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A Dangerous Method

In a nutshell: A young Jung finds out about Freud’s thesis, Freud himself, and forbidden love. A cerebral, rather quietly perverse and erotic play not quite transformed into a movie by an astute and often clever director, the always interesting Cronenberg.

Nous n’allions pas manquer le dernier opus de David Cronenberg, d’autant moins que son sujet d’élection était l’adaptation de la pièce de Christopher Hampton et du livre éponyme de John Kerr, A Most Dangerous Method, narrant les 6 années d’échanges des deux pères de la psychanalyse, Freud (Viggo Mortensen) et Jung (Michael Fassbender), d’un lien méconnu entre eux, la Russe Sabina Spielrein (Keira Knightley), patiente et amante du second, puis collègue et confidente du premier, avant de devenir la Françoise Dolto de son époque.

Mais où est la main gauche du Dr. Jung?

Cronenberg ne surprend pas par le choix de ses  thèmes, logiques dans sa filmographie (la sexualité, la maladie, la science, la figure du père, la rivalité entre frère), mais bien plus par le style de son film. En rien viscérale, il propose au contraire une oeuvre cérébrale, académique, parfois empesée, rappelant bien plus James Ivory que La Mouche ou eXistenZ. La violence est morale plutôt que physique et les mutations, les transformations par lesquelles passent le Dr. Jung tordent l’âme plus qu’elles ne déforment le corps. Le spectateur s’attache au jeune et brillant psychiatre suisse, le voit adopter cette nouvelle méthode autrichienne et suit les transformations que cette analyse de la psyché amène dans sa vie et celle de sa patiente. Leur relations évoluent, une douce perversion et un érotisme latent envahissent la vie intègre et protestante du médecin tandis qu’il partage avec son mentor viennois les progrès indéniables de sa belle hystérique, aux pulsions sadomasochistes.

De manière très théâtrale – le cinéaste perd de son rythme dans quelques échanges de lettres ou quelques discussions longuettes -, Cronenberg expose à la fois le trouble qui lie thérapeute et malade et celui qui se créée entre Freud, figure tutélaire et père de la psychanalyse, et Jung, héritier trop brillant et trop novateur. Le réalisateur montre le coup de foudre intellectuel que Carl Gustav Jung subit et sa déception grandissante, devant le refus de Freud à se remettre en cause, son intolérance aux initiatives théoriques de son protégé, sa volonté à n’utiliser exclusivement que le sexe comme étalon. La fracture qui, s’élargissant, finira par les séparer prend plusieurs formes, dont celle notable du très libertaire Otto Gross (Vincent Cassel), mais l’un de ses visages fondamentaux est celui de Mlle Spielrein.

Parfois un cigare n'est qu'un cigare.

Le film, par la densité de ses thématiques, par le talent de ses interprètes et celui de son réalisateur offre de nombreuses pistes de réflexion et pour quelqu’un qui s’intéresse un peu à la psychanalyse et à son histoire, il peut même devenir tout à fait fascinant. Ce n’est pourtant pas totalement emballé que je suis sorti de la salle de cinéma. Cronenberg ne réussit pas aussi parfaitement que dans ses derniers films à maintenir une tension dramatique suffisante pour que l’esprit ne vagabonde pas çà ou là, et quelques scènes superbes ne font pas oublier quelques autres de moindre intérêt, conventionnelles et bavardes. La femme de Jung est par exemple traitée de manière bien mécanique et superficielle.

Ajoutons que Mlle Knightley n’est peut-être pas l’actrice la plus adéquate pour incarner Mlle Spielrein. Son interprétation de l’hystérie, dont elle n’a en rien à rougir, est si classique que l’on ne peut s’empêcher de voir l’actrice derrière le personnage, de plus, lorsque dans la deuxième partie du film elle finit par séduire son thérapeute, on ne peut s’empêcher de tiquer car si ses charmes physiques vont de soi, elle n’incarne pas le brio intellectuel, la puissance d’innovation et de perception qu’a eu par la suite la vraie Dr. Spielrein. Ayant la chance de partager mon quotidien avec plus d’un docteur, Miss J. – pardon ! Dr. J. – peut en témoigner, il faut plus qu’une jolie plastique pour convaincre un jury de thèse, même si cela peut aider.

