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The King’s Speech

In a nutshell: Colin Firth stutters perfectly until Geoffrey Rush, commoner, Australian, speech therapist extraordinaire shows him how to speak like a king. Heartwarming feelgood fantasy for all Brits and beyond

La réponse parfaite au cauchemar anglais de Harry Brown se matérialise dans le Discours d’un Roi de l’amateur d’Histoire qu’est Tom Hooper (The Damned United c’était lui), les valeurs et les mythes de la verte Albion trouvent leurs défenseurs dans les thèmes et les personnages de ce film sympathique et rassérénant.

Albert Windsor, “Bertie” (Colin Firth), voit avec consternation l’âge de la communication de masse l’obliger à prendre la parole en public. Il bégaie, hésite et se ridiculise à chaque fois en dépit des médecins qui lui proposent un entrainement digne de Démosthène ou la consommation forcenée de cigarettes qui devraient selon eux relaxer le fond de sa gorge. Elizabeth, son épouse aimante (Helena Bonham Carter), va alors rechercher un thérapeute peu commun, Lionel Logue (Geoffrey Rush), un Australien modeste, qui par son originalité et sa persistance va l’aider à surmonter son handicap.

Tous ensemble : "Les chaussettes de l'Archiduchesse ..."

La singularité de cette relation tient en ce qu’Albert est héritier de la couronne d’Angleterre, et que les frasques de son frère David (Guy Pearce), brièvement Edouard VIII, vont obliger le prince infirme et angoissé à monter sur le trône et, en tant que George VI, à représenter le Royaume Uni dans les temps dramatiques, héroïques et guerriers de la Seconde Guerre mondiale.

Décrivant l’époque par le biais de l’intime et de l’anecdotique, Hooper fait ressortir la grandeur des valeurs de la Grande Bretagne par le cheminement des personnages plutôt que les actions des Etats. Et c’est la nostalgie d’une Angleterre digne et courageuse qui s’incarne dans la lutte contre lui-même du valeureux Albert. On voit s’esquisser le portrait traditionaliste d’une monarchie où le mérite est reconnu, l’effort récompensé, et l’underdog (l’opprimé) soutenu. L’un des messages centraux du film est la reconnaissance de l’ordre social si ceux qui sont en haut de la pyramide agissent avec la dignité, l’honneur, que l’on attend d’eux, et ainsi le charmant mais amoral Edouard VIII s’efface pour laisser la place au vulnérable et responsable George VI. Ainsi M. Logue, l’orthophoniste hétérodoxe de “Bertie”, ne l’appellera “Majesté”, qu’au moment où celui-ci, enfin, le regardera en égal, en ami.

Firth témoigne: "Pour mes problèmes d'élocution, je me suis fait poser une couronne"

Firth est admirable puisqu’il fait ressortir avec conviction l’humanité et la complexité de son personnage, père et mari aimant, prince hautain, fils et frère maltraité, être humain inquiet, impatient, angoissé, brutalisé par son rôle d’homme d’état. La qualité des dialogues et le classicisme sans chichis de la mise en scène lui permettent de briller et de s’imposer en héros ordinaire, à l’instar d’un Stewart dans les films de Capra.

On peut regretter çà ou là quelques lourdeurs ou maladresses. Timothy Spall fait un peu convaincant Churchill. Et les plus férus d’Histoire britannique seront peut-être surpris des libertés hagiographiques prises par Hooper. Mais qu’importe, le conte de fée est réussi et l’on se réjouit des succès de Lionel et “Bertie” et de leurs mutuels progrès l’un dans la société anglaise et l’autre dans l’art difficile d’être à la fois homme et roi.

En résumé: Le futur roi d’Angleterre bégaie horriblement. A l’aube de la Seconde guerre mondiale, c’est un Australien calé qui saura venir à son aide. Un drame historique drôle et émouvant qui mérite bien tous les hommages qui lui sont rendus.

