In a nutshell: A young Jung finds out about Freud’s thesis, Freud himself, and forbidden love. A cerebral, rather quietly perverse and erotic play not quite transformed into a movie by an astute and often clever director, the always interesting Cronenberg.
Nous n’allions pas manquer le dernier opus de David Cronenberg, d’autant moins que son sujet d’élection était l’adaptation de la pièce de Christopher Hampton et du livre éponyme de John Kerr, A Most Dangerous Method, narrant les 6 années d’échanges des deux pères de la psychanalyse, Freud (Viggo Mortensen) et Jung (Michael Fassbender), d’un lien méconnu entre eux, la Russe Sabina Spielrein (Keira Knightley), patiente et amante du second, puis collègue et confidente du premier, avant de devenir la Françoise Dolto de son époque.
Cronenberg ne surprend pas par le choix de ses thèmes, logiques dans sa filmographie (la sexualité, la maladie, la science, la figure du père, la rivalité entre frère), mais bien plus par le style de son film. En rien viscérale, il propose au contraire une oeuvre cérébrale, académique, parfois empesée, rappelant bien plus James Ivory que La Mouche ou eXistenZ. La violence est morale plutôt que physique et les mutations, les transformations par lesquelles passent le Dr. Jung tordent l’âme plus qu’elles ne déforment le corps. Le spectateur s’attache au jeune et brillant psychiatre suisse, le voit adopter cette nouvelle méthode autrichienne et suit les transformations que cette analyse de la psyché amène dans sa vie et celle de sa patiente. Leur relations évoluent, une douce perversion et un érotisme latent envahissent la vie intègre et protestante du médecin tandis qu’il partage avec son mentor viennois les progrès indéniables de sa belle hystérique, aux pulsions sadomasochistes.
De manière très théâtrale – le cinéaste perd de son rythme dans quelques échanges de lettres ou quelques discussions longuettes -, Cronenberg expose à la fois le trouble qui lie thérapeute et malade et celui qui se créée entre Freud, figure tutélaire et père de la psychanalyse, et Jung, héritier trop brillant et trop novateur. Le réalisateur montre le coup de foudre intellectuel que Carl Gustav Jung subit et sa déception grandissante, devant le refus de Freud à se remettre en cause, son intolérance aux initiatives théoriques de son protégé, sa volonté à n’utiliser exclusivement que le sexe comme étalon. La fracture qui, s’élargissant, finira par les séparer prend plusieurs formes, dont celle notable du très libertaire Otto Gross (Vincent Cassel), mais l’un de ses visages fondamentaux est celui de Mlle Spielrein.
Le film, par la densité de ses thématiques, par le talent de ses interprètes et celui de son réalisateur offre de nombreuses pistes de réflexion et pour quelqu’un qui s’intéresse un peu à la psychanalyse et à son histoire, il peut même devenir tout à fait fascinant. Ce n’est pourtant pas totalement emballé que je suis sorti de la salle de cinéma. Cronenberg ne réussit pas aussi parfaitement que dans ses derniers films à maintenir une tension dramatique suffisante pour que l’esprit ne vagabonde pas çà ou là, et quelques scènes superbes ne font pas oublier quelques autres de moindre intérêt, conventionnelles et bavardes. La femme de Jung est par exemple traitée de manière bien mécanique et superficielle.
Ajoutons que Mlle Knightley n’est peut-être pas l’actrice la plus adéquate pour incarner Mlle Spielrein. Son interprétation de l’hystérie, dont elle n’a en rien à rougir, est si classique que l’on ne peut s’empêcher de voir l’actrice derrière le personnage, de plus, lorsque dans la deuxième partie du film elle finit par séduire son thérapeute, on ne peut s’empêcher de tiquer car si ses charmes physiques vont de soi, elle n’incarne pas le brio intellectuel, la puissance d’innovation et de perception qu’a eu par la suite la vraie Dr. Spielrein. Ayant la chance de partager mon quotidien avec plus d’un docteur, Miss J. – pardon ! Dr. J. – peut en témoigner, il faut plus qu’une jolie plastique pour convaincre un jury de thèse, même si cela peut aider.
Enfin, et là, M. Cronenberg n’y peut rien, nous avions notre propre hystérique dans la salle. Il fut en conséquence complexe de se laisser pleinement emporter par le film, quand après une vingtaine de minute, un homme s’est levé du premier rang a remonté les rangées du cinéma, s’est arrêté au dernier rang et s’est mis à insulter ce film “bouffon, de bouffons, pour les bouffons”, avant d’aller tenter, en vain, de se disputer avec un couple assis trois rangs plus bas, pour s’asseoir ensuite en milieu de salle attendre une vingtaine de minute se mettre à maugréer et vitupérer comme s’il avait un chat possédé dans la gorge et que l’exorcisme prenait effet, pour finalement aller se repositionner au premier rang et attendre la fin du film pour reprendre son délire.
Ce peut être troublant.
Mais, somme toute, malgré toutes ces imperfections, intérieures ou externes au film, A Dangerous Method intéresse, stimule et, comme l’écrivait M. J.M. dans son top 10, offre des émotions intenses, en rien négligeables. La partition est classique, mais elle belle, puissiez-vous y être sensible.
En résumé : Quand Jung se met à la psychanalyse d’une jeune russe hystérique, la tension sexuelle est palpable. Un drame très visible sur les difficultés de se lancer dans la psychothérapie.
I had been really looking forward to watching David Cronenberg’s latest production, A Dangerous Method. It’s a sleek drama tracing six years of Carl Jung’s early psychoanalytic career (Michael Fassbender), his doomed correspondences with his father figure Freud (Viggo Mortensen) and, most spectacularly, his affair with his own patient, Sabina Spielrein (Keira Knightley), a classically hysterical, brilliant Russian chosen by Jung as a guinea pig for psychoanalysis. Her treatment goes splendidly, if by splendidly one means a dramatic reduction in hysteria accompanied by explosive patient-doctor sexual tension.
Fassbinder’s performance as Jung was somewhat mesmerizing, although perhaps I was just goggle-eyed with astonishment that this could be the same person who’d starred in Shame. While it feels as though some actors insert a similar persona into whatever film they star in, Fassbinder here was startlingly different and conveys Jung’s dilemmas and obsessions with panache. We see Jung struggle between admiration and frustration with Freud’s inflexibility regarding the limits of psychoanalysis. Jung grows a tad tired with Freud’s fixation on sexuality as the motor of the unconscious, while Freud grows exasperated with Jung’s preoccupations with synchronicity and the realm of the spiritual and the symbolic.
The film feels brittle at times, as if handled with kid gloves – there seems to be a reticence to step away from a clipped, almost antiseptic representation of the story. Its carefully stylised, costume drama elements feel overbearing at times. The violence of the characters’ emotions is kept hemmed back and largely ‘stuffed away’. In some ways this is quite fitting, as it allows for a sense of diffuse foreboding to seep into the whole fabric of the film, rather like a difficult-to-pin-down neurosis. Overall however I found it pretty riveting viewing, especially in terms of its explorations of two brilliant frontrunners of a new treatment philosophy feeling their way forward, all whilst grappling with their own desires, egos and delusions.
As Monsieur D. has already reported, we were also ‘treated’ to our very own nutter in the cinema where we saw the film – an appropriate film for it to happen – we got shouting, ranting, rambling about the cinema, strange gagging noises, and eventually, mercifully, relative periods of peace and quiet. It would have been good to see what Jung and company would have made of it.