La fameuse relation privilégiée entre patient et thérapeute

Enfin, et là, M. Cronenberg n’y peut rien, nous avions notre propre hystérique dans la salle. Il fut en conséquence complexe de se laisser pleinement emporter par le film, quand après une vingtaine de minute, un homme s’est levé du premier rang a remonté les rangées du cinéma, s’est arrêté au dernier rang et s’est mis à insulter ce film “bouffon, de bouffons, pour les bouffons”, avant d’aller tenter, en vain, de se disputer avec un couple assis trois rangs plus bas, pour s’asseoir ensuite en milieu de salle attendre une vingtaine de minute se mettre à maugréer et vitupérer comme s’il avait un chat possédé dans la gorge et que l’exorcisme prenait effet, pour finalement aller se repositionner au premier rang et attendre la fin du film pour reprendre son délire.

Ce peut être troublant.

Mais, somme toute, malgré toutes ces imperfections, intérieures ou externes au film, A Dangerous Method intéresse, stimule et, comme l’écrivait M. J.M. dans son top 10, offre des émotions intenses, en rien négligeables. La partition est classique, mais elle belle, puissiez-vous y être sensible.

En résumé : Quand Jung se met à la psychanalyse d’une jeune russe hystérique, la tension sexuelle est palpable. Un drame très visible sur les difficultés de se lancer dans la psychothérapie. 

I had been really looking forward to watching David Cronenberg’s latest production, A Dangerous Method. It’s a sleek drama tracing six years of Carl Jung’s early psychoanalytic career (Michael Fassbender), his doomed correspondences with his father figure Freud (Viggo Mortensen) and, most spectacularly, his affair with his own patient, Sabina Spielrein (Keira Knightley), a classically hysterical, brilliant Russian chosen by Jung as a guinea pig for psychoanalysis. Her treatment goes splendidly, if by splendidly one means a dramatic reduction in hysteria accompanied by explosive patient-doctor sexual tension.

Fassbinder’s performance as Jung was somewhat mesmerizing, although perhaps I was just goggle-eyed with astonishment that this could be the same person who’d starred in Shame. While it feels as though some actors insert a similar persona into whatever film they star in, Fassbinder here was startlingly different and conveys Jung’s dilemmas and obsessions with panache. We see Jung struggle between admiration and frustration with Freud’s inflexibility regarding the limits of psychoanalysis. Jung grows a tad tired with Freud’s fixation on sexuality as the motor of the unconscious, while Freud grows exasperated with Jung’s preoccupations with synchronicity and the realm of the spiritual and the symbolic.

Just another Jungian psychoanalysis session

The film feels brittle at times, as if handled with kid gloves – there seems to be a reticence to step away from a clipped, almost antiseptic representation of the story. Its carefully stylised, costume drama elements feel overbearing at times. The violence of the characters’ emotions is kept hemmed back and largely ‘stuffed away’. In some ways this is quite fitting, as it allows for a sense of diffuse foreboding to seep into the whole fabric of the film, rather like a difficult-to-pin-down neurosis. Overall however I found it pretty riveting viewing, especially in terms of its explorations of two brilliant frontrunners of a new treatment philosophy feeling their way forward, all whilst grappling with their own desires, egos and delusions.

As Monsieur D. has already reported, we were also ‘treated’ to our very own nutter in the cinema where we saw the film – an appropriate film for it to happen – we got shouting, ranting, rambling about the cinema, strange gagging noises, and eventually, mercifully, relative periods of peace and quiet. It would have been good to see what Jung and company would have made of it.

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Shame

In a nutshell: Steve McQueen focuses his grey-blue lenses on Brandon (a superb Michael Fassbender), a lonely sex addict in New York. The visit of his sister, Sissy, will trigger his sense of shame about his lifestyle and his life choices. Beautiful but filled with truisms and rather dull. So much for so little … shame.

Aimez-vous le gris ? Le bleu ? Les teintes et les nuances qui séparent ces deux couleurs ? Shame est pour vous car Steve McQueen s’est chargé de vous montrer la vie de Brandon (Michael Fassbender, magnifique) dans ces coloris là. Parfois cela donne quelque chose de très beau, comme une ballade en métro et des œillades à une passagère, parfois cela fonctionne un peu moins bien, comme au restaurant lors d’un premier rendez-vous, le plus souvent ce n’est pas totalement dénué d’intérêt mais c’est esthétisant, froid et, pour mon goût, ennuyeux.

