En résumé : Mr. J.A. a rejoint M. D. pour une séance de cinéma testostéroné, où (presque) tous les coups sont permis, en suivant les règles du film d’action hollywoodien et celles des Arts Martiaux Mixtes, ici plus martiaux et mixtes qu’artistiques. Ont-ils eu raison ?
I guess the name “Fighter” was already taken. On reflection, much of the plot was already taken too. Like David Russell’s 2010 action/drama starring Mark Wahlberg and Christian Bale, “Warrior” is about an underdog fighter, competing brothers, conflicted relationships, substance abuse, and broken families. Instead of being boxers however, the two brothers played by Joel Edgerton (Brendan) and Tom Hardy (Tommy) practice MMA (mixed martial arts), a combination of striking/kicking and grappling/wrestling that has emerged and evolved with the growing popularity of blood sport tournaments such as UFC.
I went into this film knowing that it was about a high school physics teacher who was also an MMA fighter. Having followed the UFC for a few years, I’d expected this to be a story based on Rich Franklin, a current UFC fighter and former middleweight champion who also happens to be a former high school math teacher. But . . . no.
The Plot: The story begins with younger brother Tommy returning to Pittsburgh after going AWOL from the U.S. Marines. He looks up his recovering alcoholic father (and implied abuser), played by Nick Nolte, from whom Tommy had fled with his mother several years earlier. Tommy wants his father to train him to win the prize purse for an upcoming MMA single-elimination tournament, “Sparta”, so that he can donate the money to the widow of a squad mate killed in action.
Meanwhile, older brother Brendan is married with children. He’s a teacher and his wife waits tables, but they’re behind on their mortgage so he enters a local prizefight and wins some extra cash. On Monday morning though, he discovers that video of the fight has gone viral and he’s suspended by the school board superintendent. With no job and facing the loss of his home, he opts to enter Sparta too.
So you can guess what happens next: each brother defeats his opponent until the two must face each other for the final bout and it’s winner takes all. It’s a battle of wills and each brother has got good reasons to want to win.
The Good: Both Tom Hardy and Nick Nolte give convincing performances. It’s probably not difficult for Nick Nolte to pretend to be an alcoholic, and Tom Hardy looked like he’d been on the Juice. I was very impressed with the way Brendan’s first fight was portrayed. It was pulse-pounding anticipation as the teacher squared off against “Mad Dog”. And the fighting itself actually looked like realistic MMA.
The Bad: Although Joel Edgerton also gave a good performance, he’s much more convincing as the teacher than the fighter. He just wasn’t a convincingly big enough man to have beaten some of his opponents. And in contrast to the earlier half of the film, his fights in the Sparta tournament began to feel like Rocky, i.e., he gets beaten to a pulp for a while, but then miraculously by sheer force of will manages to overcome an opponent. Rocky did it once per movie. Brendan does it about seven times.
The Ugly: The climax of the film completely broke the spell for me. I’m no expert, but I suspect the words, “I’m so sorry,” and “I love you so much,” have never been utter by one MMA fighter to another while the one is in the process of ripping the other’s arm off.
Bottom Line: Warrior is a decent way to spend two and a half hours. But hold on to the excitement at the beginning, because unfortunately, it doesn’t last.
In a nutshell: Two brothers separated by life fight their way through to get reunited on a ring. Will brotherly love prevail ? More hits than misses, it’s actually better than what it looks like.
Comme me l’a fait remarquer Miss J., rétive, on pourrait initialement penser que Warrior à comme cible principale un public masculin. De prime abord on le conçoit, deux frères Brendan (Edgerton) et Tommy (Hardy) se retrouvent à combattre l’un contre l’autre dans un tournoi brutal où seul le vainqueur emporte la prime. L’affiche le laisse supposer et la bande-annonce le montre, ces hommes vont suer, pleurer, saigner et se dépasser avant de s’affronter. De Van Damme à Stallone, de Lee à Li (Jet), on connait ce genre de structure affinée à coups de tatanes et on sait quel combat achèvera le film, on peut même sans trop de crainte présumer de son issue.
Mais si Warrior suit avec fidélité les routes balisées du film d’action à la Rocky, son réalisateur Gavin O’Connor comprend que l’attrait du genre tient bien sûr au spectaculaire de combats mais surtout au lien que le spectateur tissera avec les personnages principaux. Il construit ainsi intelligemment toute une première partie de son film autour des liens familiaux en piètre état de ces lutteurs et quand vient le moment des montées sur le ring, on s’identifie ou du moins on se soucie du destin des héros. C’est en conséquence bien plus le parcours émotionnel des deux frères et dans une moindre mesure de leur père (Nick Nolte toujours persuasif en alcoolique repenti) que nous suivons, le physique en devient presque anodin. Ce qui est démontré amplement par le film puisque le “mauvais” frère, le colérique marine Tommy se débarrasse de ses adversaires en un coup de poing, tandis que le “bon” frère, le père de famille et enseignant Brendan subit mille douleurs avant de miraculeusement trouver les ressources nécessaires à sa victoire … à chaque fois.
On peut évidemment regretter un certain académisme, quelques lourdeurs attendues et s’étonner d’une ou deux absurdités scénaristiques, en particulier la présence dans le tournoi et les victoires successives du professeur de physique qu’est Brendan, qui presque du jour au lendemain arrive à vaincre des adversaires plus jeunes et plus, beaucoup plus, forts que lui. Mais peu importe, seule compte la suite d’action qui permettra à cette famille déchirée d’affronter ses démons. Servi par une distribution puissante, dynamique, finalement assez inspirée, le film convainc.
On remarque incidemment un portrait en creux de l’Amérique assez peu reluisant malgré le patriotisme de chacun : les soldats sont abandonnés, bombardés par leur propre aviation, les familles de ceux tombés au combat sont ignorées et laissées dans l’embarras, les protections sociales sont insuffisantes, ruineuses pour les classes moyennes, et les enseignants en sont réduits à multiplier les emplois pour éviter l’expropriation. Les héros sont fatigués et ne se battent plus, comme dans les années 1980 pour la gloire, un idéal ou même avec confiance, ils ne se battent que par absolue nécessité. La désillusion grandit face aux mots, fussent-ils ceux de Melville dans Moby Dick, un autre grand combat tragique, que le père écoute en boucle, les corps s’imposent, les gestes marquent plus que les serments.
Ni Tommy, ni Brendan ne se définissent comme adversaires, ils se battent parce qu’ils n’ont pas d’autres choix, parce qu’ils sont acculés. Quand le rêve d’un avenir meilleur passe par un tournoi de lutte où seul le vainqueur est rémunéré, on espère le retour des narrateurs aussi puissants que Melville, London, Hemingway, voire Mailer mais on regrette la dureté qui s’abat sur un peuple désabusé.