Sometimes a film comes along preceded by such a string of critical accolades that missing it just isn’t an option, but there’s the lurking fear of falling foul of some kind of stampeding over-hype effect. Tom Hooper’s historical drama The King’s Speech, with its obscene category-squishing loot of BAFTAs and Independent Film Awards and doubtless future Oscars, was one of those. But Monsieur D. had given it the thumbs-up from an earlier viewing in London, and other than our La graine et le mulet debacle (which pre-dates this blog), we’re usually on similar pages film-wise. I’m happy to say it all totally lived up to the froth. It’s a wonderful experience, one of those films where afterwards you feel like you’ve had your city-rat priorities straightened out a little, and are left feeling all warm and benevolent towards mankind, with a twist of lingering melancholy.

The King’s Speech has a straightforward sobriety in its unity of focus. There’s little surprise it turns out to be an adaptation of a theatre play, and in this respect it reminded me of the intensity of Frost-Nixon, with its well-crafted exploration of the evolving relationship between two radically different men on vastly different positions in the social power spectrum. But where Nixon is the proverbial bad guy, Colin Firth as the stammering-afflicted George VI is decency incarnate. You root for him with every inch of your being as he stands helplessly before crowds of thousands, his tongue tied by a thousand knots in his dry mouth. Likable though he is, as future king he’s still no tedious saint, thankfully, aptly taking shelter behind self-defeating royal pomposity when straight-shooting Australian speech therapist Lionel Logue (the superb Geoffrey Rush) sets out to push him miles out of his comfort zone to overcome his speech impediment.

Mastering the art of the dramatic pause

Helena Bonham Carter is superb as George’s wife, engagingly conveying a blend of compassion and steely determination when urging her husband forward to face up to his impediment. The plot undulates smoothly along while packing a dramatic and emotional punch, poised and elegant, beautifully shot, paced to perfection, all with an unfailingly throat-lumping, but never simpering soundtrack. The ending is extremely moving, the pre-war culmination of the king’s efforts leaving more impressionable members of the audience (that would include me) as drained and wrung out as the characters. Long live the King’s Speech accolade bandwagon!


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The Damned United

Ken Loach s’était récemment attaché à décrire les difficultés de la classe ouvrière dans sa comédie sociale et footballistique, Looking for Eric. Tom Hooper investit également le monde du football pour offrir un portrait de son pays au début des années 1970, mais surtout celui d’un homme mené par son talent mais aussi par son orgueil. Le film se concentre sur l’enfer que vécut Brian Clough (Michael Sheen) en tant qu’entraîneur de Leeds United en 1974. Le club de Leeds avait agressivement survolé le championnat anglais les 13 années précédentes, sous la direction paternelle, cynique et minérale de Don Revie (Colm Meanie). Celui-ci appelé à de plus hautes fonctions, entrainer l’équipe nationale, laisse sa place à son ennemi intime, le très ambitieux et très jaloux Clough.  Celui-ci pouvait se prévaloir d’avoir mené l’équipe de Derby County du fond de la seconde division jusqu’au titre de champion d’Angleterre, détrônant ainsi Leeds. Reprendre une équipe, jusque là ennemie, encore très attachée  à l’entraîneur précédent, à qui tout vous oppose, s’apparente à un travail de titan, Clough ne tiendra que 44 jours, sans doute tous de trop.

Mais pour ceux qui n’apprécie pas ou peu les jeux de ballon, pas d’inquiétude, Damned United n’est pas du tout un film « sportif ». Nul besoin de savoir que Brian Clough est un personnage célèbre du football anglais, un entraineur de légende, car l’histoire avec grande intelligence se concentre sur le caractère de l’homme et les dangers de l’ambition. Comme le faisait remarquer le dynamique couple d’amis qui nous accompagnait (cordiales salutations à vous E. et F.),  une des plus grandes réussites du ce film tient en l’évocation brillante de ce moment charnière où le football devient une industrie avant d’être un sport, où les médias transforment le jeu, ses acteurs et ses spectateurs. La critique sociale est moins développée que chez Loach, mais quoique modeste elle reste présente et exacte : les tensions entre rentabilité et fierté du maillot, décalage grandissant entre supporters et présidence des clubs, etc.