Pourtant il y aurait de quoi fasciner (au sens premier et pénien du terme), Fassbender sait être magnétique, il est obsédé sexuel, accroc à la masturbation, aux prostituées, aux sites internet, aux aventures d’une nuit, et même à celles d’une minute. Puritain dans l’âme, il en est honteux et l’arrivée de Sissy (médiocre Carey Mulligan), sa sœur fantasque, fait éclater le cadre protecteur de sa routine de publicitaire que la vacuité de sa vie pousse à chercher adrénaline et souffle dans la chair, ici fort triste. La tension incestueuse qui les lie ne les réjouit d’ailleurs guère.

L’histoire est attendue, sans surprise, sans joie, et trop longue. La scène qui résume le film est celle dans un bar chic où Sissy chante « New York, New York » avec une lenteur telle qu’il est possible d’entonner la chanson et de l’achever entre « New » et « York ». Et chacun de s’ébaubir parce que c’est un classique reconnaissable, qu’on est dans un endroit luxueux et qu’il y a une chance de coucher avec l’interprète, du moins si vous êtes le patron coureur de Brandon (James Badge Dale). Le tout filmé superbement avec les whiskies qui scintillent, la vue sur la ville qui ondoient, et Brandon, ému malgré lui, qui a honte de sa colère et de sa fierté. Maintenant pensez bleu-gris ! Et voilà !

Ca marche aussi en gris bleu.

J’exagère bien sûr mais il est vrai que j’ai été un peu déçu par le manque d’originalité de McQueen, qui empile les truismes attendus autour de la solitude sans érotisme de son héros. Ceux qui m’ont le plus chagriné fut le moment d’impuissance de Brandon pour la première fois dans les bras d’une compagne qu’il aurait pu aimer (ben tiens !) et celui d’un suicide dont je ne dirais pas plus pour ne rien révéler d’un des rares mystères du film, mais qui est d’une lourdeur et d’un pataud et qui est annoncé depuis si longtemps qu’on regrette presque qu’il n’ait pas lieu plus tôt.

Ni troublant, ni dérangeant, ni cru, ni particulièrement fouillé, Shame est trop lisse, trop mécanique et même trop prude pour marquer au delà d’une hautaine beauté de façade. Il offre en revanche un podium à un très bel acteur, Fassbender, qui depuis Hunger (du même McQueen) et Inglorious Basterds (de Tarantino) nous convainc à chaque film supplémentaire de son immense talent. Shame par son sujet offre également de très beaux sujets de conversations et ce sont celles entamées par la suite avec quelques amis et surtout avec Miss J. qui resteront dans ma mémoire. Rien que pour cela, merci M. McQueen.

En résumé : Ce film sur l’addiction sexuel est censé être profond, bouleversant, mais il est surtout à mourir d’ennui, même s’il laisse un arrière-goût de réflexion et quelques débats. 

Steve McQueen’s latest film Shame, starring Michael Fassbender as a miserable New York sex addict, is one of those films that leaves no doubt as to how seriously it takes itself. Beautiful shots abound, an aura of portentiousness towers over everything, and, unfortunately, gaping chasms of dullness rapidly yawn open.

Michael Fassbender deftly plays sex addict Brandon, whose life is laced with deadened emotional pain and spiced up with risky sex, or just a good session alone with his laptop, or in the privacy of his, er, workplace. The shame. Meanwhile, where Brandon is aloof and guarded, and high functioning career-wise, his troubled aspiring singer sister Sissy (Carey Mulligan) is absolutely all over the place. She turns up unannounced to trample pretty much every boundary he has, acting out her intense inner turmoil with all the consideration of a fifteen-year-old girl (which she is not). Incestuous undertones also come along for the ride.

Vaguely incestuous undertones, anyone?

The pair’s relationship plays out as a poignant, intricate dance, with Sissy desperately reaching out to Brandon as the only family member she has to turn to, strewing her stuff all over his apartment, which she gatecrashes having nowhere else to go, sleeping with his married boss in her brother’s own bed, and singing horrendously. Actually, I think the film meant to portray Sissy’s super-slow lounge bar version of New York as powerful, vulnerable and oozing raw talent, but it just made me want to pull my own fingernails out.

