En résumé :Miss J. me fait des infidélités et se presse au cinéma tandis que je sue au travail … veinarde! Quoique, à réflexion, voyant ce qu’elle a dû ici s’imposer, je me félicite des mes autres activités.
I recently had the opportunity to dash off after work for an impromptu cinema session, but didn’t want to pick anything that would have also made good viewing for Monsieur D. Maman ended up fitting the bill almost perfectly. Unfortunately, I would have been better off giving it a miss, too.
The concept is quite amusing and even a little Journée de laJupe: two well-heeled sisters, Sandrine (Mathilde Seigner) and Alice (Marina Foïs) become so frustrated by their startlingly unmaternal mother (Josiane Balasko) that they drug her and take her hostage to a big house on the Normandy coast. They chain her up and berate her at length. She proves utterly remorseless and mawkish, so the nicer of the two sisters completely cracks and heads for the gun cabinet.
Mother-daughter heart to heart with a difference.
Doesn’t that sound like an excellent idea for a black comedy? Well I thought so, but unfortunately it all goes horribly wrong in practice. Fifty thousand barrels of melodrama have been glooped all over the production. It’s self-indulgent, woodenly overwrought, and above all, far too long. What could have made a snappy short with a twist dawdles horribly; a cavernous, dusty, tiresome piece of hand wringing.
“Maman, I’m bored..” “Tell me about it, sweetheart…”
It is unusual and arguably laudable for a film to examine so closely a grotesque form of ‘anti-mother’, whom Josiane Balasko does manage to render extremely unappealing. Unfortunately, she’s regularly upstaged by her daughters in that department, and I’m not sure that was intentional. Despite the energy and conviction of the cast, all in all it’s a missed opportunity lacking in subtlety, and devoid of truly convincing characterisation.
In a nutshell: 2011 rock on ! Happy New Year to you dear reader !! Reflecting fondly back on both the cinematic wonders and damp squibs of 2010, here’s our top 10 hits of the year, along with the top 3 films we wished we’d found the time to see, and the 3 we really rather wish we hadn’t. What’s reaally cool, our guest critics joined in and gave us their top 5. Enjoy and let the controversy begin!
Une année de cinéma s’achève et dans la grande tradition des listes britanniques nous revenons sur les films que nous avons aimés, ceux qui nous ont déçus et ceux que nous aurions vraiment voulu voir et que nous tenterons de retrouver en DVD ou en projection dans les années qui suivront. Le grand changement pour franglaisreview est que nous ne sommes plus seuls. Dans l’espace électronique on vous entend crier, et nos admirables “guest” critiques sont revenus partager eux aussi leurs goûts et leurs dégoûts. Bonne et heureuse année à toutes et tous !
1. Inception – Christopher Nolan
2. Kick Ass - Matthew Vaughn
3. Iron Man 2 – Jon Favreau
4. A-Team - Joe Carnahan
5. Green Zone – Paul Greengrass
His biggest disappointment has been made obvious in his review: Clash of the Titans by Louis Leterrier.
Missed: lots, but he would most like to see Repo Men by Miguel Sapochnik.
Dans un style bien différent, Mlle CTP a aimé :
1. La Bocca del Lupo – Pietro Marcello
2. Des hommes et des dieux – Xavier Beauvois
3. Oncle Boonmee – Apichatpong Weerasethakul
4. Copie Conforme – Abbas Kiarostami
5. Les amours imaginaires – Xavier Dolan
Sa plus grande déception cinématographique (s’en étonne-t-on?) fut Sex and the City 2 de Michael Patrick King.
Elle brûle d’impatience de découvrir Rubber de Quentin Dupieux.
Elle a détesté Les Petits mouchoirs de Guillaume Canet.
Et elle n’a pu voir une multitude de films. Frustrée de ce plaisir, elle nous propose un festival de titres alléchants : Les Mystères de Lisbonne de Raul Ruiz, Vénus noire d’Abdellatif Kéchiche, Poetry de Lee Chang-Dong, Oncle Boonmee de Apichatpong Weerasethakul, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen, The Social Network de David Fincher, Belle épine de Rebecca Zlotowski, Inside jobde Charles Ferguson, La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier et La vie au ranch de Sophie Letourneur.
