprit, surtout après avoir vu un quart de la salle partir en soupirant pendant la projection ou avoir eu bien du mal à s’éveiller après. Rhum rétro, peut-être? Insipide et fastidieux, certainement.

Il est dit que le réalisateur, Bruce Robinson, alcoolique repenti, aurait sacrifié jusqu’à sa santé et aurait repris la bouteille pour s’investir pleinement dans l’écriture de son film. Ca se voit. C’est peut-être la meilleure promotion que j’ai pu voir pour le programme des alcooliques anonymes : attention, l’alcool peut nuire à votre scénario. Il doit pourtant y avoir bien des choses à dire sur cette petite colonie états-uniennes au coeur des Antilles, ou, moins politiquement, sur l’histoire d’amour lamentable et interdite d’un journaliste pauvre et de la compagne d’un des hommes les plus riches de l’île. Rhum Express est l’histoire d’un gâchis et si l’on aimerait revoir un film avec Depp, Eckhart, Ribisi, Jenkins, Rispoli et Heard où ceux-ci pourraient vraiment exprimer leurs grands talents. La bande annonce promettait un film barge, elle ne mentait pas, il s’agissait du bateau à fond plat, sans moteur.

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Rango

In a nutshell: A chameleon accidentally becomes Dirt’s new sheriff. He has to investigate the city’s water problems and will solve them by being inspired by the Spirit of the West. It should be “YAY” but is only “yawn”.

Un caméléon (Depp) neurasthénique tente de survivre à l’ennui dans son terrarium en s’inventant mille vies et se considérant comme un acteur. Un accident de parcours le propulse à son corps défendant en plein coeur du désert du Mojave où il finit par trouver une ville, Dirt, si misérable que les légendes de l’Ouest y sont bien vivantes. Ayant besoin d’espoir, les habitants trouvent chez ce caméléon menteur compulsif un nouveau shérif. Et Rango, acceptant la charge, de s’inscrire à son tour dans l’Histoire de l’Ouest américain. Plutôt récit initiatique qu’aventures comiques, le héros se découvre lui-même tandis qu’il résout les énigmes et dangers auxquels “sa” ville doit faire face.

De quoi fulminer car ce film promettait ...

Johnny Depp dans un western, c’est tentant, mais si l’acteur donne de la voix, le silence du désert écrase tout et Rango est aussi stérile que les champs de “Dirt”, ville aride, asséchée par les manigances vicieuses et criminelles de son maire (Ned Beatty). Gore Verbinski s’emploie à construire un pastiche subtil et riche en références mais pour le divertissement ses efforts restent vains. Les rires sont rares et incapables de choisir s’il fait un film pour adultes ou enfants il ne réussit qu’à ennuyer les deux. Certes l’animation est superbe, certaines scènes très réussies, et les hommages aux classiques si nombreux que Tarantino pourrait en faire un malaise de jalousie mais pour un récit morne et téléphoné scandé par les accords assommant d’un Hans Zimmer loin du souffle d’un Morricone, pourtant peu connu pour sa légèreté.

Opportuniste et assez factice, ce film d’animation se laisse voir, se fait apprécier parfois par ses clins d’oeil (de Las Vegas Parano ou Apocalypse Now à Terminator 2 ou Deliverance en passant par toute la crème du Western), ou par le choeur tragique des hiboux mariachis mais laisse ô combien sur sa faim. Jamais le metteur en scène ne s’approprie ce riche univers, jamais il ne profite de l’animalité de ses protagonistes dont la forme n’est qu’un prétexte à étaler les hommages aux grandes figures du genre. Bill Nighy ou Isla Fisher ont beau faire de leur mieux, l’héritage est trop lourd et Rango fait plus bailler que vibrer.

En résumé : Un caméléon mythomane se perd dans le désert, ainsi que nos espoirs d’un bon moment cinématographique.

And now for another animation starting with an R – but a very different beast. For starters, instead of the parrot protagonist of Rio, we have a chameleon: Rango (voice of Johnny Depp). And we’re in the Mojave desert. Rango is a lonesome pet who uses the props in his cage as characters in his own plays, and is tossed from his owners’ car while they’re driving through the desert.  Serenaded by some of the most morbid (but cutest) owls ever, he makes his way to the water-parched Old West town of Dirt, populated by a crew of threatening beasts he manages to win over by lying to them about a heroic past and somehow slaying a hawk. And then he’s made Sheriff! Except it soon becomes apparent that it’s a cursed job, and that the town’s mayor (Ned Beatty) is more than a little shifty, and that if they don’t get some water soon, they’re all going to die.