So in Shame Brandon is sad, Sissy is desperate, and New York is filmed in the style of the cover of a first class airport lounge ‘gritty’ photography magazine. Stylish, but sterile. The whole production grinds along, as achingly dull and numbing as Brandon’s non-life. I was deeply grateful when the whole thing  finally ground to a halt, and was more than pleasantly surprised when the aftermath of the film resulted in a lot more interesting conversation and debate than the original filmwatching experience itself.

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Guest Critique n°11: Jonah Hex

In a nutshell: 2011 beware! It’s going to hurt, Mlle L. is on the warpath. Legitimately bothered that her most hated movie of 2010 didn’t get the critique (read pounding) it deserved, she took the matter into her own hands as you’ll see.

Vous aimez les westerns, vous n’êtes pas hostiles à la bande dessinée, vous seriez même relativement fan de John Malkovich et de Josh Brolin, et vous gardez un excellent souvenir de Michael Fassbender dans Inglorious Basterds. N’allez pas voir Jonah Hex (sortie directe en DVD en février 2010 – Note de M. D.), même sous la menace armée de mafieux sanguinaires : choisissez plutôt la torture et la mort, ce ne sera pas pire que de passer une heure et demie à regarder cet accablant long métrage.

Calmons nous (ce qui n’est pas chose facile après avoir vu ce film) et reprenons. La base du scénario ressemble à celle de tout western de bonne facture, depuis L’Homme des Hautes Plaines jusqu’à Kill Bill : il y a Jonah Hex (Josh Brolin donc, très bien comme à son habitude), c’est un brave fermier qu’est marié à une Indienne jolie, youpi youpi, mais il y a des méchants, ah lala, menés par Malkovich (admirable lui aussi), qui tuent la pauv’ femme et mettent le feu à la maison de Jonah Hex, avec Jonah Hex dedans, c’est vraiment méchant, mais que voulez-vous, c’est l’Ouest sauvage, on ne va pas faire les étonnés. Jusqu’ici tout est normal.

Bon, il y a Jonah Hex qui réchappe miraculeusement de l’incendie (ben oui, c’est le héros, c’est un western, tout ça reste logique) mais il restera affreusement défiguré (Josh Brolin ravi d’arborer une jolie brûlure en gélatine, les effets spéciaux c’est rigolo), ce qui ne l’empêche pas de traquer le vilain meurtrier de son épouse, pan le Malkovich, je t’ai vu le premier, t’es mort. Tout ceci se tient toujours.

Dans ce film acnéique, Jonah Hex a des boutons!

Maiiiiiiis, retournement de situation! Et c’est à partir de ce point que la catastrophe se fait jour et ne cessera de s’aggraver, car nous n’en sommes qu’à la cinquième minute du film à peine et déjà le réalisateur Jimmy Hayward, dans son hyper-activité de chihuahua cocaïnomane, a besoin d’un nouveau retournement de situation. Jonah Hex apprend que Malkovich est toujours vivant! Pourquoi pas. Qu’il complote contre les Etats Unis d’Amérique! Si on veut. A grande échelle, le complot! Allez, d’accord, après tout c’est Malkovich. Qu’il met au point des armes bactériologiques de destruction massive et qu’il essaie de rayer de la carte tout le sous continent Sud Américain ainsi que Washington, New York et Paris! Je ne plaisante pas. C’est accablant. Blofeld dans les James Bond fait vraiment figure de tarlouze totale quand on voit ce que le personnage de Malkovich est capable d’entreprendre en ces temps reculés et avec une technologie tout à fait sommaire. Il ne manque qu’une attaque d’extra terrestres et/ou de dinosaures (ce qui ne s’est pas fait sans doute faute de budget, mais on sent que le réalisateur en souffre).

Je ne rappellerai jamais assez que les deux premières lignes du synopsis de cet indigent ratage permettaient à Don Siegel ou Sergio Leone, mais aussi aux frères Coen ou à Tarantino, de produire des films haletants de plus de deux heures et demie. Hayward a du mal à tirer une heure vingt de ce gros caca de scénario hystérique du rebondissement. Voilà un jeune cinéaste de talent, moi je dis.