Mlle L. nous envoie ses choix décoiffants et brièvement justifiés de sa lointaine Pennsylvanie. Elle a élu pour 2010 :
1. Machete – Robert Rodriguez & Ethan Maniquis, “parce que c’est décomplexé et formidable”
2. Fantastic Mr Fox – Wes Anderson, “tout y était bien de l’adaptation à l’animation”
3. R.E.D. – Robert Schwentke, ”qui m’a vraiment fait rire”
4. Kick Ass – Matthew Vaughn, “surprenamment élaboré vu le sujet”
5. How to train your dragon – Chris Sanders & Dean Deblois, ”charmant et bien fait”/ The Human Centipede – Tom Six, “ce film m’a sciée, mais vu qu’il ne s’agit que d’une sortie USA et encore, en vidéo, je me suis dit que ça ne comptait pas”
Elle nous fait part de deux déceptions pour le prix d’une :
1. Jonah Hexde Jimmy Hayward, ”un innommable foutage de gueule”
2. The Wolfman de Joe Johnston, ”qui m’a endormie 3 fois avec une efficacité remarquable et avant la fin de la première demi heure y compris lorsque j’étais cliente captive et que j’essayais de lui donner une dernière chance dans l’avion, c’est dire si c’était bien…”
Et elle regrette bien de n’avoir pu se réjouir aux excitantes aventures des apprentis terroristes britanniques dans Four Lions de Chris Morris.
Miss, what am I saying, Dr. K. et M. Charles déplorent de n’avoir pas eu la disponibilité de voir suffisamment de films pour offrir un Top 5 dont ils soient satisfaits.
M. Charles propose néanmoins deux films qui lui plurent :
1. Agora- Alejandro Amenabar
2. Mon nom est Khan – Karan Johar
Il fut modérément déçu par Invictus de Clint Eastwood, dont il attendait plus comme le décrit sa critique, même si, souligne-t-il, ce n’est en rien “un bide”.
Ses désirs de cinéma sont multiples mais les deux premiers films sur sa liste sont le décalé Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine et le percutant Inside Job de Charles Ferguson.
And then comes Miss J. Yay
It was hard to pick a top ten this year, whilst the first five were easy to find, there were many more than the remainder of the list that were great to watch. The three turkeys, though, come wholeheartedly unrecommended. Happy new year!
1. Des hommes et des dieux- Xavier Beauvois. The most moving film of the year.
2. The Ghost Writer - Roman Polanski. Blown away.
3.Treacle Jr. – Jamie Thraves. Fantastic film that will hopefully get a release in 2011.
4. Inside Job- Charles Ferguson. Everyone should see this film.
5. Exit Through The Giftshop – Banksy. Funny, smart, intriguing. And Bristolian, yay!
6. Quartier Lointain- Sam Garbarski. A quiet grower, it’s stayed with me since I watched it.
7. Mother - Bong Joon-ho. Warped wonderfulness.
8.El Secreto de sus ojos – Juan Jose Campanella. Cinema with a capital C.
9. Whip It- Drew Barrymore. Sparky, funny, good for the soul.
10. A Serious Man- Joel and Ethan Coen. Black absurdism does its thing.
Also loved: Bright Star- Jane Campion. Moving and beautiful. / 4 Lions- Chris Morris. Eye-popping satire.
Tamara Drewe – Stephen Frears. I wanted to see this loads of the time but I had my head stuck in a thesis. Stephen Frears rarely disappoints. A single man – Tom Ford. It looked like a moving and interesting storyline, I also didn’t have the time to go and see it but some of the critics of it have been a bit muted. Still, I’d watch it given the chance. A cinq heures de Paris – Léon Prudovsky. Monsieur D. confirms I would have loved this one. Raises fist to sky to the gods of the thesis.