Owls of doom

This is an animation that takes itself Seriously. Its soundtrack tweedles and whines spookily, and the dust rattles across the plains. Corruption and baseness claw out at the viewer at every turn. Knowing pastiche references to Westerns abound, and never, Never would the scenario be caught dead stooping to anything easy or clichéd… sadly though, it  forgets not to be really heavy about it. It won’t let you forget one minute how hard, how absurd, how alone we all are in this world and how the dust swirls around our miserable, vulnerable bodies and there is no hope and even if there were, someone would steal it away from you, so let’s twang guitars and twirl our moustaches. It seems proud of the fact it’s lured you into the cinema with the promise of masterful animation (which it visually delivers), and then proceeds to bore you to death by interrogating every prejudice you may have had about what animation Can or Can’t Do.

Fine. But it’s pretty dry stuff, and would have been far better as a short feature lasting twenty minutes or so, without the half-hearted adventure elements they throw in because, sadly, they don’t quite dare to do what they felt like, which is visual poetry, dropping any semblance of a linear narrative at all. It slouches, and the characters are too weird to want to hang around for very long. After the initial thirty minutes or so, it all left me wanting to back away slowly.

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The Tourist

In a nutshell: Anthony Zimmer‘s remake misses the boat, Depp and Jolie sink but the Venitian canals remain very nice.

L’une des suprises des Golden Globes fut la nomination du Touriste, de Jolie et Depp dans les catégories prestigieuses de meilleur film, meilleure actrice et meilleur acteur dans une comédie, des rumeurs de corruption se mirent à circuler et le présentateur de la soirée, le facétieux Ricky Gervais en fit ses choux gras. On le comprend, sans être abominable ou terriblement raté, Le Touriste laisse à désirer.

Florian Henckel von Donnersmarck tout auréolé du succès de son excellente première réalisation, La Vie des Autres, répond à sa première commande hollywoodienne avec bien peu d’originalité. Il réussit à reprendre le film de Jérôme Salle, Anthony Zimmer, en ne ménageant pas les habiletés de l’original et sans en supprimer les faiblesses. Le résultat ressemble plus à une tranquille promenade dans les (sublimes) canaux vénitiens, qu’un haletant thriller romantique.

Venise et ses pigeons

Incapable de prendre pleinement la mesure du talent de ses interprètes, il transforme Angelina Jolie en poupée de porcelaine, froide Grace Kelly à la coiffure de Claudia Cardinale et au sourire figé, tandis que Johnny Depp, petit professeur de mathématiques dépassé et lunaire semble livré à lui-même et en oublie de créer la tension érotique nécessaire qui rendait Yvan Attal et Sophie Marceau électriques. Le réalisateur suit, plus qu’il ne dirige ses deux vedettes et ne réussit à faire vivre et respirer ses scènes que s’ils sont en dehors du cadre. Quelques instants à Scotland Yard, sur un quai de gare italien ou dans un avion mafieux rappellent l’esthète sensible qu’il peut être, mais la plus grande partie de son film fait plus penser à une promotion spéciale proposée par le Comité Régional du Tourisme en Vénétie.

On oublie assez vite la vacuité du scénario et la mollesse du montage pour espérer que le prochain film de Florian Henckel von Donnersmarck fasse ressurgir ses talents plutôt que ses carences et nous présente un film plus profond qu’uniquement cosmétique.

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Alice au pays des merveilles

In a nutshell : Alice is now 20, a bit old to be in Wonderland, but she goes nevertheless guided by Tim Burton in a wonky adaptation of Lewis Carroll’s great work.

L’actualité et le dernier article de Mlle Clara impliquent que nous parlions sinon du festival de Cannes et de son président cette année, Tim Burton, – on le fait déjà formidablement ici – du moins de son dernier film dans nos salles, Alice au Pays des Merveilles. Alice est une adaptation, l’enfant a bien grandi, elle est même en 3 dimensions pour ceux qui le souhaitent, mais je crains qu’avec l’âge elle ait perdu de son charme, le film en tout cas très nettement.

Tim Burton a toujours eu l’avantage de connaître le cocktail magique qui lui permettait de mêler sa sensibilité, son originalité, ses thématiques et son talent à des projets populaires et vendeurs qui le faisaient être apprécié du public et de la critique. Mais ici, la boisson saoule plus qu’elle ne désaltère, monte à la tête plus qu’elle ne ravit les sens. Si les codes de l’univers burtonien sont respectés, rayures, couleurs vives, Johnny Depp etc., l’âme n’y est plus, dévorée par le marketing. L’œuvre satirique, absurde, dépaysante de Carroll n’est plus qu’un joli décor de pixels.

L’intrigue est simple. Alice (la molle Mia Wasikowska) est en âge de se marier mais elle hésite à épouser le caricaturalement rasant Hamish, aristocrate ridicule de corps et d’âme mais riche. Se connaissant insuffisamment elle-même elle préfère suivre un gentil lapin blanc, très en retard, que faire face et, qui sait, affronter l’ire de ses pairs et ses ainés. Ce passage à l’âge adulte est lourdement signifié par son troisième (après ses Aventures au Pays des Merveilles puis Through the Looking Glass) voyage au Pays des Merveilles sur lequel règne la terrible, cruelle et infantile Reine Rouge (amusante Helena Bonham-Carter). Une prophétie annonce qu’elle ne pourra être renversée et remplacée par sa douce et pacifique sœur, la Reine Blanche (Anne Hathaway), que si un héros (enfin une héroïne) réussit à vaincre le terrible monstre, le dragon hideux qu’est le Jabberwocky. Alice quitte donc le monde de Carroll pour entrer dans celui d’un sous Harry Potter qui aurait trop vu La Guerre des Etoiles. Après tout, pourquoi pas ? Mais c’est d’un ennui … En épilogue, Alice revient à la surface et finit par choisir de refuser le mariage victorien pour une vie d’aventures (en Chine, les marchés du futur).