Ajoutons à cela l’insupportable et malheureusement récurrente présence d’une Megan Fox qui ne sert à rien (l’euphémisme de la décennie…) et transpire la fatuité par tous les pores (que je souhaite dilatés) de sa tête de cochon; elle joue mal, elle se prend pour Michelle Rodriguez dans Machete sans en avoir ni le talent, ni les tripes, ni le sex appeal, et vous lui souhaitez la malmort après ses cinq premières secondes de présence à l’écran tant cette gourde vous soûle de son accablante vacuité.

Michael Fassbender quant à lui n’a pas été choisi pour ses (indéniables) qualités d’acteur, mais manifestement parce que le réalisateur avait remarqué lors du visionnage d’Inglorious Basterds que Fassbender est doté de canines pointues : les pauvre garçon s’est donc retrouvé forcé de les montrer à tout va, en toute occasion, et tout le long du film, ce qui, croyez le ou non, finit par lasser.

Une critique au lance-flamme

Techniquement, c’est absolument lamentable aussi : les décors, fort bons, sont filmés d’une façon qui ne peut être expliquée que par la brutale cécité du directeur de la photographie Mitchell Amundsen. Les plans les plus basiques donnent lieu à un ratage tellement époustouflant que l’on en vient à se dire qu’il s’agissait en fait d’un pari au sein de l’équipe technique : l’image la plus totalement nulle verra son auteur récompensé d’une Mercédès dernier modèle, que sais-je… Un exemple? Une arène, toute couverte de sable rouge, d’une couleur magnifique; au centre, un cercueil en bois de pin, presque blanc; sur le couvercle duquel trône un menaçant corbeau tout noir, étirant ses ailes d’ébène sur fond de ciel bleu électrique. Voici qui devrait décoiffer à cent à l’heure et graver à jamais dans vos rétines une image aussi impressionnante qu’indélébile.

Ben non, c’est nul, on voit rien, tout ce qu’on retient c’est qu’Hayward n’a jamais vu un seul Sergio Leone sans quoi il serait capable de filmer une arène correctement, au moins ça aurait l’air d’une arène, pas d’un bac à sable mal foutu vaguement octogonal, et il saurait par la même occasion que le grand angle c’est drôlement bien pour ce genre de plans, alors que c’est nettement moins recommandé pour obtenir un close-up expressif du visage d’un acteur. Bon, eh ben ça, Hayward ignorait, ou alors les objectifs et les lentilles avaient été rudement mal étiquetés, et ils ont tout confondu. Toute la maîtrise technique du réalisateur de Jonah Hex pourrait être résumée de la façon suivante : un film écrit et réalisé par le petit cousin en état de mort cérébrale à qui a été confié le camescope de papy.

Je ne vais pas me fatiguer à vous décrire en des termes rageurs le sens du rythme tout à fait personnel des quatre monteurs (quatre!!!! pour obtenir ça!!!!), vous avez compris l’idée. Ce n’est même pas du MTV, insulte pourtant souvent considérée comme ultime lorsqu’il s’agit de parler d’un film. C’est en dessous du niveau abyssal. J’ai haï Jonah Hex. Si je croise les sous-débiles responsables de cet immonde film, je leur fais manger leurs boyaux. Crus.

A part ça je viens de revoir The Quick and the Dead de Robert Day avec Sam Elliott et c’était un bonheur. Et soyez gentils, ne me reparlez plus jamais de Jonah Hex. Merci.

En résumé: Et c’est Mlle L. qui ouvre le bal de 2011 par une critique pas piquée des hannetons. Légitimement froissée que son film honni de 2010 n’ait pas la critique qu’il mérite, elle a affûté sa plume, l’a trempée dans du venin … et voici le résultat:

You like westerns, you don’t dislike comic books, you could even say that you have some kind of a crush on John Malkovich and Josh Brolin, and you have excellent memories of Michael Fassbender in Inglorious Basterds. Well, don’t go and see Jonah Hex, even if a bunch of bloodthirsty mobsters try and make you: chose torture and death instead. It’s gonna be way better than attending that gargantuan piece of crap of a motion picture.

OK, let’s cool down (not an easy thing to do when you’ve just seen Jonah Hex) and summarise. The screenplay begins just like every other good ol’ western screenplay, from High Plains Drifter to Kill Bill. So you’ve got Jonah Hex (Josh Brolin, still brilliant), he’s the good guy. He’s married to a lovely Injun, yipee, but then you’ve got the bad guys – bummer – with their leader Malkovich (really good too). And those bad guys, well, they kill that poor Injun woman and set Jonah Hex’s house on fire, with Jonah Hex still inside. So that’s really mean – well, what can you do, I mean it’s the Wild West – so not properly surprising. So far so good.

