In a nutshell: Moustache or beard mandatory to watch or participate in Christian Rouaud’s documentary. Miss J HAD to wear fake ones. At least that’s what she told me, showing as much determination as the 103 family of farmers, who, for ten long years, peacefully fought the French Army, who wanted to evict them from their land. Larzac resisted, Larzac suffered, but Larzac prevailed.
Comment résister à une si belle affiche? C’est tout simple, on ne peut pas, et c’est ainsi que Miss J. et moi nous sommes retrouvés devant l’intéressant documentaire de Christian Rouaud : Tous au Larzac. Le film reprend l’histoire de la lutte des paysans du Larzac contre l’armée française, qui par la voix de son ministre, à l’époque Michel Debré (nous sommes en 1971), annonce l’expropriation des agriculteurs autour du camp du Larzac, afin que celui-ci puisse s’agrandir. Grandes manœuvres obligent. Prêtant serment, 103 familles paysannes jureront que jamais elles ne céderont. Après 10 ans de lutte pacifique acharnée, elles finiront par l’emporter, drainant derrière elles des énergies et des imaginations venues de toute la France. Peut-être la seule lutte où paysans, ouvriers, anars, babas et hippies se retrouvèrent solidaires et vainqueurs.
En effet, les paysans le disent bien, ils étaient conservateurs par tradition et se moquaient ou s’inquiétaient des mouvements gauchistes de 1968 et furent pour le moins surpris de voir débarquer chez eux, en soutien, des dizaines de jeunes maoïstes et quelques hippies. Le combat commun aplanit bien des différences et une camaraderie de résistance naquit assez vite entre les militants des villes et ceux des champs. Christian Rouaud, le réalisateur, dans un remarquable travail de montage et de mise en scène, met en valeur la générosité, le courage, la simplicité et l’humour des protagonistes, trouvant un bel équilibre entre documents d’archive, magnifiques paysages et témoignages contemporains.
Manquent peut-être les témoignages de la partie adverse, ce que pensaient les soldats sur place, le préfet, le député local, les officiers au commande du camp militaire, ou les politiciens à Paris, mais peu importe après tout, la subjectivité est revendiquée et l’honnêteté intellectuelle est au rendez-vous. On suit avec intérêt la stratégie et l’intelligence avec laquelle les Tarlier, les Burguière, Bonnefous, Courtin, Maillé, Roqueirol ou … un jeune José Bové ont petit à petit mobilisé les médias et l’opinion publique. Des brebis sur le Champs de Mars, au “Woodstock français” de 1973, de l’expédition en tracteurs jusqu’à la marche à pieds sur Paris, des slogans amusants à la grève de la faim, M. Rouaud, avec malice et bienveillance, nous montre tout.
Instructif et attrayant, Tous au Larzac construit une histoire sans nostalgie qui lie les occupations des fermes d’hier au mouvement altermondialiste des indignés d’aujourd’hui démontrant les qualités indiscutables d’inventivité, de patience et de respect dont font preuve les courageux membres de ce mouvement qui inscrivit le Larzac dans la géographie de notre culture générale. Si l’illustration d’une certaine fraternité fait chaud au coeur, important est le moment où l’un des protagonistes rappelle que le choix du pacifisme ne fonctionne que parce que nous vivons dans une démocratie. Une démocratie, qui au delà de toute lecture partisane, mérite qu’on investisse en elle avec constance et qu’on la nourrisse avec humanisme, ce que ce film fait.
En résumé : Faites labours pas la guerre ! Ce documentaire de Christian Rouaud présente le déroulement du combat des paysans du Larzac pour garder leurs terres. Si vous êtes débutant en français, c’est fortement déconseillé, mais sinon, c’est le bonheur!
To the Anglophone readers of this blog, be warned that Christian Rouaud’s interesting documentary on the decade-long fight against military training ground expansion in the Larzac region of south west France calls for an ‘advanced +++’ level of French. The majority of the accents are as thick as they come, and I found myself replaying countless phrases in my head, twisting them this way and that to figure out what on earth had just been said. At which point everything had usually moved on a good three minutes, and there were sheep frolicking about in new exciting locations such as the Champs de Mars in Paris, and it was all a bit ‘eh’?
Except not entirely, because Larzac was a cause célèbre of one of the newspapers I studied for my thesis, so it was less ‘eh’ and more ‘ah, yes…’. Larzac = the French Woodstock, ‘baba cools’, experimental farming communes, peasant-maoist alliances and mass standoffs with the riot police. The farmers of Larzac swore that they wouldn’t sell their land to the army, fighting tooth and nail against losing their land, overcoming their own prejudices about the hairy layabout May 68-ers, accepting their arrival en masse to help out with the protests, marching to Paris, letting their sheep loose in all sorts of places and camping out on the Champs de Mars. And finally… victory! Mostly thanks to the fact that Mitterrand finally got into power and dropped the whole sorry idea of ousting farmers from their land in order to expand the Larzac military training ground.
It’s a very straight-laced documentary, carefully progressing chronologically through the whole epic standoff with tidily presented interview material interspersed with INA archive material. If your French isn’t up to it and there are no subtitles, you’re in for the boredom fest of the year. Even if there are some good sheep-storming scenes. Personally I was clinging grimly to the narrative for dear life (and I’ve been knocking about in Paris for the past – wow – six years plus now, and consider my comprehension skills to be pretty decent). I had to let go at times and sink back in exhaustion and just watch the brightly coloured fields and the ear-to-ear beaming of the participants as they recalled just how good it felt to stick it to the French army. I left with a smile on my face, and the feeling of having run a linguistic marathon.