Le style de Clough tout en gueule et en flamboyance correspond à ce changement d’époque. Mais la célébrité et le pouvoir qu’il tirera de ses talents se montreront toxiques : il fera le choix de suivre sa rancune et sa vanité, d’oublier son fidèle et indispensable second Peter Taylor (Timothy Spall), plutôt que de gérer ses succès avec sagesse, avec honneur. Ce thème de l’ambition et de ses dangers, du désir de vouloir s’élever quel qu’en soit le prix, de l’ivresse du pouvoir, rapproche l’œuvre des scénarii précédents de  Peter Morgan, ici adaptateur du livre éponyme de David Peace. Il poursuit la réflexion initiée dans Frost/Nixon, Deux soeurs pour un roi, ou Le dernier Roi d’Ecosse. Les dialogues savoureux et la réalisation de Tom Hooper, intelligente et nerveuse, nous guident avec légèreté et humour sur les chemins tortueux d’une tragédie, superbement servie par l’ensemble de la distribution, Michael Sheen en tête. Cet acteur démontre film après film l’étendue de sa palette et de son talent, ainsi que son monopole sur les Anglais célèbres pour leur talent médiatique (Tony Blair dans The Queen, Nick Frost dans Frost/Nixon et ici Brian Clough).

Ainsi, vivent les rudesses du football anglais, puisqu’elles inspirent des comédies nuancées, de jolies tranches d’Angleterre et ici une intéressante découverte de la grandeur et des faiblesses d’un homme attachant, qui d’après Miss J. reste légendaire.

 

 

Prior to The Damned United, I wouldn’t have imagined it possible to enjoy so wholeheartedly any production announcing itself as a ‘British Sports Drama Film’. Especially if viewing it at the cinema in question, the wishfully named ‘Orient Express’ cinema, which I would like to nominate as one of the grottiest cinematic venues in Paris. It lurks, creepily, in a dank and airless corner of the underground shopping centre ‘Les Halles’, so close to the underground rail network that every film you see there bears the deep rumbles of departing trains. This works better in action movies with plenty of regular explosions to tactfully mask such growling than in more sensitive pieces prone to meaningful pauses in a bid to heighten their dramatic tension. The ‘Orient Express’ is where films are relegated by UGC when they are not deemed fit for its much larger, more presentable and better ventilated multiplex at the other end of ‘Les Halles’. It is where the chairs groan miserably and tumbleweed frequently blows across semi-abandoned rooms, in some cases punctuated by the rumbling of snoring merging with the departing trains. It was the cinema where Mike Myers’ The Guru was sent from the outset.

I suspect that The Damned United was put in this sad corner because its hero was hardly expected to draw hordes of people clambering to find out more about a relatively obscure chapter of 1970s British football history. Indeed as far as my British self was concerned, the name Brian Clough had initially rung only the most distant of bells in my mind. And even then, I now suspect that the faint clanging I thought I had heard was due to mixing him up with a certain GORDON Clough, the deep-voiced former presenter of ‘The World At One’ on BBC Radio Four. Who has nothing to do with the edgy, short-fused, mercurial football manager at the centre of this tale. Of course, it took just one glance at his photograph after the event for me to slap my forehead in instant recognition of the man who had dominated international football match commentary teams for as long as I could remember, but on whose past I had never thought to inquire, as I do not ‘do’ football. I do remember that he seemed utterly immersed in each game, living fully each instant of the match and blasting off fiery remarks that sometimes made the presenter cough ever so slightly or shoot the camera a wry glance.

This is a film that is both completely about football, as with the man himself, and entirely about the inner life of Brian Clough, as with the man himself. It follows his disastrous forty-four day reign at the head of Leeds United, a team of dirty bullies (I recount only the film here, the actual history could have been different for all I know). It is also the touching tale of a friendship between a manager and his assistant, pushed to beyond its limits by Clough’s hubris, but which equally soars as a collaboration thanks to his iron obsession with climbing to the top of every league table they encounter. The film has wonderful dialogues, it is beautifully shot, and the tale is compelling. It almost never stops raining, which rings true for the north of England. Michael Sheen is superb as Clough, having now successfully negotiated roles as Frost and Tony Blair in Frost/Nixon and The Queen. And now The Damned United. Just as a much a legend as the other two.

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