M. D. clôt l’exercice et son Top 10 est le suivant:
1. The Ghost Writer – Roman Polanski. Un beau film d’auteur et un impressionnant et subtil thriller !
2. Des hommes et des dieux – Xavier Beauvois. Le chef d’oeuvre émouvant, inspiré et nuancé de Xavier Beauvois.
3. Mother - Bong Joon-ho. Une actrice formidable, un film puissant.
4. Inside Job – Charles Ferguson. Le documentaire sur la haute finance que tout le monde devrait voir et que les journalistes devraient prendre en exemple.
5. A serious man – Joel & Ethan Coen. « Reçois avec simplicité tout ce qui t’arrive », le premier film adulte des Coen.
6. Exit through the gift shop – Banksy. Réflexions loufoques et rythmées sur l’art et la célébrité. Vive Banksy!
7. Fantastic Mr. Fox – Wes Anderson. Remarquable et fine animation tirée du génial Roald Dahl, chez Anderson, tout est bon.
8. The Other Guys - Adam McKay. Le film le plus drôle de l’année? Pour moi, oui.
9. El Secreto de sus Ojos – Juan Jose Campanella. Le secret d’un film réussi : un bon scénario, de grands acteurs, une belle photographie.
10. Le Nom des Gens – Michel Leclerc. Un film militant, amusant et français (?)/Four Lions - Chris Morris. Un film militant, amusant et anglais (!)
Les trois films qui m’ont le plus déçu :
1. Bébé mode d’emploide Greg Berlanti, si mauvais qu’on devrait interdire de plateau pendant 10 ans tous ceux qui ont participé au projet.
2. Greenberg de Noah Baumbach, parce que si le cinéma se met à copier le style des films français les plus bavards, poseurs et vains, il n’y a plus qu’à sangloter.
3. L’illusioniste de Sylvain Chomet, parce que même si j’ai vu bien pire cette année, j’ai été déçu par autant de talent pour si peu : tant de lourdeur, de laideur et de nostalgie.
Les trois films (pour commencer) que je ne pus voir mais, promis, dès que j’ai une occasion, je la saisis :
1. Les Mystères de Lisbonne – Raul Ruiz, parce qu’un film romanesque de 4 heures, je veux le voir … dès que je trouve 4 heures.
2. Poetry - Lee Chang-Dong parce que cela a l’air profond, terrible et beau, parce que j’aime le cinéma coréen
3. La Bocca del Lupo - Pietro Marcello parce que si c’est le film préféré de Mlle CTP pour 2010 …
In a nutshell : In this dark and humorous thriller, actress Kim Hye-ja puts “mother” into “smother” as her smouldering character tries anything she can think of to save her simpleton of a son of being convicted for murder.
Enfin ! Enfin, après avoir échoué deux fois aux portes du cinéma, nous pûmes découvrir la dernière réalisation de Bong Joon-ho : Mother. La critique est excellente mais nous nous demandions ce qu’il en serait puisque deux de nos amis l’ont vu et ont eu des avis spectaculairement opposés. Sans trop vouloir m’avancer sur la critique de Miss J., je crois que cela nous a beaucoup plu à tous deux.
En effet, Bong Joon-ho fait dans le décalé. Chacun de ses films n’est jamais ce qu’il paraît être et il mélange les genres avec une maîtrise toute shakespearienne. Son dernier film, Mother est principalement un thriller mélodramatique, mais l’enquête haletante est traversée de moments incongrus, burlesques, tragiques et humoristiques donnant une impression de réalité bien plus touffue et riche que la majorité des films n’ayant qu’une atmosphère, une émotion, ou une note.
Le film débute sur une scène marquante, dans un beau et silencieux champ de blé une femme âgée (Kim Hye-ja), élégante, quelque peu échevelée, danse seule, étrangement. Pourquoi est-elle clairement poussée à bout ? On apprend vite qu’elle s’occupe seule et très possessivement de son fils unique, Do-joon, 28 ans, garçon gentil mais légèrement demeuré et dont la naïveté l’entraîne parfois sur la pente savonneuse de la bêtise. Une jeune fille est retrouvée morte et une balle de golf signée par Do-joon est à ses côtés. La police l’arrête. Sa mère pour le sortir de prison se montrera alors prête à tout pour prouver l’innocence de son enfant. Le spectateur est emporté dans cette enquête maternelle imprévisible.