Transformer l’enfant qu’est Alice en jeune femme fut pour moi le problème central car Burton ne sait pas ou ne veut pas filmer les troubles et les tensions de la sexualité et le personnage, que seul son Papa comprenait vraiment, n’apparaît pas avoir non plus particulièrement mûri intellectuellement. Alice est si enfantine qu’elle en devient cruche et le charme de la petite fille attentive, courtoise, insouciante, « extravagamment curieuse » du conte disparaît pour devenir une sorte de chevalier, la porteuse de l’épée magique.

Ainsi, pour incarner ce scénario atterrant, une multitudes d’effets, de couleurs, de mouvements et de détails léchés mais aucune trouvaille, et une carence en émotion étonnante. Car même si tout est fou, tout est lisse, jusqu’au Chapelier pourtant interprété par l’habituellement superbe Johnny Depp. Et la 3ème dimension n’amène rien de plus au spectacle, si ce n’est qu’après Avatar, elle apparaît bien mal maîtrisée, présentant plus un théâtre de marionnettes de papier qu’un monde dans lequel entrer.

On ressort du cinéma plutôt grognon car la déception est forte et même si l’on a pu être ravi çà ou là des apparitions élégantes du gros chat du Cheshire et de son beau sourire, on regrette la disparition de l’ambigüité chère à Lewis Carroll et du grain de folie d’un Tim Burton en petite forme.

En résumé: Alice retourne au Pays des Merveilles, mais on n’aurait peut-être pas dû lui accorder un visa…

Cinematically or otherwise, some literary classics should get to keep their dignity, kept from harm like beloved sacred cows, lowing sagely in their own verdant, cordoned-off corner of the cultural field. For me, Alice in Wonderland and Alice Through the Looking Glass are prime categories for that kind of reverence. They’re flippin’ perfect as they are. Hands off and don’t even think about it, Disney, Saatchi and Saatchi, Twentieth Century Fox, rabid post-post-post-modern/ist theorist, or whoever (hm, too late). But… then again, turns out that it’s Tim Burton who’s going to be riffing on the original story, casting delectable Johnny Depp in the leading role. And in 3D (could be psychedelic)! Hm. OK, call off the dogs, sounds like it could all be watchable after all….

So, the new story: Alice (Mia Wasikowska) has grown up into a feisty young adult on the verge of being publicly proposed to by dull local rich bloke Hamish, convinced her childhood adventures in Wonderland were some kind of indigestion-induced delusion. Luckily though, she falls back down the rabbit hole just before having to give an answer, giving her breathing space and some horribly generic adventures to trundle her way through before having to face him again at the end of the film. Pretty much all of the original major players are there, plot-wise: Johnny Depp plays The Mad Hatter, Paul Whitehouse the March Hare, Alan Rickman the Blue Caterpillar, Matt Lucas both Tweedledum AND Tweedledee… and Steven Fry is the voice of the almost-Bagpuss colour schemed Cheshire Cat (which is unquestionably most wonderful). Meanwhile, Wonderland has fallen into rack and ruin, submitted to the despotic whims of the Red Queen (Helena Bonham Carter), who’s at her all-time best resting her tired feet on a pig as a footstool. Alice is pounced on by the familiar crew of characters as their hopeful saviour from the whole mess, with the task of putting the banished White Queen (Anne Hathaway) back in charge of things by hopefully, um, slaying the Jabberwocky. If you will, all very Lord of the Rings-meets-Harry Potter-meets-Alice in Really-makes-you-wonder-what-they-were-thinking-land

Unfortunately, whilst it doesn’t by any means fall totally flat,  the all-new Alice is still a seriously big let down, yet more proof that pretty pictures and truckloads of cash can’t get you past a lame duck storyline, which is all the more enraging giving the glorious thematics it’s lazily reprising. Burton’s off form, other than his unstoppable flare for imaginative visuals. As for the promise of 3D, it’s categorically not worth the pinched nose and vague headache you get from sitting through a film with the still-rather-cumbersome 3D glasses on. It’s clearly a gimmicky add-on and one that almost made Monsieur D. swear off 3D for good, not only adding little but frequently detracting as well, making Avatar look truly masterful in the process. So, I’d recommend a night in rereading the originals above renting this on DVD – even if visually it does have its moments, and the Cheshire Cat is heartbreaking only in as much as you can’t actually get one  as a pet.

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