OK, so Jonah Hex miraculously survives the arson (alright, it’s a western, guys, and he’s the hero, it’s just plain logical here) but boy is he going to be disfigured (Josh Brolin’s obviously quite thrilled to wear a lovely gelatin appliance throughout, special effects are a lot of fun). But that won’t stop him, he’s gonna track down his wife’s murderer, bang bang John Malkovich, I pulled the trigger first, you’re dead. Still rolling.

Now – alas!!!! – for a plot twist. From here on in disaster strikes and never stops. We’re barely at the 5th minute of the movie and director Jimmy Hayward, cool and even-tempered as a chihuahua on cocaine, already has to have a plot twist. So here we go. Jonah Hex discovering that Malkovich is still alive! Why not. Malkovich instigating a terrorist conspiracy against the US of A! Alright. A big time terrorist conspiracy! Oh OK, it’s Malkovich, why wouldn’t he. John Malkovich producing mass destruction biochemical weapons and wanting to destroy the whole of South America and Washington, and New York and Paris too! No kidding. The most moronic thing ever. Blofeld from the James Bond movies is a total wimp next to what Malkovitch’s character can do in 1890 with such limited technology. They didn’t add an attack of UFOs and/or dinos, but you can tell it was only because of budgetary issues and that the director is still mourning over that lame lack of events in his film.

Should I stress that the first two lines of the plot summary of this insanely irritating failure of a movie provide enough material for Don Siegel, Sergio Leone, the Coen brothers or Tarantino to get deadly exciting feature films of over two and a half hours? Well, Hayward had a hard time getting 110 minutes out of his whole  disastrously “plot-twist addicted” script. Now that young man’s got some talent, I can tell you.

Mlle L. skinning the Fox?

Of course we have to mention the unbearable and unfortunately recurrent presence of Megan Fox, perfectly useless, totally obnoxious. She sweats arrogance out of every single pore of her greasy skin, she’s terrible, she thinks she’s terrific, something like Michelle Rodriguez in Machete, kind of, but she doesn’t have Michelle’s talent, guts or sex appeal, and you just wish she would die by the end of every scene she’s on screen.

Michael Fassbender clearly hasn’t been called in for his acting talent (a shame, cause he’s damn good), but for his pointy canines (well, don’t pretend you’re surprised, I told you the movie was good…) and so he has to show these teeth constantly, every time, all the time. Guess what, it gets old pretty fast.

Technically speaking, it’s as big a failure as on every other level. The sets, pretty decent when you think about it, are shot in a way only sudden and total blindness on the part of the director of photography, Mitchell Amundsen, could explain. Every single shot is such a complete piece of trash that you end up convinced that there was some kind of a contest among the crew: who’s gonna manage to get the shittiest possible angle? The winner gets a brand new Mercedes. They must have had to give away a lot of good cars during the production of this movie. For instance? Take an arena, red sand, impressive; there’s a pine coffin right in the middle, almost white; a fat black crow on top of that coffin, stretching his dusty wings in front of an electric blue sky. Wow! That should be gorgeous, macabre and grand, the stuff that burns a glorious picture in your memory forever.

Yeah, well, nope. It doesn’t. The only thing it burns in your memory is that Hayward hasn’t ever seen a Sergio Leone movie, otherwise he’d know how to film an arena and not make it look like some silly 3rd grade diorama. He’d also have known that a wide angle’s kind of handy for such sequences, while it doesn’t work as well when you try to get an expressive close-up of an actor’s face. Well, Hayward didn’t know. Douchebag.

I’m not going to bother talking about the editing job that took four guys to do (four people to get that!!!), because you’ve already got a pretty good idea of how impressive the rythmn is. It’s not even MTV quality, no matter how insulting the comparison of a feature film with MTV videos usually is. It’s terrible, just terrible. Plumbing unimaginable depths.

I hated Jonah Hex. If I ever get to meet the unholy morons who made that gigantic piece of trash, I’ll make them eat their own guts. Now, that being said, I’ve just re-watched Robert Day’s The Quick and the Dead, with Sam Elliott, and that was delightful. So pretty please, never ask me about Jonah Hex again. Thanks.


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