Bong Joon-ho joue avec art et son public et propose simultanément un portrait intense et intime de la figure maternelle et une description ironique et transversale de la société coréenne. Son message sur la maternité est déroutant et subversif car la relation organique qui lie la mère à son grand fils frise le malsain et dérange, tandis que la folie du personnage augmente. Le résultat doit être plus horrifiant encore pour le spectateur coréen car Bong a choisi Kim Hye-ja comme actrice principale, une icône du pays du Matin Calme depuis plus de quarante ans, une sorte de Catherine Deneuve locale, connue pour ses interprétations de la mère digne et patriote, qui aime totalement et se sacrifie pour le bien-être de ses enfants. L’acharnement, le déséquilibre et la violence de cette mère incarnée à la perfection par cette impressionnante comédienne doit en conséquence remuer et surprendre les connaisseurs et amateurs du cinéma coréen.
Si la mise en scène et le découpage sont un peu lent, Bong multiplie les plans beaux et intrigants et jongle en virtuose avec des éléments contradictoires. Les changements de rythme, les ruptures de tons, les mélanges entre noblesse et corruption, trivialité et profondeur, superficialité et réflexion accentuent l’impression de réalisme. Il est plutôt rare de rencontrer des gens dont le caractère et les actes ne seraient que d’une seule pièce et jamais paradoxaux. Les doutes du réalisateur n’en deviennent que plus pertinents quand il souligne les dysfonctionnements et l’inertie des institutions, les carences de la société, et la difficulté à admettre que tant de catastrophes sont uniquement construites sur l’amour et la volonté de bien faire.
En résumé : Dans la catégorie ‘mères intensément protectrices’, ce film de suspense fonce sans hésitation dans la direction ‘complètement effroyable’, mais le résultat est surprenant et délicieux.
Bong Joon-ho’s Mother was a bit of a surprise. I was expecting a sombre, straightforward if psychologically zingy thriller, and what I got was almost burlesque black humour, surreal moments… and elements of a more sombre straightforward thriller to keep me on my toes. It starts as it means to go on with its heroine, Kim Hye-ja, pirouetting across a field, half dancing, half sobbing, half laughing (and defying the laws of mathematics too). As Monsieur D.’s pointed out, Kim Hye-ja is something of a Corean Catherine Deneuve, so her dishevelled, loopy demena makes for quite a stark contrast to her usual bourgeois chic factor. What we then get from the film, post-field prancing, is quite the flashback. Kim Hye-ja’s character has a (casts around for politically correct term and probably fails) mentally underdeveloped son, Do-joon. His mum savagely protects him and is prepared to do ANYthing to make sure her boy’s OK. She’s a few centimetres beyond the border of ‘downright scary’ in her devotion, but there’s nonetheless a twitchy-eyed dignity, or at the very least heartrending consistency, to her passion to protect him. Things take a very bad turn however when her son ends up not only accused, but also confessing under intense police pressure to the murder of a young schoolgirl.
She encounters countless and sometimes almost madcap obstacles in her mission to rescue him, notably in the form of a lawyer who ultimately gets everything he wants but in seriously leftfield way. She balks at no expense and is undetered by her son’s utter inability to recall anything about the evening in question, as well as the pity of the policemen she’s been used to regularly bribing with alcohol and tax-free acupuncture sessions to keep her son out of trouble. While her son seems almost contented to be in jail, she puts her life in danger, gets threatened, discovers disturbing secrets about the neighbourhood and gets showered on by unwelcome home truths trying to secure his release. What makes the film truly memorably though is the way absurd humour bubbles up from beneath the plot’s basic structure, shrouding the whole affair in irony and dragging the viewer away from any potential feeling of pathos back into a more sceptical mode of watching, only for the film to then playfully tickle the viewer under the chin with its rapid shifts in register. Unfortunately the film’s let down a little by its slack pace in places. While to have taken a much livelier rhythm would probably have been doing it a disservice, the plot itself could have done with a little tightening up in places. Nonetheless it’s a great watch, better than even expected and full of surprises.
La note de Miss J:
8/10: as bitter-sweet and multi-textured as a Pierre Hermé chocolate and passionfruit macaroon