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The Help – La couleur des sentiments

In a nutshell: “Help, I need somebody, Help, not just anybody, Help, you know I need someone, heeeeelp” could be sung by the African-American women serving the white bourgeoisie of Jackson, Mississippi, in the early 1960s, a young idealist of a reporter, Skeeter (Emma Stone) might just do that. A decent melodrama.

Pourquoi aller voir La Couleur des Sentiments? Pourquoi cette traduction de The Help? Pour répondre à la seconde question, parce que L’Aide est laide et Les Bonnes avaient été prises par Genet, et pour la première la réponse est plus longue. Il y a déjà un an, j’avais la chance de participer à un jury littéraire d’un prix (encore) discret, le Grand Prix du Web, qui récompense les romans les plus appréciés par les blogueurs et usagers de la Toile francophone et, je vous le donne en mille, à qui avons-nous attribué notre prix du meilleur livre étranger … à La Couleur des Sentiments, anticipant son incroyable succès en librairie et son adaptation obligatoire par Hollywood. Si la défaite est orpheline, le succès a mille pères, je suis en conséquence heureux d’en être un. Il m’était indispensable de voir ce qui en avait été fait.

La Couleur des Sentiments retrace les efforts de la jeune Skeeter (Emma Stone) à vouloir raconter pour la première fois, au début des années 1960, la vie des bonnes noires de Jackson, sa ville natale, la plus raciste des Etats-Unis, dans un ouvrage qui, espère-t-elle, lui ouvrira les portes des plus grands magazines de la côte est. Elle se liera alors d’amitié avec deux bonnes, la douce Aibileen (Viola Davis) et l’insolente cuisinière Minnie (Octavia Spencer), ce qui la mettra en butte à la colère et au rejet de la bonne société blanche menée par son amie d’enfance, la désormais détestable Hilly (Bryce Dallas Howard). Alors que le mouvement des droits civiques prend de l’ampleur, les relations d’amour, de haine, d’incompréhension, d’ignorance et de partage entre blancs et noirs du sud des Etats-Unis nous sont narrés par ces femmes, faisant ressortir la complexité des rapports que les familles blanches ont avec leurs bonnes noires, à la fois centre de la famille, mères de substitution, et citoyennes de deuxième classe, exploitées et méprisées.

Scandale du solfège ! Une blanche vaudrait-elle deux noires?!

Comme souvent le livre a été simplifié et de nombreux détails et intrigues secondaires supprimés, subsistent le “scandale” de la tarte et le lien de confiance entre Aibileen, la nounou noire, Minny, sa meilleure amie, et Skeeter , la jeune journaliste libérale blanche. Le minimum a été préservé. On assiste pendant 2h26 (tout de même) a un mélodrame sans nuance sauvé par le talent de ses nombreuses actrices. Emma Stone dont la maturité des choix impressionne, Viola Davis et Octavia Spencer sont remarquables de justesse, Jessica Chastain (Celia), aperçue dans The Tree of Life, brille et séduit, Bryce Dallas Howard paraît née pour interpréter une insupportable mais ravissante mégère dont la perfidie et le racisme “de bonne foi” écoeureront jusqu’au plus cynique des spectateurs.

Cette générosité  fait souvent oublier une réalisation aux jolies photos, assez statique et insipide (mais ce n’est que le deuxième film du réalisateur Tate Taylor), et parfois le manque d’aspérité et de profondeur des personnages, devenus trop lisses. Ainsi les personnages plus fouillés du roman se séparent en noires débonnaires, blanches courageuses d’un côté et blanches vulgaires et/ou odieuses de l’autre. Le spectateur ne peut qu’éprouver une bienveillance certaine envers les héroïnes  et mépriser les actes rétrogrades d’une société aujourd’hui en décalage profond avec notre époque. Le roman déjà très normé devient un film très prévisible, empli de bons sentiments, proposant une forme de réconciliation à une Amérique tentant de tourner la page du racisme. Un peu lénifiant mais sympathique, le film logiquement devient un candidat sérieux pour les Oscars. Ne boudons pourtant pas notre plaisir, même si ici, il est facile.

En résumé : Une belle adaptation du roman La Couleur des Sentiments de Kathryn Stockett, qui perd pas mal de nuances par rapport au roman, mais qui convainc quand même grâce à la force des acteurs.

I had heard great things about Kathryn Stockett’s The Help from Monsieur D., who had helped to get it voted as best foreign book as a member of the jury for the 2010 Grand Prix du Web. I hadn’t had the chance to read the book, alas, but was very much looking forward to the film adaptation, which has Oscar nomination written all over it. It’s set in Jackson, Mississippi, at the time when the Civil Rights movement was just getting going, and when every well-to-do white bourgeois Southern household had its own ‘Help’; black women who all but raised their children and ran their households, but who weren”t even allowed to use the same bathroom as their employees, such was the extent of racist segregation.

The story centres on young journalism graduate Skeeter (Emma Stone), who returns to her home town of Jackson only to find that the maid who raised her is no longer there and that no one seems to want to tell her what happened to her. She’s more conscious than ever of the extent to which the maids are treated as second class citizens, not least by her obnoxious former childhood friend Hilly (Bryce Dallas Howard), who’s even at the head of a campaign to make separate bathrooms for black employees mandatory on hygiene grounds. So she decides to write a story from the point of view of the help.

"You is kind. You is smart. You is important".

It’s hard at the start, but Skeeter manages to enlist the assistance of Aibileen (Viola Davis, above), who had lost her son because the white people who had discovered him after a workplace accident had just dumped him outside of a hospital, and Minnie (Octavia Spencer), who expresses her disgust at her ill treatment by baking a pie to remember. It’s a very smooth, engaging adaptation that derives its strengths from the performances of its actors and the excellent quality of the novel it adapts. According to Monsieur D it loses some of its nuance by portraying many of the white characters as thoroughly detestable, whereas in the original novel the decent sides of many of them had shone through a bit more. In the film version there’s no room for doubt as to who to boo, hiss and want to throw bottles at. It is still a very good watch, however, and recounts important things that still leave you shocked as to how bad segregation was, and how strange it seems, from today’s standpoint, to see how ‘natural’ its travesties were viewed at the time.

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